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COPENHAGUE, MON NOM EST PERSONNE

Un désastre, je suis d’accord avec mon ennemi juré, le marchand de sable bitumineux, l’exalté des richesses à crédit, l’écolo de circonstance, sauf que le désastre c’est lui et tous ses acolytes, qui sont exactement le contraire de ce qu’ils étaient venu négocier et qui ne pouvaient pas se dédire par le simple charme d’une veille de noël.

J’irai au delà, cette déroute , c’est la nôtre, notre incapacité à élire des représentants qui ne soient pas des représentants de commerce. Je me sens sale, détruit , conscient qu’une partie de mon existence débattait de son propre intérêt et que le triste résultat que l’on sait est le miroir de notre propre incohérence.

La Terre n’en peut plus de notre morgue , les riches sont devenus des touristes de l’existence, les pauvres récoltent les miettes pendant que le pain est une valeur en bourse.

Copenhague est la Bérézina de notre conscience collective, qui est mon Dieu depuis que je ne crois plus en Dieu, eaux troubles évaporées au son des réacteurs thermiques, rivages souillés par tant d’offrandes au Dieu de la consommation. Nous n’avons de cesse de manipuler notre angoisse de la mort par une inutile course, nous nous complaisons dans l’infortune des prochaines générations. Nous devrions parrainer notre futur au lieu de l’hypothéquer, nous n’en sommes que les pourfendeurs, les destructeurs, nous vivons à crédit sur le dos de nos propres enfants, nous avons déjà déterminé les inégalités qui réduiront le monde à de simples parts de camemberts

Copenhague est la frontière d’un présent en manque d’estime pour la beauté du monde, qui n’est qu’un reflet de lui-même.

Copenhague était l’instant crucial de notre part d’ombre comme une éclipse de soleil qui n’apparait qu’à intervalles séculaires, le signal  d’un aboutissement commun. Nous n’avons su saisir que le cliché de photos ratées.

Copenhague sent la mort comme une charogne en décomposition au fond de notre âme, qui n’est que la grotte de nos aïeux, lorsque Cro-magnon produisait moins de crème à bronzer et plus de solidarité.

Copenhague est une trahison de plus accélérant le rythme de notre pourrissement, le gazage de notre enceinte dorée, nous y avons perdu notre passé et bien plus que notre futur.    

«  On réduira le réchauffement à deux degrés » 15000 négociateurs, 192 chefs d’Etats, 12 jours non-stop, tout ça pour ça, tout est pire que le pire des scénarios et notre mandataire en partance pour le cap Nègre et sa dulcinée au bicarbonate nous assure que c’est un bon texte , le meilleur possible.

Pas de chiffres, pas d’engagements, pas de sanctions, seul un rictus aigris des patients en première ligne des dérèglements climatiques, les réfugiés sur les atolls devenus radeaux de la méduse, les Bengalis, dont les terres disparaissent sous les crues du Brahmapoutre, les Péruviens malades du privé mais privés d’eau douce, les trois-quarts de l’Afrique qui vont passer de 39 à 41 degrés, ce qui pour tout fiévreux normal veut dire un séjour aux urgences.

En fait tout va bien car les Californiens vont bientôt pouvoir rouler en Tesla au milieu des feux de conifères, une bombe électrique qui accélère plus fort qu’une Ferrari,  tout ira bien tant que les rois du pétrole, les dandys de la croissance et  les privilégiés de tous les pays du monde se plieront aux règles édifiées pour parcourir les nouvelles autoroutes du progrès technologique.

Seule une distraction de l’oubli viendra de temps à autre chatouiller notre humanité en lambeaux. 

Une Réponse à “COPENHAGUE, MON NOM EST PERSONNE”

  1. Zeca dit :

    Euh, Merci. De crier si fort, y’en a qui dorme !

    « … tout ira bien tant que les rois du pétrole … ». Justement, ça s’tire non ? La barre des « 2 euros » salvateurs sera bientôt à portée du réservoir de la deuxième voiture du couple de la proche banlieue. Parce que de mon côté des seventies, après les coups de tête répétés contre les murs des lamentations où s’agglutinent les caddies qui débordent de saumon sous cellophane, j’ai finalement tout misé sur l’Or noir. Mon profit de ré-actionnaire (celui des gens de peu avec de grosses envies de rien) sera « maximalisé » dès le seuil des 5 euros/litre. Et là, rien qu’en l’écrivant, j’ai la banane.

    Qui monte. Soyons dingue, ça approche.

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