LA GAUCHE RETROUVE LE CHRIST

Posté par provola le 6 décembre 2013

                    Dieu est-il de gauche ? A en juger par la façon dont la gauche a toujours pourfendu la croyance en un Dieu créateur, fustigé l’aliénation des foules par la religion, placardé les croisades, l’esclavagisme, les guerres de religion, le conservatisme clérical, il faut bien admettre que non. La libération des esprits et des mœurs ne peut se conjuguer à l’aune de l’immobilisme religieux.
Pourtant la gauche pourrait-elle occulter la contribution des hommes en marche, pourtant croyants à leur façon mais désireux au nom de la justice et de l’égalité de changer le cours de choses ? Rousseau, Voltaire, Montesquieu Pascal cette longue litanie des penseurs qui ont donné un sens aux lumières n’ont pas vu dans la croyance un obstacle à l’élaboration de nouvelles règles de vie semblant bien au contraire en extraire les bases de la laïcité. De même le discours du Christ, n’est-il pas un plaidoyer pour l’égalité et la solidarité ? Le fait que cet homme fait Dieu par ses compères ait semblé se vêtir des habits du Créateur n’enlève rien à la profondeur des idées. Lui-même remettait en question le pouvoir religieux en place tout autant que l’occupation romaine, la résurrection peut parfaitement se comprendre en une sorte de renaissance des idées censée bousculer le régime séculaire des grands prêtres.

Le Christ pouvait-il être révolutionnaire à son époque sans en appeler à l’intervention divine, sans se réclamer du tout puissant rédempteur ? Eut-il été crédible autrement qu’en en appelant à la grâce divine ?

Mais monde créé ou pas, à quoi bon se poser une question à laquelle personne n’a jamais su répondre depuis que l’humanité existe soit 3 millions d’années ? L’essentiel n’est-il pas de trouver ici et maintenant les termes d’une conscience collective d’où pourrait surgir la lumière éclairant une issue favorable aux impasses de notre temps ?

François, le nouveau pape n’est pas loin de penser de telle manière, il semble redonner vie à l’interprétation d’un sauveur révolutionnaire en critiquant vertement la gangrène du capitalisme moderne. Dans cette croisade d’un nouveau genre, il n’y va pas par quatre chemins, pour lui la financiarisation de la société est en train de détruire l’humanité, le néo-libéralisme débridé a des conséquences morbides, croire que les marchés s’autorégulent est une idéologie grossière et ingénue. François fustige la spéculation et le farwest financier, cette société où l’homme en est réduit à sa plus simple expression, celle de consommateur.
Le vent de la révolution papale arrive à souffler sur Wall Street et sur les bases idéologiques du capitalisme. Dans son exhortation apostolique Evangelii gaudium, sa pensée est dirigée contre le nouvel ordre économique mondial, contre la prédominance de la finance depuis ces trente dernières années, caractérisée par la bulle internet, les subprimes et la crise des dettes souveraines.
« Les idéologies qui défendent l’autonomie absolue des marchés et de la spéculation financière ont créé un monde où les gains d’une minorité croissent de manière exponentielle alors que ceux de la majorité de la population se les assujetissent à la minorité des nantis. Cette économie de l’inégalité a vocation a tuer, Ceux qui croient que les marchés s’autorégulent en créant de l’équité expriment une confiance aveugle envers la bonté des détenteurs du pouvoir économique. La réalité est que nous adorons les nouveaux veaux d’or, le fétichisme de l’argent et une dictature sans visage. Dans cette jungle des valeurs se sont diffusées une corruption ramifiée et une évasion fiscale égoïste qui ont pris des dimensions planétaires. Ce pouvoir concentré est sans limites et n’a qu’un but, augmenter les bénéfices d’une poignée d’humains.
Le résultat est évident, ce qui est fragile comme l’environnement se trouve sans défenses face au dictat des marchés divinisés transformés en règle absolue. » « Que faut-il faire ? Il faut une réforme financière qui n’ignore pas l’éthique mais pour la faire il faut un vigoureux changement d’attitude de la part de nos dirigeants politiques, j’exhorte ceux-ci à affronter ce défi avec détermination, l’argent doit servir il ne doit pas gouverner. »
Dans cette critique du système néolibéral qui augmente les inégalités et détruit l’environnement, tout est dit, le Pape revient à gauche dans les grandes longueurs et l’esprit de son mentor. Que le Verbe transcende l’espace et la pensée peu importe, seul le résultat compte. Un Pape n’est –il pas obligé à certaines postures ?
Bien venu à toi Grand Chef, garde ton chapeau s’il te permet d’avancer.

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LA LIBERTE DE MOURIR

Posté par provola le 16 mars 2012

                            

                       Au détour de l’émission des paroles et des actes sur France 2, en la présence du socialiste François Hollande, il me faut reconnaître l’opiniâtreté du candidat dans sa façon qu’il a d’aborder la question de la fin de vie qui reste plus que tout autre sujet la question tabou de notre république.

On se gausse souvent en notre beau pays de belles envolées sur la laïcité, on s’appuie sur la séparation des religions et de l’Etat, on justifie ainsi notre immobilisme mais à force de tergiverser, de frôler, de se contorsionner, on élude plus qu’on ne résout le problème, on piétine les peurs, on ne veut pas voir la réalité des choses.  On parle de soins palliatifs, on propose d’alléger la souffrance, d’accompagnement, d’aide à mourir. Bref on reste dans les non-dits, les approximations, dans l’incantation, et au bout du compte dans la barbarie des mains propres, dans le syndrome de Ponce Pilate.  

Le thème de la fin de vie est le thème existentiel central qui domine le thème de la peine de mort, celui-là même qui donna sa véritable dimension au candidat Mitterrand dans sa conquête du pouvoir en 1981.  

Reconnaitre le droit à tout un chacun de mourir dans la dignité, c’est lui reconnaître sa liberté jusqu’à l’ultime limite de sa capacité de prise de décision. Reconnaître à la personne le droit de partir à l’heure de son choix, c’est paradoxalement lui reconnaître son humanité jusqu’au terme du fonctionnement de son horloge biologique. Nous sommes tous amenés que nous le voulions ou non à être confrontés à notre propre mort ou à celle de nos proches et le moins que l’on puisse dire est que notre degré d’impréparation en ces moments fatidiques me laisse songeur. Pourquoi devrions nous être alors si démunis, transis, pour tout dire d’une bestiale mièvrerie, remettant aux bons soins de l’au-delà notre sauvagerie entretenue depuis des millénaires ?

C’est dans sa capacité qu’il aura de savoir élaborer une réponse d’inspiration collective à la demande de dignité de l’homme dans les moments ultimes, les plus intenses de sa vie, que Hollande sera peut-être jugé par l’histoire, ce ne sera pas là le moindre de ses mérites.

 

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LA FOI DE GAUCHE

Posté par provola le 25 février 2012

                               

                            L’interview accordée par Mélanchon à l’hebdomadaire chrétien « la Vie » est une excellente occasion de nous pencher sur notre relation à l’autre c’est à dire sur notre capacité de nous imprégner de cette Conscience collective qui nous permet de nous situer bien au delà de notre propre condition.

Mélanchon ne dit pas autre chose lorsqu’il entame son entretien de la sorte:  

« J’éprouve une jubilation à discuter avec des gens qui ont la foi. Ils se situent dans un espace comparable au mien, dans un domaine plus grand que soi. Nous partons de la même idée : aucun d’entre nous ne peut être heureux dans un océan de malheur. Nous sommes responsables du sort des autres. J’ai plus de facilité à parler avec des chrétiens qu’avec des traders ! Eux sont à l’opposé de mon monde qui est fait de responsabilité morale, individuelle et collective. Les catholiques ? Je les connais comme ma poche. Je lis les encycliques, moi, et je dois être le seul à gauche à le faire ! »

Les préjugés qui situent souvent le rapport au divin à droite en opposition à une gauche qui lutterait contre l’aliénation des peuples ne tiennent pas si l’on considère que Dieu n’est qu’une représentation humaine permettant d’élaborer une morale au dessus des lois et des modes. Dans le même ordre d’idées, le Dieu fait homme des Chrétiens n’est pas autre chose que l’Eveillé des Bouddhistes.

Jésus est fait Dieu par les hommes et pour les hommes qui font de cette figure l’image immanente du rapport du fugitif au permanent, du mortel à l’éternel, d’une vie humaine à celle des générations passées et futures. Le Bouddha trouve la Sagesse en fuyant le désir et donc sa satisfaction symbole d’immédiateté et de fugacité; sa conversion, son Eveil n’étant rien d’autre que la Résurrection attribuée au Christ qui restitue  par là-même à l’humanité les clés de l’éternité et à chaque être humain le témoignage de la transmission entre générations.

Ces différentes représentations du vivre-ensemble,  qui se situent au dessus du nombrilisme, ces différentes façons de soigner l’angoisse existentielle, si elles ne doivent pas interférer sur nos contingences quotidiennes permettent tout de même de relativiser la prédominance du politique en donnant les bases de réflexion qui sont un legs précieux des générations passées.

Le capitalisme attribue sa soi-disant réussite au fait qu’il aurait permis de sortir de la misère des milliards d’individus qui autrement auraient subis de plein fouet l’explosion de la population mondiale. Le commerçant et la pub auraient donc eu le mérite de remplacer le curé et le moine.  De la même manière  le socialisme n’est-il pas également une tentative avortée de contrarier la violence de l’égoïsme libéral ? Un matérialisme collectiviste de gauche n’est-il pas aussi une voie sans issue comme l’est le matérialisme égoïste de droite ?

L’angoisse du caddy plein est-elle donc un remède à la peur de la mort, la course au profit est-elle une façon de se libérer de la froidure existentielle ?

En quelque sorte le malaise sur lequel a débouché la purge libérale des trente dernières années, la compétition généralisée entre individus, entre nations, entre salariés d’une même boutique, n’est-elle pas plus profond que le simple étalage de la dégradation des chiffres du chômage ? Réussirait-on à gagner des points croissance, à réduire le chômage, à baisser le prix de l’essence, à rallonger l’espérance de vie de vingt ans, à agrandir l’écran de la télévision, à trouver la pilule du plaisir, aurait-on permis pour autant d’apporter le bonheur sur terre ?

Non, le malaise ne se situe certainement pas de ce coté là des livres comptables, la solution au mal-être se situe plutôt du coté de notre rapport à l’éternité, du coté de notre inscription dans un mouvement sans début et sans fin qui dépend de l’existence de nos aïeux, de celle des nos contemporains et qui détermine celle des nos enfants.  

Voilà introduites les notions de l’universel et du respect de l’environnement qui sont le respect absolu de l’Autre, et donc de la maison commune, qui restera bien après nous, voici les bases de réflexion qui nous permettrons de nous  préserver de notre propre folie; la voilà bien la révolution des consciences, le refus des nationalismes, et donc des nations mais pas des particularismes, le rejet des frontières mais pas des différences, des codes barres, mais pas des dialectes, des superstitions mais pas des religions.

Comme je rapproche la gauche des idées de solidarité, de compassion et de bienveillance, je considère que l’individualisme forcené est incompatible avec le partage, que la combativité motivée, que la compétition exacerbée dans la recherche du profit, que l’accumulation capitalistique sont  totalement antinomiques avec les valeurs de solidarité et d’égalité.

A tout prendre je préfère un mécréant qui défend la foi à un fou de Dieu qui veut évangéliser les tribus amazoniennes, je préfère un ancien chrétien révolutionnaire à un conservateur bigot tombé sous le charme du profit. Comme dit Mélanchon, le mécréant anticlérical: « la foi est une brulure », comme dit le pieux Bush lancé à l’assaut des forces du mal: « Dieu est avec l’Amérique »,

Pour un homme de droite, la liberté est la valeur fondamentale sans laquelle aucune autre n’existe, mais comme dit Rousseau homme de foi mais aussi homme de gauche, avant que la gauche n’existe, il n’est pas de liberté sans égalité.

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CHOMSKY ET COMPAGNIE: LA FABRIQUE DE L’OPINION

Posté par provola le 19 février 2012

                                    

                          Un dimanche qui ne ressemble à rien d’autre qu’à un autre dimanche, deux heures à flinguer et à la fin du film, l’ agréable impression d’être soudain plus intelligent et d’avoir vécu un 14 juillet, le vrai, en direct. Daniel Mermet journaliste émérite nous invite à comprendre comment les démocraties s’y prennent pour nous inculquer le virus de la passivité, le culte de la « sportivite » scotchés aux joutes nationalistes, toutes ces bestioles qui nous rendent amorphes, passifs, imbus de dérisoire, adversaires de la révolution.

Abreuvés d’informations, de bonnes paroles, de certitudes, entourés de spécialistes, de journalistes vedettes, d’intellectuels surmédiatisés, de savants qui en savent forcément plus que nous, qui nous rassurent et nous brossent dans le sens du poil, nous n’avons plus que le choix d’adhérer à la pensée unique. Tout cela ne fait pas une dictature mais une fabrique de l’opinion, où le pouvoir des démocrates est roi qui ruine les fondements de la réflexion et de la pensée libre.

Le totalitarisme de la démocratie s’appelle publicité mensongère, manipulation d’opinion, conditionnement consumériste, qui transforme la paix intérieure en un bonheur factice, peur du chômage, peur du lendemain, peur de l’étranger, peur de la mort, peur de la vieillesse en nous faisant croire à une illusoire jeunesse éternelle.

Le but de tout cet attirail de guerre, utilisé à haute dose grâce à la multiplication des moyens de communication, est tout simplement de nous contraindre à un individualisme forcené, d’éduquer notre cupidité, de nous éloigner les uns des autres, de nous persuader que nous sommes seuls au monde et qu’il ne sert à rien de réfléchir à plusieurs. Le but de cette invasion cérébrale, de cette barbarie intellectuelle est de nous rendre tous concurrents les uns des autres, à l’école, au boulot, au sein même de la famille où les vieux sont irrémédiablement cantonnés aux oubliettes car insensibles aux campagnes de manipulation.

La pensée unique, c’est la compétition généralisée, habilement humanisée par la fée consommation, tout le reste n’est qu’ une volonté de nous éloigner de nous-mêmes et de nous rendre tributaires de nos vils instincts dont quelques uns savent profiter. 

Trêve de palabres, bon film:      http://www.youtube.com/watch?v=G49TqMB9V1g  

 

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L’HISTOIRE SANS FIN

Posté par provola le 11 mars 2011

                      Le tremblement de terre au Japon rappelle par son ampleur le séisme de Lisbonne ayant balayé la ville  le 1er Novembre 1755. Le temps ne fait rien à l’affaire, nous ne sommes que des spectateurs pas plus munis qu’à l’époque quand Dame nature décide pour nous.

L'HISTOIRE SANS FIN dans JAPON dans PHILOSOCONS 

1755-2011, le tableau de l’histoire.

Déjà Voltaire et Rousseau s’étaient écharpés pour tenter d’expliquer l’effroyable Séisme ayant  fait 50 000 morts. Ce tremblement de terre d’une magnitude estimée de 8,1 degrés avait été suivi d’un tsunami et le feu avait ravagé une bonne partie de la ville, avec un déroulement étrangement semblable à ce qui vient de se produire au Japon.

S’en suivit la polémique historique entre les deux philosophes, dont voici l’intégralité.

  POÈME SUR LE DÉSASTRE DE
              LISBONNE
  (1756) de VOLTAIRE
LETTRE  SUR LA PROVIDENCE
 
                18 août 1756 LA REPONSE DE ROUSSEAU
  O malheureux mortels ! ô terre déplorable !
O de tous les mortels assemblage effroyable !
D’inutiles douleurs éternel entretien !
Philosophes trompés qui criez: « Tout est bien »
Accourez, contemplez ces ruines affreuses
Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,
Ces femmes, ces enfants l’un sur l’autre entassés,
Sous ces marbres rompus ces membres dispersés;
Cent mille infortunés que la terre dévore,
Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore,
Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours
Dans l’horreur des tourments leurs lamentables jours !
Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes,
Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes,
Direz-vous : « C’est l’effet des éternelles lois
Qui d’un Dieu libre et bon nécessitent le choix » ?
Direz-vous, en voyant cet amas de victimes :
« Dieu s’est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes » ?
Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants
Sur le sein maternel écrasés et sanglants ?
Lisbonne, qui n’est plus, eut-elle plus de vices
Que Londres, que Paris, plongés dans les délices ?
Lisbonne est abîmée, et l’on danse à Paris.
Tranquilles spectateurs, intrépides esprits,
De vos frères mourants contemplant les naufrages,
Vous recherchez en paix les causes des orages :
Mais du sort ennemi quand vous sentez les coups,
Devenus plus humains, vous pleurez comme nous.
Croyez-moi, quand la terre entrouvre ses abîmes,
Ma plainte est innocente et mes cris légitimes. [...]
  Que peut donc de l’esprit la plus vaste étendue?
Rien; le livre du sort se ferme à notre vue.
L’homme, étranger à soi, de l’homme est ignoré.
Que suis-je, où suis-je, où vais-je, et d’où suis-je tiré ?
Atomes tourmentés sur cet amas de boue
Que la mort engloutit et dont le sort se joue,
Mais atomes pensants, atomes dont les yeux,
Guidés par la pensée, ont mesuré les cieux;
Au sein de l’infini nous élançons notre être,
Sans pouvoir un moment nous voir et nous connaître.
Ce monde, ce théâtre et d’orgueil et d’erreur,
Est plein d’infortunés qui parlent de bonheur.
Tout se plaint, tout gémit en cherchant le bien-être :
Nul ne voudrait mourir, nul ne voudrait renaître.
Quelquefois, dans nos jours consacrés aux douleurs,
Par la main du plaisir nous essuyons nos pleurs;
Mais le plaisir s’envole, et passe comme une ombre;
Nos chagrins, nos regrets, nos pertes sont sans nombre.
Le passé n’est pour nous qu’un triste souvenir;
Le présent est affreux, s’il n’est point d’avenir,
Si la nuit du tombeau détruit l’être qui pense.
Un jour tout sera bien, voilà notre espérance;
Tout est bien aujourd’hui, voilà l’illusion.
Les sages me trompaient, et Dieu seul a raison.
Humble dans mes soupirs, soumis dans ma souffrance,
Je ne m’élève point contre la Providence.
Sur un ton moins lugubre on me vit autrefois
Chanter des doux plaisirs les séduisantes lois :
D’autres temps, d’autres mœurs : instruit par la vieillesse,
Des humains égarés partageant la faiblesse
Dans une épaisse nuit cherchant à m’éclairer,
Je ne sais que souffrir, et non pas murmurer.
Un calife autrefois, à son heure dernière,
Au Dieu qu’il adorait dit pour toute prière:
« Je t’apporte, ô seul roi, seul être illimité,
Tout ce que tu n’as pas dans ton immensité,
Les défauts, les regrets, les maux et l’ignorance. »
Mais il pouvait encore ajouter l’espérance.

  Vos deux derniers poèmes, Monsieur, me sont parvenus dans ma solitude, et quoique mes amis connaissent l’amour que j’ai pour vos écrits, je ne sais de quelle part ceux-ci me pourraient venir, à moins que ce ne soit de la vôtre…Je ne vous dirai pas que tout m’en plaise également, mais les choses qui m’y blessent ne font que m’inspirer plus de confiance pour celles qui me transportent….Tous mes griefs sont donc contre votre Poème sur le désastre de Lisbonne, parce que j’en attendais des effets plus dignes de l’Humanité qui paraît vous l’avoir inspiré. Vous reprochez à Pope et à Leibniz d’insulter à nos maux en soutenant que tout est bien, et vous amplifiez tellement le tableau de nos misères que vous en aggravez le sentiment : au lieu de consolations que j’espérais, vous ne faites que m’affliger ; on dirait que vous craignez que je ne voie pas assez combien je suis malheureux, et vous croiriez, ce semble, me tranquilliser beaucoup en me prouvant que tout est mal.
  Ne vous y trompez pas, Monsieur, il arrive tout le contraire de ce que vous proposez. Cet optimisme que vous trouvez si cruel, me console pourtant dans les mêmes douleurs que vous me peignez comme insupportables. Le poème de Pope1 adoucit mes maux, et me porte à la patience, le vôtre aigrit mes peines, m’excite au murmure, et m’ôtant tout hors une espérance ébranlée, il me réduit au désespoir. Dans cette étrange opposition qui règne entre ce que vous prouvez et ce que j’éprouve, clamez la perplexité qui m’agite, et dites-moi qui s’abuse du sentiment ou de la raison.
  « Homme, prends patience, me disent Pope et Leibniz. Tes maux sont un effet nécessaire de ta nature, et de la constitution de cet univers. Si l’Être éternel n’a pas mieux fait, c’est qu’il ne pouvait mieux faire. »
  Que me dit maintenant votre poème ? « Souffre à jamais, malheureux. S’il est un Dieu qui t’ait créé, sans doute il est tout-puissant ; il pouvait prévenir tous tes maux : n’espère donc jamais qu’ils finissent ; car on ne saurait voir pourquoi tu existes, si ce n’est pour souffrir et mourir. » Je ne sais ce qu’une pareille doctrine peut avoir de plus consolant que l’optimisme, et que la fatalité même : pour moi, j’avoue qu’elle me paraît plus cruelle encore que le manichéisme. Si l’embarras de l’origine du mal vous forçait d’altérer quelqu’une des perfections de Dieu, pourquoi justifier sa puissance aux dépends de sa bonté ? S’il faut choisir entre deux erreurs, j’aime encore mieux la première. [...]
  Je ne vois pas qu’on puisse chercher la source du mal moral ailleurs que dans l’homme libre, perfectionné, partant corrompu ; et, quant aux maux physiques, ils sont inévitables dans tout système dont l’homme fait partie ; la plupart de nos maux physiques sont encore notre ouvrage. Sans quitter votre sujet de Lisbonne, convenez, par exemple, que la nature n’avait point rassemblé là vingt mille maisons de six à sept étages, et que si les habitants de cette grande ville eussent été dispersés plus également, et plus légèrement logés, le dégât eût été beaucoup moindre, et peut-être nul. Combien de malheureux ont péri dans ce désastre, pour vouloir prendre l’un ses habits, l’autre ses papiers, l’autre son argent ?
  Vous auriez voulu, et qui ne l’eût pas voulu !  que le tremblement se fût fait au fond d’un désert. Mais que signifierait un pareil privilège ? [...] Serait-ce à dire que la nature doit être soumise à nos lois ? J’ai appris dans Zadig, et la nature me confirme de jour en jour, qu’une mort accélérée n’est pas toujours un mal réel et qu’elle peut passer quelquefois pour un bien relatif. De tant d’hommes écrasés sous les ruines de Lisbonne, plusieurs, sans doute, ont évité de plus grands malheurs ;  et malgré ce qu’une pareille description a de touchant, et fournit à la poésie, il n’est pas sûr qu’un seul de ces infortunés ait plus souffert que si, selon le cours ordinaire des choses, il eût attendu dans de longues angoisses la mort qui l’est venue surprendre.
  Pour revenir, Monsieur, au système que vous attaquez, je crois qu’on ne peut l’examiner convenablement, sans distinguer avec soin le mal particulier, dont aucun philosophe n’a jamais nié l’existence, du mal général que nie l’optimisme. Il n’est pas question de savoir si chacun de nous souffre ou non, mais s’il était bon que l’univers fût, et si nos maux étaient inévitables dans la constitution de l’univers, et au lieu de Tout est bien, il vaudrait peut-être mieux dire : Le tout est bien, ou Tout est bien pour le tout. Alors il est très évident qu’aucun homme ne saurait donner des preuves directes ni pour ni contre. Si je ramène ces questions diverses à leur principe commun, il me semble qu’elles se rapportent toutes à celle de l’existence de Dieu. Si Dieu existe, il est parfait ; s’il est parfait, il est sage, puissant et juste ; s’il est juste et puissant, mon âme est immortelle ; si mon âme est immortelle, trente ans de vie ne sont rien pour moi, et sont peut-être nécessaires au maintien de l’univers. Si l’on m’accorde la première proposition, jamais on n’ébranlera les suivantes ; si on la nie, il ne faut point disputer sur ses conséquences. Non, j’ai trop souffert en cette vie pour n’en pas attendre une autre. Toutes les subtilités de la métaphysique ne me feront pas douter un moment de l’immortalité de l’âme, et d’une Providence bienfaisante.

1. Essai sur l’homme (1733).

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JESUS, CET HOMME DE GAUCHE

Posté par provola le 4 mars 2011

                          Voir notre pèlerin de Président arpenter les premières marches du Chemin de Compostelle, aux pieds de la Basilique du Puy en Velay ne peut que procurer un sentiment de malaise à tout bon Chrétien qui se respecte. Car enfin, comment ne pas considérer que toute volonté de sectarisation, de polarisation de la société est un crime au regard des valeurs chrétiennes de partage et d’égalité devant l’Éternel, ou histoire de l’humanité.

De Funès prône une société des meilleurs, des plus forts, il définit les critères  de survie dans une jungle qu’on appelle économie mondialisée. Il est pour l’enrichissement matériel qui est une perte de l’âme pour les Chrétiens, il est pour la compétition à outrance qui est le contraire de la Charité, la solidarité des Chrétiens.

Le seul enrichissement envisageable pour le Christ c’est l’espérance du royaume de Dieu, qui n’est autre que la création autrement dit l’humanité. La foi ou confiance en un Dieu de la création étant la conviction d’appartenir et de participer à une destiné commune, une histoire sans fin, une éternité en perpétuelle création, une humanité à préserver, à transmettre. Cette espérance qui est de trouver dans la préservation des conditions du passage de témoins un sens à une vie qui autrement ne serait qu’une lutte pour la survie, devenue de nos jours course à la consommation.

L’espérance pour une vie bonne, simple, frugale, au delà du temps de notre propre longévité, car chaque respiration possède en elle le souffle de l’éternité, pour une vie sans les souffrances de l’inexpliqué, de la peur de la mort, car même la mort retrouve un sens dans la transmission entre générations, pour une vie sans douleurs qui ne sont que des désirs insatisfaits.  

Comment Jésus pouvait-il expliquer autrement que par le concept du Dieu Créateur que la Vérité se situait du coté d’une révolution des coeurs et de l’esprit plutôt que du coté de l’instinct de survie, de l’accumulation des richesses matérielles et des angoisses pour les conserver ? 

Ce qui venait du Tout Puissant, de là haut,  était sans doute plus compréhensible qu’une théorie fumeuse sur la révélation du Moi, ou une philosophie librement assumée. 

Aujourd’hui nous pouvons imaginer Dieu comme étant notre Liberté d’imaginer une suite à notre propre histoire. Cette liberté ou cette Conscience Collective de notre appartenance à une entité supérieure à notre simple Personne nous amène alors à considérer les éléments du désastre écologique comme étant une anti-thèse de la création , un danger pour la création en cours, un non-sens moral.

Tout ce qui détruit les éléments de notre liberté détruit notre conscience et détruit donc ce que nous pouvons appeler Dieu.

Du partage avec nos contemporains et avec nos successeurs, des conditions de l’exploitation des ressources naturelles dépend la sauvegarde des conditions de notre vie sur notre planète. 

Et le partage ne peut être une valeur de droite, pour qui l’accaparement des biens est une fin. La fin de l’histoire.

Notre élévation au statut d’humain est une valeur de gauche si la gauche veut bien admettre que Jésus n’a pas apporté une aliénation pour les peuples mais une voie de la liberté.       

  

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LE PHILOSOPHE DE MES DEUX

Posté par provola le 20 novembre 2010

http://www.youtube.com/watch?v=Db5wX0ogg-I&feature=related

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NOAM CHOMSKY L’ANTI-MANIPULATEUR

Posté par provola le 9 novembre 2010

                         Deux ans que CNC navigue sans faire escale chez Chomsky, il faut donc virer de bord au plus vite pour réparer l’oubli. Chomsky est probablement le philosophe contemporain qui peut le plus nous aider dans la compréhension des mécanismes du pouvoir moderne assis sur une politique dite de la manipulation et de la diversion. Militant de la première heure contre la guerre du Viet-Nam, il se fait connaître par le grand public pour son engagement de sensibilité anarchiste. Grand intellectuel il se dresse contre les intellectuels qui choisissent de profiter du système plutôt que de l’affronter.

Il a dénoncé dix stratégies de manipulation des masses qui sont facilement identifiables dans la façon qu’à notre gouvernement Sarkoziste d’articuler son action. Voici comment Chomsky peut nous éclairer sur la méthode employée par nos élites pour se payer notre tête, à l’insue de notre plein gré:

1.La stratégie de la distraction, ce n’est pas nouveau, déjà les Romains, savaient verser du vin, des jeux et des guerres à profusion pour distraire le peuple. Il faut noyer les électeurs sous un flux continu d’informations inutiles, un jour une idée, un projet de loi qui ne verra jamais le jour, un match, un médaillé français fera l’affaire. On peut se contredire, c’est pas grave, personne ne comprend plus rien à rien de toutes façons, il faut toujours avoir une idée d’avance sur l’opinion, il faut gaver l’opinion. Parler des Roms permet d’éviter d’aborder les vrais problèmes. L’identité nationale, c’est important, les jeux en ligne vont permettre de calmer les rancoeurs enfouies des exclus.

2.Il faut créer des problèmes, puis offrir les solutions, (c’est la méthode du problème-réaction-solution )le racisme fera l’affaire , on crée des ghettos de beurs, de pauvres, de Roms, on empêche que les villes de riches construisent des HLMS. Tout ça crée une tension propice à la mise à disposition de solutions toutes faites, expulsions médiatisées, caméras de surveillance, la menace terroriste est permanente, la police est sur ses gardes, la population doit se tenir à carreau.

3.Il faut dégrader en douceur. Il faut agir lentement, avec tact, pour faire accepter une lente dégradation des protections sociales, on agit par petites touches. La première réforme des retraites dite Fillon (déjà ) en 2003 devait nous mettre à l’abri de nouvelles coupes claires jusqu’à l’horizon 2020. Résultat, en 2010, on remet sur le métier la réforme en attendant que la future loi puisse être acceptée après la prochaine élection.

4.Il faut différer la nouvelle donne en annonçant longtemps à l’avance que les temps vont être très durs, on n’aura peut-être plus de retraites, plus d’emplois, les Chinois vont tout prendre. Comme la catastrophe n’arrive pas tout de suite on accepte pour demain les décisions qui paraissaient impensables auparavant. Les mesures les plus douloureuses seront acceptées car prises à contre-temps, ayant déjà imprégné l’inconscient collectif.

5.Il faut s’adresser au peuple comme à un enfant de douze ans, (j’ai dit ce que j’allais faire et bien je vais le faire, dixit De Funès). Comme la publicité qui est infantilisante, la politique doit s’adresser à un peuple d’adolescents qui en retour aura immanquablement des réactions infantiles. Il faut gagner plus pour gagner plus, la fracture sociale, des casseroles insensées et une prime électorale pour l’instituteur des masses.

6.Il faut faire appel à l’émotion plutôt qu’à la réflexion, un fait divers dans une banlieue, une émeute aura un retentissement particulier, plus qu’une bévue de l’armée en Afghanistan, deux otages français ça maintient la tension au paroxysme, un pédophile récidiviste, c’est bon pour le moral des sondages, une first-lady qui « jette », ça ne peut pas nuire.

7.Il faut maintenir le peuple dans l’ignorance, surtout les pauvres, qui doivent baigner dans une espèce de sous-culture. Copé veut réhabiliter l’examen de passage au collège, ceux qui ne savent ni lire ni écrire ni compter à 11 ans seront virés, surtout les pauvres. C’est plus facile que de leur donner les mêmes moyens de réussir que ceux des riches.

8.Il faut encourager le peuple à à se complaire dans sa médiocrité, ça fait cool de se la péter et d’avoir un blackberry, lunettes sur la tête et BM qu’on nettoie le dimanche après-midi. Le bonheur est mesuré sur l’étalon consommation, l’ignorance fait vendre. En consommant, les pauvres se chargent de soutenir la croissance des riches qui eux investissent pour augmenter leur patrimoine.

9.Il faut remplacer la révolte par la culpabilité, avant 25 ans on est nuls, on n’a pas de boulot car on ne sait rien faire, après 50 berges, on est nuls, on a tout oublié, on n’a pas de job. On est délaissés parcequ’on est trop nuls, le marché veut des individus intelligents. Le pays a besoin des élites, les élites c’est pas nous, les élites c’est ceux qui peuvent nous donner du boulot. Les énarques, les polytechniques qui nous gouvernent et qui dirigent les boites, eux vont trouver des solutions. Le peuple est coupable de ne pas savoir ce que savent les élites, il en oublie son droit imprescriptible à la révolte citoyenne. 

10.Il faut connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes. Les progrés de la science, ces cinquante dernières années ont été tels qu’une petite minorité a réellement accès à une connaissance approfondie sur leurs  implications, un fossé se creuse entre les connaissances des élites et celles du peuple. La biologie, la neurobiologie, la psychologie appliquée sont utilisées à des fins complices par un système de castes qui utilise ses connaissances contre les intérêts du peuple. Le scandale du vaccin contre la grippe H1N1 est une manipulation basé sur l’ignorance des masses savamment dosée. Les peurs du vieillissement, le jeunisme, la bio-agriculture, les supposés bienfaits du vin, des crèmes anti-rides, des compléments alimentaires, des anti-dépresseurs, sont des manipulations dérivant des méconnaissances du peuple vis à vis des nouvelles techniques. Le Grenelle de l’environnement, les biocarburants, le nucléaire, le green business vont permettre de raser gratis tout en maintenant le cap du désastre écologique.  

Sarko ne serait-il pas un adepte particulièrement fidèle de la méthode Chomsky ?

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DIEU SI JE VEUX

Posté par provola le 3 septembre 2010

Stephen Hawking, le génie des mathématiques modernes, dans son dernier ouvrage « the grand design »envisage un monde qui se serait créé de rien; grâce aux découvertes récentes en physique le monde serait issu du néant et serait donc incompatible avec l’idée de Dieu: « il y a une différence fondamentale » nous explique Hawking « entre la religion, basée sur l’autorité et la science, basée sur l’observation et la raison. La science vaincra car elle marche ». 

Bien qu’on ne puisse que se féliciter que la complexité de notre évolution scientifique oblige nos chercheurs à devenir sérieux, on a du mal à croire qu’il faille être un génie pour parvenir à ce genre de théorie. Car enfin admettre que la création soit l’oeuvre d’un Dieu revient à admettre l’existence d’un début. Si Dieu est l’Artisan du début, il faut pouvoir admettre que Dieu est une forme de création qui doit aussi avoir un début. Qui donc aurait pu créer le Créateur ?

Tout cela ne mène nulle part. Alors ne vaut-il pas mieux remettre en cause l’idée même de l’instant zero et admettre qu’il est lui même précédé d’un instant moins un et ainsi de suite; en gros que l’idée d’un début est absurde, aussi bien que le début du temps est un concept absurde.

Tout au long des âges, l’homme n’a cessé d’attribuer à Dieu ce que lui-même ne pouvait pas expliquer, jusqu’à ce que Galilée ait enlevé notre planète du coeur de l’univers , ce qui revenait à dire que nous n’étions pas le centre de la création. La théorie moderne du Big Bang, l’explosion initiale ayant donné naissance à notre univers en expansion, avait redoré l’idée du Dieu créateur, du premier pyromane. Comment en effet attiser une telle mécanique, comment mettre en branle une telle énergie à partir de rien ?

D’où la belle image du télescope Hubble allant chercher aux confins de notre univers les traces du doigt de Dieu.  Cette soudaine eau de source amenée au moulin de la création divine peu à peu se trouva frelatée par les plus récentes découvertes, en particulier celle de la première planète tournant autour de son soleil n’appartenant pas à notre propre système solaire. La preuve que notre Terre est un objet banal de l’univers probablement semblable à des milliers d’autres.   

La preuve que l’univers n’obéit qu’à des équations mathématiques et à des lois physiques, fussent elles celles du chaos cosmique; mais pas tout l’univers, tout l’univers , sauf l’homme, qui lui s’affranchit des lois de la physique et des équations pour s’en aller de son propre gré à la pêche aux moules ou à celle des étoiles. L’homme est le seul objet de l’Univers à pouvoir envoyer balader Dieu, après avoir eu envie de ne penser à rien. L’homme est une absurdité issue du chaos cosmique qui imagine chaque jour dépendre d’un schéma rationnel.

L’univers moderne, si l’on peut dire, le seul que nous connaissions, datant de 15 milliards d’années, mais qui ne peut qu’avoir été précédé d’une multitude d’autres mondes, aura donc généré dans sa grande inconscience, un parasyte des lois, un sale gosse des banlieues du chaos qui pour se croire homme n’en a pas moins énormément de mal à se croire lui-même créateur de sa propre existence.  

Si ça me chante de croire en Dieu…

et tous à la manif anti De Funès demain 14h à la République, Paris, histoire d’en déboulonner un, de Dieu.   

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HOMMAGE

Posté par provola le 18 juillet 2010

Bernard Giraudeau: « Ce serait mal vieillir que de ne pas être révolté. »

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CONSCIENCE COLLECTIVE

Posté par provola le 20 juin 2010

Certains instants de convivialité nous rapprochent de l’au delà, qui est tellement proche qu’on ne peut l’imaginer. Au delà de nos propres vies il existe un fil invisible qui nous uni, avec ceux qui nous ont précédé et ceux qui nous suivront. Saramago avait coutume de dire que la vieillesse lui avait apporté la liberté, bien sûr il faut avoir vécu pour comprendre notre essence qui réside dans l’instantané. La liberté c’est justement comprendre l’importance de cet instant si fugitif qu’il peut devenir éternel.

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BIDON PERCE

Posté par provola le 24 mai 2010

Bidon percé, Bp, l’une des premières compagnies privées mondiales est à l’image de notre civilisation bidon, de tarés, toujours plus unifiée dans la contemplation du Dieu créateur de richesse.

Et le moins qu’on puisse dire est que la pire des catastrophes pétrolières ne parvient même plus à accrocher une larme de dépit chez le dernier des indifférents. Des villes qui étouffent d’ozone, des enfants qui crèvent la dalle, la plus grande des dictatures qui devient notre usine, au final un avenir qui ressemble à l’achat du prochain écran plat sur le marché, une crème à bronzer pour objectif et des bénéfices pour des actionnaires planqués dans des paradis fiscaux, avec un si lourd bilan, que vouliez-vous qu’une misérable marée noire, fut-elle la mère des marées, vienne faire dans des débats déjà tous tournés vers la nouvelle beuverie généralisée ou la coupe du monde des tocards ?

La marée noire est dans nos têtes , dans nos mentalités anesthésiées et asséchées par d’inutiles perfusions consuméristes, notre moralité d’enfants gatés du caddy ressemble à cette vase visqueuse, solution impraticable pour la moindre pensée constructive. Affublés de notre portable si aimable à la pogne, de nos lunettes noires comme la marée sur nos cranes dégarnis de la moindre idée, nous sommes de pâles copies du schéma auquel nous devrions ressembler, poursuivant désespérément l’ombre de notre propre existence.

A en avoir banni la rassurante présence de l’être supérieur, nous avions toutes chances de nous approprier notre propre paradigme, de nous ébrouer hors des sentiers battus par des religions étriquées, de recréer notre paradis qui pourrait ressembler à un passage de témoin honorable sans forfanterie, d’assurer une digne mémoire et un horizon vivable à nos descendants.

A trop croire en nos images illusoires, nous sommes entrés dans l’écran et nous avons finis dans un trou béant sans fond comme si l’existence relevait désormais de l’inconscience totale, comme finalement du contrat sans transgression entre  l’animal et la nature.

Sauf que la nature, nous lui faisons subir ce qu’aucun animal n’oserait imaginer.  

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PECHE CAPITAL

Posté par provola le 21 mai 2010

Les 7 péchés capitaux identifiés par Thomas d’Aquin (XII ème siècle)sont la paresse intellectuelle et le capitalisme n’est qu’une réduction à l’échelle réduite du potentiel intellectuel, l’orgueil, le capitaliste en est le champion toutes catégories, la gourmandise, ou’ réside le ventre mou du patrimoine qui n’a de cesse de se remplir, la luxure qui est le but suprême de l’enrichissement des bourses, l’avarice, l’arme fatale des nantis qui refusent de répartir leur stock de sable,  la colère, caractéristique des riches qui s’arc-boutent sur leurs certitudes, l’envie qui demeure encrée chez le possédant tant qu’un souffle de vie persiste.  

Bernanos estime lui qu’un système économique efficient s’attachera plutôt à assouvir les vices de l’homme que ses besoins fondamentaux. La publicité étant un artifice permettant de faire passer des vices pour des besoins. En ce sens elle est porteuse de propagande des péchés capitaux.

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RENAÎTRE

Posté par provola le 4 avril 2010

Renaître n’est pas l’apanage des croyants, d’ailleurs ce sont sans doute eux qui le font le moins bien.

L’Eveil des Bouddhistes, la résurrection des Chrétiens, des Juifs ou des Musulmans, la réincarnation des Indous, le doute des Athées, la foi des Agnostiques, la force des Condamnés, la vie éternelle qui ne dure souvent qu’un instant de bien-être, n’est pas autre chose que cette chance de pouvoir dépasser les limites que nous nous fixons sans contrainte.

Le consumérisme est la contrainte ultime, un fascisme fagocitant les hordes de neurones, une négation du vivant imposée par une organisation de la société sans logique que la comptabilité. Le consumérisme est un racisme larvé, divisant les groupes en classes de pouvoir d’achat,dans laquelle rien d’autre n’a réellement d’intérêt que la course perdue d’avance à la poursuite d’une évanescente satisfaction. Le consumérisme est une mort anticipée, baliverne des marchands de sable à l’encontre des gobeurs de mouches, en ce jour de massacre des larves de la dégradation de l’esprit, nous sommes invités à rallumer les cendres de la frugalité.

Le consumérisme est la négation de la résurrection à laquelle aspire tout être à la recherche de sa propre condition de vivant, la négation de la fraternité. 

Trouver une issue de secours pour nous libérer de cette toile d’araignée spirituelle appelée libéralisme, voilà à quoi nous convie ce jour de rédemption qui unit les pires ennemis dans leur condition d’homme. Pourfendre cet accès de faiblesse mentale appelé fièvre acheteuse, c’est distraire notre angoisse séculaire, c’est nous rapprocher d’un instant meilleur, peu importe qu’on le dise bonheur, foi, éveil, ou paix des braves.         

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DISCUSSION SUR LA-HAUT

Posté par provola le 12 février 2010

Il arrive parfois qu’au détour d’un chemin, on croise les chaussons d’un soi-disant philosophe et qu’à défaut d’en enfiler le costume on profite de la pointure pour s’équiper la voûte plantaire. C’est un peu ce que je ressens vis à vis de BHL, le penseur en forme de sigle.

Pour BHL, l’expérience juive fondamentale est celle de l’absence de Dieu plus que de sa présence: « La grande histoire pour un Juif, c’est son rapport à l’autre , aux choses, au monde, pour le dire dans la langue de la philosophie, moins l’un que le multiple. Plus que la loi de Dieu, c’est le Talmud qui fonde le judaïsme, un livre qui parle à tous des problèmes concrets de la vie de tous les jours, le désir, le prochain, or cette parole peut se recevoir sans la foi ni le sacré. »

BHL ajoute: « Voilà une divergence fondamentale avec le christianisme, un  Bernanos n’aurait pas pu être juif. »

Je me sens bien dans les pantoufles de BHL en ce sens que je puise dans les écritures la teneur du vivre ensemble, le socle de ce que je crois être notre conscience collective. En effet, nul besoin de s’accrocher à de l’illusoire ou du superflu pour boire à la source de l’apaisement, pour jouer l’humaniste. Je ne peux puiser l’harmonie suprême que dans l’expérience des angoissés du passé. Je bénéficie du bonheur des prophètes, de la mise sur la croix,  du verbe des mystiques , des lumières, de l’éveil des bouddhas, des révolutions des lois, de la libération des moeurs, des progrès de la science. J’existe, parce-que je suis pour un temps le témoin des temps et je suis le prolongement avant d’avoir à rendre le flambeau du vivre mieux. Dieu dans tout cela est annexe, il n’est qu’une touche de distinction, un vertige , un frisson sans conséquence pour ma liberté de pensée pour peu que j’en fasse un usage modéré comme d’un verre à moitié vide de spiritualité.

Non monsieur Lévy, je ne suis pas inférieur à Bernanos, je suis chrétien au même titre que lui et son Dieu n’est pas plus grand que le mien, bien que le mien n’existe que dans son esprit. Je réfute l’argument qui nie aux chrétiens toute possibilité de se libérer de Dieu. Le Christ est une liberté sans limite qui est bien plus que la limite de Dieu.      

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CREATEURS DE NOUS-MÊMES

Posté par provola le 21 janvier 2010

L’imagination est le meilleur refuge de l’esprit et Dieu est le meilleur moyen de développer l’ imagination. Les religions sont le meilleur moyen d’arriver à Dieu, entendu comme sagesse ultime. Dieu est notre meilleur ami  pour peu que nous comprenions que contempler Dieu, c’est se contempler soi-même.

J’estime trop Jésus, Bouddah, Mahomet, Gandhi pour accepter l’idée qu’ils étaient persuadés de détenir la Vérité, sans doute avaient-ils simplement vaincu l’angoisse de la mort, ultime Création, en ce sens étaient-ils parvenus à la plénitude de l’extase, à la compréhension suprême.

Peu de chances que Jésus ait réellement cru au Créateur, ce serait sacrilège que de le croire aussi naïf. Sans doute avait-il pris conscience du pouvoir de l’Esprit créateur. Mais alors comment faire passer un message de réconciliation universelle à une population en proie aux démons et aux blasphèmes?

Comment Bouddha pouvait-il évoquer son propre Eveil à un parterre d’adeptes de superstitions diverses ?  Mahomet et Gandhi sont d’autres Esprits libres désireux de libérer leur auditoire des affres de la mort.   

Creusez autant que vous voudrez, il n’est au fond des choses, du trou et de l’Univers qu’un message vide, comme si le sens était tout entier contenu dans l’acte de creuser. Confrontez vos idées par delà les croyances, les peurs et les espoirs, nulle autre issue que le Verbe de la pioche.

Remplaçons le vocable »Dieu » par conscience collective, tout parait alors plus simple et peut-être plus sain.

Laissons à Dieu ce qui n’est que du domaine de l’hypothétique, du jeu de hasard mais touchons plutôt du doigt l’immanente charge émotionnelle du vivre ensemble.

Remplaçons planète par radeau, Terre par jardin, enfants de Dieu par humanité.

A se tromper peu, on ne s’en trompe pas moins de vie, à se tromper de mots, on n’en compromet pas moins notre Sagesse, à changer les termes et les virgules on en  n’ échappe pas moins à notre propre Divinité.       

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BONJOUR TOUT LE MONDE

Posté par provola le 21 février 2009

Vous m’avez manqué.

Mais on ne se marie pas tout les jours ,seulement quelques fois dans la vie et parfois avec la même femme. Vingt ans me paraissent un bon anniversaire , cela nous aura pris vingt ans pour traverser la rue et quitter M.le Maire et saluer M.le Curé. Voilà ,nous avons pris la mesure du temps ,les enfants attendent d’assister au début du pourquoi de leur existence , quelque chose me dit que le temps est une création et qu’il est possible de le remonter à souhait comme une vieille horloge, de l’arrêter ,de l’allonger comme semblait l’indiquer Dali avec ses montres distendues. Si je pouvais donner un conseil à toutes ces troupes de jeunes recrues du mariage , je leur dirais ayez des enfants et demandez leur quelques années plus tard d’assister à votre mariage , s’ils refusent de vous accorder un avis favorable , il sera toujours temps de leur rétorquer qu’ils sont le fruit d’une erreur. Je plaisante.

 Le problème dans les préparations de mariage est que tout est déjà réservé à cinquante km à la ronde un an à l’avance ,les jeunes paraissent si pressés qu’ils ne veulent pas louper les moindres détails . Pour les vieux , c’est plus compliqué , ils viennent d’un temps où l’on s’y prenait 15 jours à l’avance , alors le nouveau tempo a de quoi dérouter .  

Deux semaines sans écrire et déjà l’actualité dérape de la  Guadeloupe à la Suisse qui dévoile le nom de 250 fraudeurs du fisc américain, il est temps de sortir la rape à gruyère , le balais brosse , le marteau , le pic à glace .   

 

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L’EAU COULERA

Posté par provola le 4 décembre 2008

vacancesgrenade2008471.jpg                       Revenons sur la réflexion de Gérard qui en réponse aux sombres prévisions du Club de Rome (voir commentaire à la page : Club de Rome, tout est dit ) semble se désintéresser du pouvoir destructeur de l’homme .

« Je suis sûr d’une chose , c’est que quoi que fasse l’humanité , et les pires ravages , et que cela entraîne la perte de la vie sur terre , la terre survivra , l’eau coulera , les volcans cracheront , les nuages iront là où le vent les poussera , la Terre survivra à l’homme . »

A bien des égards , donc, l’univers n’aurait que peu de soucis à se faire pour sa survie, et ça rassure mon Ami .

Sauf que .

L’univers a beau exister depuis environ 12 milliards d’années , ce sont les dernières hypothèses scientifiques datant le Big- Bang , l’univers existe en fait depuis … environ 3 millions d’années.

Tant que personne ne se rend compte de l’existence de la matière et de son évolution , cette même matière n’a aucune  réalité, et c’est au jour de la première prise de conscience par le premier homme de son environnement que l’univers devient univers. Il est faux de penser que l’homme est le fruit de l’univers , c’est l’inverse qui est vrai. C’est aussi plus facile à comprendre dans ce sens là, c’est la conclusion la plus logique qui permet d’empreinter les pas de Bouddha et Jésus en limitant les circonvolutions , l’homme est Dieu , nous sommes tous des créateurs , de ce que nous voulons bien, du monde que nous avons à l’esprit.

Libre ensuite à l’homme de s’estimer créé par un souffle divin , et si l’homme croit en Dieu , Dieu existe et en ce sens il est le créateur des choses, même de Dieu et si donc l’homme vient un jour à s’auto-détruire, Dieu n’existera pas plus que le monde qui disparaîtra en même temps que les pensées du dernier homme ayant foulé la surface de la Terre .

Et l’eau coulera peut-être encore mais sans personne pour la regarder couler, elle coulera donc comme si n’elle n’avait jamais existé ou jamais coulé, elle coulera sans couler, donc elle ne coulera plus. 

Voilà pourquoi sauver la nature n’a aucun  intérêt même pour elle-même, si nous ne nous sauvons pas nous mêmes et qu’en tous cas sauver l’homme , c’est autant sauver la nature que l’inverse.   

Al Gore et tous les écolos veulent sauver la nature pour continuer à vendre des voitures, alors qu’il faut sauver l’homme pour sauver la nature; pour cela il vaut mieux que l’eau soit propre.

 (Photo: bassin Alhambra de Grenade , l’eau n’existe pas si l’homme n’existe pas et inversement)     

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L’AVENIR EST UNE MAISON DE RETRAITE

Posté par provola le 26 novembre 2008

                      Le futur du libéralisme sauvage est un supermarché à l’échelle de la planète ,conçu comme un parc d’attraction ,ou’ tous les articles sont disponibles à chaque instant en n’importe quel point du globe .Le  but de la vie sera  de réussir à entretenir le pouvoir de consommer . L’achat sera la sagesse suprème qui contribura au bien-être général en ce sens qu’il permettra à chaque individu d’oublier la fin inéluctable de son propre  cycle de dépenses ,ce terme se situant en un point quelconque d’une  maison de retraite ,dès lors qu’une  incapacité mentale empêcherait de continuer à  trouver un intérêt à cette course effrènée .

On peut estimer que toute trace de discrimination aura disparu de la surface de la terre , car aucune différenciation ne sera réellement justifiable que celle chiffrable du pouvoir d’achat.     

Les terroristes seront les gardiens du temple ,les homosexuels seront exemptés de justification sexuelle , les religions auront disparu faute de Dieux , la couleur sera café au lait , la langue sera anglaise , la température sera 36°C ,  la taille sera grande ,  la pluie sera payante , Bruxelles sera l’autre bout de Paris ,  la maladie sera une taxe .

la seule angoisse restera de devoir un jour quitter la compagnie du chariot plein d’illusions , Le seul apartheid légalisé pénalisera la cénilité ,celle-ci empêchant l’humain dégénéré d’assouvir sa fonction ultime .

Dès lors que la force de persuasion de la machine publicitaire n’agira plus assez efficacement , le sujet verra son acte d’expulsion affiché et son exil en maison de repos deviendra obligatoire dans les huit jours ,le temps que les actes successoraux  notariés soient rédigés et signés .

Les dernières années d’existence se passeront dans l’indifférence générale à l’abri des cercles fringants des touristes de la vie .

Des robots serviables et à l’humeur égale seront dévolus aux taches de maintien de l’ordre dans les chambrées austères et à l’entretien des quelques individus récalcitrants ou subversifs .

Quand les rires des automates soignants n’égaillerons même plus les cauchemars des derniers humains sans  neurones artificiels , les lumières blafardes des dernières maisons de retraite s’éteindront de leur belle mort .Le vacarme tumultueux des souvenirs se fracassera sur des étalages vides de sens  . Aucun Dieu ni l’argent ne viendront ruiner le silence d’une éternité sans avenir .

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