IL Y A 40 ANS: COMMUNISTE, FILS DE PUTE.

Posté par provola le 11 septembre 2013

                  A l’heure où Fidel Castro fait son examen de conscience et où cela permet à la propagande néolibérale de railler l’inefficacité du modèle cubain, il ne faudrait pas oublier en ce jour anniversaire du suicide de Salvador Allende que toutes les expériences révolutionnaires de gauche ne se sont pas faites dans un bain de sang et l’exemple Chilien de 1970 en est l’emblème. Allende n’aurait jamais eu la chance de parvenir au pouvoir si la droite n’avait été divisée et ne lui avait permis d’atteindre le pouvoir avec seulement 36% de voix. Même dans ces circonstances fortuites, il y parvint à la barbe d’une Maison Blanche médusée, démocratiquement, ce qui était totalement inacceptable pour les Maîtres du monde.  

Nixon n’a jamais abdiqué à l’idée que le pré-carré des Etats-Unis se transforma en un bouillon de culture pour les expériences communistes, aussi l’ordre fut-il donné à la CIA de fomenter d’abord des actions de rétorsions aptes à étouffer l’économie chilienne de sorte que les forces capitalistes reprennent le pouvoir.

Allende après Castro, c’en était trop, qui plus est en suivant un processus démocratique, le laboratoire chilien aurait pu devenir un virus difficilement contrôlable pour peu que la mayonnaise prenne du coté de la Cordillère des Andes.

Lorsque le 4 septembre 1970, Allende arriva en tête des élections avec un point d’avance sur son rival conservateur, Nixon le traita de fils de pute et ordonna de tout mettre en oeuvre pour éviter son accession au pouvoir. La CIA mit en place un plan pour empêcher que le vote au Congrès du 24 octobre ne lui accorda l’investiture.  Le plan « track two » prévoyait que l’armée chilienne intervienne pour contrecarrer les élections du Congrès. Le plan foireux de Nixon se planta lamentablement et cela renforça le soutien populaire accordé à Allende.

La première décision du premier Président socialiste à être élu démocratiquement fut de nationaliser les banques et les mines de cuivre. Les USA mirent tout leur poids dans la balance économique pour faire baisser les cours du cuivre, principale ressource du Chili et pour augmenter le prix des denrées importées par le pays. Malgré une dégradation des indices économiques, la popularité du Président resta intacte. Au bout de trois ans de pouvoir qui aura vu une généralisation de la sécurité sociale, les magouilles de la CIA parvinrent à leur fin.

Voici ce que nous dit Howard Zynn à ce sujet: « la CIA a été impliquée dans des projets d’assassinat contre Castro et contre d’autres chefs d’Etat. Elle avait également introduit en 1971 le virus de la grève porcine à Cuba, provoquant l’abattage de de cinq cent mille porcs. On apprit également que la CIA, en coopération avec un comité secret de quarante personnalités dirigé par Henri Kissinger, avait fait en sorte de déstabiliser le gouvernement chilien d’Allende. ITT, qui possédait d’importants intérêts à Cuba, joua un rôle important dans cette opération. Quand David Popper, ambassadeur des USA auprès de la junte militaire chilienne(qui avec l’aide des Américains avait renversé Allende) déclara en 1974 que cette dernière violait les droits de l’homme, il fut rappelé à l’ordre par Kissinger. »  

Le 11 septembre 1973, l’armée dirigée par le commandant Pinochet assiègea et bombarda le palais présidentiel, Allende s’adressa une dernière fois aux Chiliens à la radio et se suicida avant l’assaut de l’armée. La dictature s’installa.

Le Chili est la face émergée de l’iceberg, ce n’est pas parce qu’Howard Zynn n’est plus là pour dénoncer les ingérences américaines que l’oncle Sam a cessé de pourrir la planète pour y maintenir son hégémonie. Irak, Afghanistan, Corée du sud, Japon, Pays du Golfe persique, Israël, Syrie, Afrique.

Et l’Europe ? Nous ne sommes qu’une banlieue de New York, le sommet des Açores, territoire européen où débuta la guerre en Irak en est la preuve. Le fait que le méchant canard français soit revenu revienne dans le giron de l’Otan, que les USA conseillent à l’Europe d’intégrer la Turquie dans la communauté européenne sont d’autres témoignages d’une manipulation en sous-main. Que l’impérialisme US ait pris le visage du modéré Obama ne change rien à l’affaire, l’esprit n’est pas de rendre les armes, mais de les rendre moins voyantes.

Le seul antagoniste de taille, la Chine, n’est pas à proprement parler un ennemi des USA, car elle est en plus son bailleur de fonds qui n’a aucun intérêt que son client se rétame. Le monde musulman qui est défini comme le grand méchant-loup est en réalité mis sous l’éteignoir, tant que La Mecque est tenue par des rois fantoches à la botte, le trésor pétrolier est bien gardé.

La seule menace est l’antagonisme des peuples, épuisés par cette course incessante et folle de la consommation d’objets  inutiles et anesthésiants. Tant que la pub attisera le désir mercantile, l’attrait des populations vers une insoumission citoyenne s’en trouvera atténué, tant que l’individualisme et la propriété privée seront l’ultime frontière du progrès, le système consumériste gagnera la bataille des consciences. La gauche, considérée comme une révolte au conditionnement capitaliste perdra tout espoir de gagner en crédibilité. Le mouvement actuel de régression sociale par une propagande moderniste ayant gagné la bataille de la communication en est le reflet.    

Edgar Morin nous explique la diversité de la gauche, la partie libertaire contre toute forme de pouvoir économique, la partie socialiste pour une simple amélioration des dérives du libéralisme, la partie communiste, pour une prééminence du bien commun sur le bien privé. Toutes ces composantes, la puissance capitaliste mondiale les a intégrées en son sein pour dénuer de tout attrait les slogans révolutionnaires.

« Libertaire, devenez riches et célèbres, vous serez libres de faire ce que bon vous semble, de vous libérer de toute contrainte sociale, de toute contribution à la vie communautaire. Socialiste vous l’êtes si vous donnez du travail aux peuples du tiers-monde, peu importe que vous accordiez des salaires de misère. Communiste, vous l’êtes en participant ou même en créant une fondation privée (fondations Bill Gates, Rockfeller), de charité. Cela vous dégrève de quelques menus impôts mais après tout c’est bien le résultat qui compte, efficacité, le joker du capitalisme ».

Allende n’avait aucune chance de réussir, attendons le résultat des expériences de Morales et de Chavez, le devenir des mouvements alter-mondialistes ou de la volonté de quelques illuminés, pour savoir si l’avenir nous accordera une société mondiale moins calquée sur l’unique système de la recherche du profit.

Au fond, la gauche, la vraie, n’est-elle qu’une utopie ? Mais sans utopie, autant se tirer tout de suite une balle dans la tête.

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