MANGO PRIMARK: LE PRIX DU SANG

Posté par provola le 26 avril 2013

MANGO PRIMARK: LE PRIX DU SANG  dans BENGLADESH .MANGO1_mprimark-logo-enseigne-magasin dans LES BOITES AU PILORIAFP_130424_0z9l6_bangladesh-effondrement_sn635

                             

                            Combien vaut un litre de sang ? Un litre de sang américain, ça vaut beaucoup, trois morts à Boston valent plus que 305 morts à Dacca capitale du Bengladesh. Trois morts au marathon de New York, valent plus que trois morts sur la route à Brest ou sur un chantier à Carcassonne, ceux-là on n’en parle pas, les morts ne sont pas tous aussi glamour.

305 morts à Dacca ne valent rien, de toute façon leur vie de déjà-morts était une ruine, ils bossaient à en crever pour fournir les boîtes européennes de textile, à la confection des tee-shirts, des strings, des culottes pour la mode d’été 2013. Pour que les stars de la vacuité, les momies des plages et  les reines de beauté se trouvent belles l’ instant d’une illusion.

Car la guerre des prix de la mondialisation se fait avant tout sur le dos des populations des laissés pour compte, des moins que rien, des moitié d’individus. pour que nous puissions nous pavaner sur les estrades du pouvoir d’achat.

Le Bengladesh est l’Eldorado des marques de fringues, pensez donc, pas de protection sociale, pas de revendications, pas de contraintes, une bande de jeunes pousses serviles, bosseurs, muets, car les vieux sont renvoyés sans merci, sans ménagement, sans indemnités, à vingt ans.  

L’effondrement de l’immeuble usine n’est que la dernière en date de la longue liste des drames de l’industrie de la confection du Bengladesh, des décennies déjà que les marques de la honte amassent les profits sur le dos des fourmis travailleuses asiatiques. Ici tout y est moins cher, même les Chinois viennent y faire leurs courses.

L’immeuble abritant des sous-traitants de marques telles que Mango ou Primark, quelques heures avant le drame avait déjà donné des signes évidents de fragilité, des fissures étaient apparues à la suite de bruits sourds et de secousses, mais les cadences infernales et les pénalités de retard imposées par les clients occidentaux obligèrent à reprendre le boulot. Voilà comment la loi du business s’impose aux entreprises locales, dirigées par des négriers, sous la férule d’exploiteurs étrangers parfaitement au fait des conditions de travail infligées aux travailleurs locaux.

Pour la bonne marche du pays, de ses élites devrais-je dire, il ne faudrait pas que les tensions contestataires se développent ce qui pousseraient les commanditaires à aller ailleurs s’occuper de la course aux profits. Les multinationales ne sauraient tolérer qu’un reflet saumâtre ne vienne ternir le miroir aux alouettes,  la marche des affaires ne doit souffrir d’aucune anicroche , c’est la conditions de la stabilité du cours de bourse. Avant qu’une autre pirogue plus pauvre que le Bengladesh, perdue et pleine d’affamés s’échoue sur les rives du néolibéralisme. 

6 millions de chômeurs sont le triste lot espagnol de cette course aux profits, leur indemnité journalière leur permet tout juste de se payer un tee-shirt MANGO made in Bengladesh à 2 €. Les Britanniques eux peuvent encore se la couler douce, s’habiller en PRIMARK à trois livres. Mais combien sont ceux-qui accepteraient de verser des dommages et intérêts aux disparus, aux esclaves des marques, à leurs familles dans le deuil ?

A quel prix devrait-on vendre ces bouts d’étoffe si l’on y comptait le prix du sang; si le sang Bengali valait autant que le sang  Yankee ?    

 

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