Climat: Il n’y a pas que de mauvaises nouvelles

Posté par provola le 19 septembre 2017

Climat . Le budget carbone de la planèterevu à la hausse

  • D'ici 2030, les émissions devront être inférieures de 25% à celles prévisibles avec les engagements actuels des pays.
    D’ici 2030, les émissions devront être inférieures de 25% à celles prévisibles avec les engagements actuels despays. | Reuters

 

L’ objectif de réduire la température mondiale à 1,5°C serait encore possible selon une étude parue dans Nature Geoscience. Mais il nécessite une réduction de 25% supplémentaires des émissions des gaz à effets de serre de la part des pays engagés dans l’ accord de Paris sur le climat.

Limiter la hausse de la température mondiale à 1,5°C serait encore possible, selon une étude publiée lundi révisant à la hausse les émissions cumulées de gaz à effet de serre à

« Les précédentes estimations du budget carbone pour le 1,5°C (…) basé sur le rapport du Giec ( groupe intergouvernemental sur l’ évolution du climat) étaient quatre fois inférieures » aux résultats de l’étude parue dans Nature Geoscience, explique PierreFriedlingstein de l’ Université d’Exeter, l’un des auteurs.

« Ceci est une très bonne nouvelle concernant la faisabilité des objectifs (de l’accord) de Paris » , ajoute le scientifique.

Optimisme nuancé

Mais la dizaine de chercheurs ayant participé à ces travaux mettent aussi en garde contre unelecture trop optimiste de ce résultat.

L’étude permet de dire que l’objectif de 1,5°C « n’est pas impossible d’un point de vuegéophysique, mais qu’il implique des réductions d’émissions plus ambitieuses que celles promises par les pays jusqu’ici » , écrivent-ils dans un communiqué.

« Cette étude montre que les objectifs de Paris ne sont pas hors d’atteinte mais elleclarifie ce qu’ils impliquent » , estime l’un deux, Michael Grubb, du London College.

Et ce qu’ils impliquent va au-delà des efforts de réduction d’émissions prévues par les pays pour les 15 prochaines années , un fait déjà connu.

Sur la base des engagements nationaux actuels, et sous réserve qu’ils soient réalisés, la planète se dirige plutôt vers une hausse de 3 à 4°C, une sombre perspective pour de nombreuses régions (sécheresses, inondations, hausse du niveau de la mer, acidification desocéans , etc).

Pour un des autres auteurs, Joeri Rogelj, de l’ International Institute for Applied SystemsAnalysis ( Autriche ), l’étude « relance l’objectif de 1,5°C », considéré comme inatteignable par beaucoup de scientifiques, en démontrant qu’il est « possible, même s’il reste très difficile » .

Nouvelle estimation du budget carbone

L’accord de Paris sur le climat conclu en 2015 s’est donné comme objectif de limiter la hausse de la température moyenne « bien en deça 2°C » et de « poursuivre les efforts pour la limiter à 1,5°C ».

L’objectif de 1,5°C étant déjà synonyme de changements profonds dans les climats de la planète, les pays du Sud avaient bataillé ferme à Paris pour qu’il soit aussi inscrit dans l’accord et pas seulement le 2°C.

Depuis l’ère pré- industrielle , la planète a déjà gagné 0,9°C et gagne environ 0,2°C tous les dix ans. En 2015 et 2016, sous l’ effet d’El Nino et d’autres sources de variabilité naturelle qui ne se reproduiront pas tous les ans, la hausse a même atteint 1°C.

Le débat porte donc sur les émissions de gaz à effet de serre à ne pas dépasser pour que la hausse à venir n’excède pas 0,6°C.

Le dernier rapport du Giec (2014) faisait état d’un budget de 400 gigatonnes de CO2 à partir de 2011. En calant cette estimation sur 2015, cela donne un budget de 245 gigatonnes, a expliqué à l’AFP Joeri Rogelj. Or, selon la nouvelle estimation, le budget carbone serait de 880 gigatonnes de CO2.

« Limiter les émissions de CO2 en deçà 880 gigatonnes à partir de 2015, soit 20 années d’émissions annuelles actuelles, permettrait probablement d’atteindre l’objectif de Paris de limiter le réchauffement à 1,5°C », affirme l’auteur principal Richard Millar de l’université d’Oxford.

Pic en 2030

Mais pour garder des chances de tenir le 1,5°C – une hausse qui accentuera déjà certains phénomènes climatiques – il faut que « les émissions déclinent drastiquement à partir de 2030 » et qu’elles atteignent la « neutralité carbone » d’ici 2050 (autant de CO2 capturé que de CO2 émis).

D’ici 2030, les émissions devront être inférieures de 25% à celles prévisibles avec les engagements actuels des pays, précise à l’AFP Joeri Rogelj.

« Tous les grands émetteurs, sans exception devront renforcer leurs efforts si l’on veut avoir des chances de limiter le réchauffement à 1,5°C », ajoute le chercheur pour qui l’étude est « une bonne nouvelle » mais « l’urgence est toujours là ».

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