RÉCHAUFFEMENT GLOBAL: MACRON L’USURPATEUR

Posté par provola le 26 juin 2017

Mondialisation de l’économie capitaliste et réchauffement climatique

Lundi, 26 Juin, 2017
Humanite.fr
Voilà 18 mois, les commentaires enthousiastes de la présidence française de la Cop 21 laissaient entendre que nous étions sur la bonne voie pour contenir le réchauffement à + 2°C, voire + 1,5°C d’ici la fin du siècle en cours. Samedi dernier, à la Sorbonne, alors que la France vient de traverser une période ce canicule très précoce en fin de printemps, on a plaidé pour la mise en place d’un « Pacte mondial pour l’environnement » qui introduirait des contraintes juridiques pour tenter de ne pas trop s’éloigner des objectifs retenus à la conférence de Paris.
A l’initiative du « club des juristes » et sous la présidence de Laurent Fabius, président du Conseil Constitutionnel, une journée dont l’intitulé était « Vers un pacte mondial pour l’environnement , agir pour la planète , agir par le droit », s’est déroulée samedi 24 juin dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne. Laurent Fabius était ministre des affaires étrangères du gouvernement de Manuel Valls et à ce titre président de la Cop 21 qui s’est tenue à Paris en décembre 2015. Il a alors voulu un texte non contraignant afin d’obtenir l’approbation unanime des participants. C’est aussi ce caractère non contraignant du texte adopté à Paris en décembre 2015 qui a facilité sa ratification par presque tous les pays membres des Nations Unies. On sait que Donald Trump a récemment déclaré qu’il revenait sur la ratification de ce texte par son prédécesseur Barack Obama.
La volonté affichée samedi à la Sorbonne de donner une valeur juridique à un « pacte mondial pour l’environnement », est aussi une manière de reconnaître que le protocole de Paris -succédant à celui de Kyoto adopté en 1997 et ayant connu un début de mise en place via une taxe carbone inefficace dans quelques pays développés à partir de 2005- ne permet pas de freiner un réchauffement climatique boosté par le fonctionnement du système de production capitaliste mondialisé.
Quand François Hollande mentait aux Français 
Faut-il s’en étonner ? Au moment de la tenue de la conférence de Marrakech en novembre 2016, Laurence Tubiana, ancienne ambassadrice des négociations climatiques dans le cadre de la préparation de la Cop 21, déclarait au journal Le Monde : « on ne peut pas dire que l’accord de Paris est acquis parce qu’il a été ratifié. Il ne se réalisera que si les gens pensent qu’il représente la meilleure solution pour lutter contre le réchauffement. Nous ne sommes pas dans un système de droit domestique avec des sanctions. Le droit international est un système d’adhésion. En réalité, la ratification, si elle est un acte politique fort, n’empêche pas l’inaction».
Voilà qui a le mérite de la clarté. Ce que ne voulait pas voir François Hollande, soucieux d’embellir son quinquennat calamiteux et déclarant à propos de la Cop 21 lors de ses derniers vœux aux Français le 31 décembre 2016 : « Rappelez-vous, c’est à Paris qu’un accord historique a été conclu; vous en voyez, avec les pics de pollution, l’impérieuse nécessité de le mettre en œuvre. Alors je vous l’affirme : la France ne laissera personne, ni aucun Etat, fut-il le plus grand, remettre en cause cet acquis majeur de la communauté internationale ». Le fait que Donald Trump ait retiré tout récemment la signature des Etats Unis montre ce qu’il convient de penser des rodomontades de François Hollande.
Les organisateurs de la rencontre de la Sorbonne demandent désormais un « Pacte mondial de l’environnement » doté de contraintes juridiques. Ils ont fait samedi le constat suivant: « A l’heure actuelle, il n’existe pas de grand texte international à valeur juridique, rassemblant les principes fondamentaux du droit de l’environnement. C’est le sens du projet novateur de « Pacte mondial pour l’environnement». Ce texte, qui a vocation à être adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies dans les années à venir, deviendrait la pierre angulaire du droit international de l’environnement ». Cela étant, il ne suffit pas de faire venir Arnold Schwarzenegger à Paris(1) pour que ce dossier avance, même si Emmanuel Macron s’est engagé à porter le dossier « dès septembre prochain » aux Nations Unies.
Emmanuel Macron doit sortir de ses contradictions 
Si nous voulons freiner le réchauffement climatique, il faut simultanément faire durer plus longtemps les installations industrielles, diviser par quatre la consommation d’énergies fossiles, réduire considérablement les échanges mondiaux de produits identiques à commencer par les produits agricoles qui parcourent des milliers de kilomètres entre leur lieu de production et leur lieu de consommation. La seule raison de ces longs voyages est souvent une différence sensible de coût de la main d’œuvre pour des produits basiques comme la tomate de serre et autres denrées de même type. Freiner le réchauffement climatique implique de rompre avec cette mondialisation libérale des échanges sur fond de dumping social et environnemental.
Les taxes carbones mises en place ici où là dans les pays développés ne sont d’aucune efficacité. Quelques jours avant son élection à la présidence de la République, Emmanuel Macron est allé dire aux salariés de Whirlpool qu’il ne pouvait pas empêcher le transfert des productions de sèche-linge de l’usine d’Amiens en Pologne où les salaires sont trois fois plus bas qu’en Picardie. Mais cette délocalisation conduit à détruire une usine en bon état de marche en France pour en monter une autre en Europe centrale. Or, couler une tonne de béton c’est émettre 900 kilos de CO2. Faire ensuite tourner cette usine polonaise qui consommera de l’électricité fournie par des centrales à charbon multipliera par 30 le bilan carbone de la consommation électrique dans la fabrication des sèche-linge produits en Pologne, puis exportés sur des camions en Europe de l’ouest pour les eux tiers de la production.
Ainsi, les Français viennent d’élire un président de la République qui ne veut pas voir cette réalité en face. Quel es t alors son niveau de compétence pour mener le bon combat contre le réchauffement climatique ? Cela au moment où les récents jours de canicule en France auront, une fois de plus, lourdement pénalisé les paysans français en termes de revenu cette fois. Certes, Macron leur promet dès le mois de juillet l’organisation des Assises de l’Agriculture et de l’Alimentation. Il a pris cet engagement de campagne neuf ans après avoir rédigé le rapport de la Commission Attali « pour la libération de la croissance française » dont Sarkozy et Fillon se sont inspirés pour faire voter en 2008 une loi donnant les pleins pouvoirs aux distributeurs pour piller leurs fournisseurs et augmenter le bilan carbone de notre assiette. Mais cela, beaucoup de journalistes semblent l’avoir oublié.

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