LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE DATE DE 1830

Posté par provola le 26 août 2016

Selon une étude internationale publiée dans Nature, le réchauffement serait apparu bien plus tôt que les estimations avancées à ce jour. Le climat serait plus sensible aux variations de gaz à effet de serre qu’on ne le pensait.

Depuis 1750, fin de l’ère préindustrielle, la température moyenne à la surface du globe s’est élevée de 1°C. Quand le phénomène a-t-il débuté? Jusqu’alors, la plupart des estimations reposaient sur des données instrumentales, à savoir des mesures directes de température, dont les premiers relevés datent de la fin du 19 ème siècle.

Sur la base de ces données tardives, il est communément admis que la planète n’a commencé à se réchauffer qu’au début du 20ème siècle. A tort, rétorquent 25 chercheurs du consortium international «Past Global Changes 2K» (PAGES 2K), selon qui le phénomène serait né il y a environ 180 ans, dans la foulée de la révolution industrielle.

Dans leur copieuse étude publiée mercredi 24 août, les experts ont remonté, sur les 500 dernières années, les données paléoclimatiques les plus fiables, scrutant coraux et sédiments marins (pour les océans), cernes d’arbres, spéléothèmes et carottes glaciaires (pour les continents). Objectif: déterminer l’instant auquel ces données s’écartent de la variabilité interannuelle de température, qui définit ainsi l’émergence du réchauffement.

Un processus précoce et asynchrone

Résultat, ce phénomène serait apparu aux environs de 1830. En premier lieu dans l’Arctique, où les chercheurs datent de 1831 les premiers écarts avec la variabilité interannuelle, et dans les océans tropicaux (entre 1828 et 1834). «C’est un résultat assez inattendu: le climat s’avère beaucoup plus sensible aux gaz à effet de serre (GES) qu’on ne le pensait», observe Marie-Alexandrine Sicre, directrice de recherche au laboratoire LOCEAN de l’Institut Pierre-Simon Laplace (IPSL, Paris, UPMC/CNRS/IRD/MNHN) et co-auteure de l’étude.

Autre enseignement de l’étude, le réchauffement n’apparaît pas simultanément partout. Après l’Arctique et les océans tropicaux, il apparaît, deux décennies plus tard, dans les zones terrestres de l’hémisphère nord (Amérique du Nord, Europe et Asie, entre 1847 et 1852), avant de s’étendre au début du 20ème siècle à celles de l’hémisphère sud (Australasie et Amérique du Sud, entre 1896 et 1904).

Exception notable, l’Antarctique, où les données ne révèlent toujours pas la présence du réchauffement. Ce qui pourrait s’expliquer par la circulation circumpolaire: ces remontées d’eaux océaniques froides agiraient, pour l’instant, comme une barrière.

Arctique et Antarctique aux antipodes

Du fait de la lenteur de la circulation circumpolaire, «de quelques décennies à quelques siècles», «les eaux n’ont pas encore pu pomper toute la chaleur» liée au réchauffement climatique, bien que celle-ci soit absorbée à 90% par les océans, explique Guillaume Leduc, chercheur au Centre européen de recherche et d’enseignement des géosciences de l’environnement (Cerege, Aix-en-Provence, université Aix-Marseille, CNRS, IRD), co-auteur de l’étude.

À l’inverse, l’Arctique, qui a eu la primeur du réchauffement, devrait sa réactivité au phénomène d’amplification thermique qui y sévit: avec la fonte de la banquise polaire, de couleur claire, la lumière solaire est moins réfléchie, la mer emmagasinant toujours plus de chaleur.

Au nord comme au sud, c’est bien l’élévation des GES qui est responsable de l’émergence du réchauffement. Et non d’autres phénomènes tels qu’un retour au calme volcanique, suite à la série d’éruptions qui ont émaillé le petit âge glaciaire (début du 14ème siècle-fin du 19ème siècle), dont celle du Tambora (Indonésie) en 1815, à l’origine d’un net refroidissement mondial au cours des années suivantes: sans hausse des GES, l’accalmie volcanique ne permet pas d’expliquer la hausse thermique survenue depuis 1830.

Bonne ou mauvaise nouvelle ?

Quelles conséquences pour les prévisions du réchauffement futur? «Cela ne change pas grand-chose à notre compréhension de l’effet de serre, le forçage radiatif est quelque chose de connu et d’archiconnu: l’étude montre juste que le système climatique est extrêmement sensible au CO2, plus qu’on ne le pensait», explique Guillaume Leduc. D’un intérêt majeur pour la recherche en climatologie, ces données ne remettent pas en cause la trajectoire de réchauffement attendue, ajoute Marie-Alexandrine Sicre.

D’autres auteurs de l’étude entrevoient derrière ces travaux une lueur d’espoir: «d’une certaine manière, c’est un message vraiment positif car cela suggère que le système climatique peut répondre très rapidement à de petits changements de gaz à effet de serre», notamment à de légères réductions d’émissions, commente ainsi Nicholas McKay, climatologue à la Northern Arizona University, dans un communiqué de la plateforme internationale de recherche Future Earth.

Moins optimiste, Guillaume Leduc trouve au contraire que «ce n’est pas une très bonne nouvelle de voir que le climat est à ce point sensible au CO2, alors que nous ne sommes pas du tout sur une trajectoire de réduction […] Ce serait plutôt une nouvelle raison de s’alarmer et de réagir en urgence».

D’autant que le réchauffement, au-delà de sa sensibilité inattendue au CO2, est un phénomène à retardement: même en stoppant net les émissions, «on en aurait pour plusieurs décennies de réchauffement, et même plusieurs siècles, voire plusieurs millénaire, de montée du niveau de la mer», observe le chercheur.

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Climat : juillet 2016 nouveau record

Posté par provola le 22 août 2016

Carte écart température juillet 2016

La série des mois records de chaleur planétaire s’est poursuivie en juillet. C’est ce qu’annonce l’équipe Nasa/Université Columbia de New York. Avec un écart à la moyenne calculée sur la période 1951/1980 de 0,83°C, juillet 2016 détient le nouveau record du mois.

La carte de ces écarts à la moyenne montre une planète où presque toutes les régions sont nettement plus chaudes que la référence climatologique, à l’exception d’une large partie de l’Antarctique et d’une petite zone en Arctique de l’Est. L’Océan Pacifique tropical contribue toujours à cette série bien que le phénomène El Niño qui a boosté l’indice de température planétaire depuis un an et demi a pris fin comme le montre cette animation (cliquer sur l’image pour la lancer) où l’on voit petit à petit les zones colorées en rouge et orange disparaître au large des côtes péruviennes.

El Niño a pris finPour les océanographes, après 15 mois consécutifs où les conditions requises pour parler d’un Niño étaient réunies, elles ne le sont plus (ici, un tableau de l’histoire du phénomène depuis 1950).

(Ajout le 17/08) : De son côté la NOAA, le service météorologique et océanographique des Etats-Unis d’Amérique vient de publier ses propres chiffres,tout à fait cohérents avec ceux de la Nasa. Pour la NOAA, juillet 2016 est également le 15ème mois consécutifs de records de températures dans une série qui remonte sur 137 ans et précise que la température planétaire du mois de juillet est« supérieure de 0,87°C à la moyenne du 20ème siècle » pour ce mois. C’est aussi, note la NOAA le 379ème mois consécutif a se situer au dessus de la moyenne du 20ème siècle, le dernier en date ayant affiché une température inférieure étant décembre 1984.

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Réchauffement climatique : les tristes records de l’année 2015

Posté par provola le 5 août 2016

RÉCHAUFFEMENT. Les températures, la montée des eaux et les émissions de gaz à effet de serre ont atteint des niveaux records l’an dernier, faisant de 2015 la pire année de l’histoire moderne pour une série d’indicateurs clé, révèle un rapport international de référence publié mardi 2 août 2016. Recul des glaces, sécheresse, inondations… c’est un sombre portrait de la Terre que dresse ce rapport annuel sur l’état du climat (« State of the Climate »), un document de 300 pages auquel ont participé 450 scientifiques du monde entier. « Plusieurs marqueurs, comme les températures au-dessus des terres et à la surface des océans, le niveau de la montée des mers et les émissions de gaz à effet de serre ont battu des records établis juste l’année précédente », soulignent ces scientifiques. « Clairement, le rapport sur 2015 montre non seulement que les températures sur la planète augmentent, et que tous les symptômes qui y sont liés s’aggravent aussi », a dit Thomas Karl, directeur de l’Agence nationale océanique et atmosphérique (NOAA).

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Une évolution qui devrait se confirmer cette année, puisque les six premiers mois de 2016 ont été de loin les plus chauds sur le globe, selon de récentes données des climatologues de la Nasa. Le phénomène météorologique El Nino, particulièrement vigoureux en 2015, a « exacerbé » la tendance au réchauffement l’an dernier, ajoutent les experts. « Sous l’effet combiné d’El Nino et d’une tendance à long terme au réchauffement, la Terre a enregistré des records de chaleur pour la seconde année consécutive. »

« 2016 va facilement surpasser cette marque », anticipe Jessica Blunden, de la NOAA.s

Les concentrations de trois des principaux gaz à effet de serre – dioxyde de carbone (CO2), méthane et protoxyde d’azote – ont « atteint de nouveaux sommets en 2015″, indique le rapport, qui s’appuie sur des dizaines de milliers de relevés tirés de nombreuses bases de données indépendantes. A Hawaï, sur le volcan de Mauna Loa, la concentration de dioxyde de carbone (CO2) a enregistré en moyenne annuelle « la plus forte augmentation depuis le début des relevés il y a 58 ans ». Sur l’ensemble de la planète, le CO2 a frôlé la limite symbolique de 400 parties par million (ppm) en 2015, atteignant 399,4 parties par million (ppm), soit une hausse de 2,2 ppm par rapport à 2014. Et « 2016 va facilement surpasser cette marque », anticipe Jessica Blunden, de la NOAA.

Le niveau des eaux a atteint son plus haut point, avec quelque 70 millimètres de plus que la moyenne enregistrée en 1993. Il monte graduellement autour de la Terre, avec une poussée d’environ 3,3 millimètres par an, selon le rapport, mais la hausse est plus rapide en certains points du Pacifique et de l’océan Indien. Et cela risque d’accélérer dans les prochaines décennies, à mesure que les glaciers et les calottes glaciaires fondront, menaçant la vie de millions d’habitants sur les côtes.

L’année 2015 a aussi été marquée par une saison des pluies plus abondante que la moyenne qui a provoqué de graves inondations. Des sécheresses sévères ont également frappé, affectant des superficies presque deux fois plus importantes en 2015 que l’année précédente (14%, contre 8% en 2014).

Recul des glaciers pour la 36e année consécutive

Zone particulièrement sensible au changement climatique, l’Arctique a continué de se réchauffer. « La température à la surface des terres de l’Arctique a retrouvé les niveaux enregistrés en 2007 et 2011, soit des records depuis le début des relevés au début du XXe siècle, avec une augmentation de 2,8 degrés Celsius depuis cette époque », selon les scientifiques. A l’inverse, les températures ont été plus froides dans l’Antarctique. Partout dans le monde, le recul des glaciers dans les massifs de type alpin s’est poursuivi pour la 36e année de suite.

Les eaux plus chaudes ont, elles, aggravé la propagation d’algues qui a affecté l’été dernier une importante zone du Pacifique nord, allant de laCalifornie jusqu’en Colombie-Britannique (Canada), avec des « effets significatifs sur la vie marine, les ressources côtières et les habitants qui dépendent de ces ressources ».

La saison des ouragans dans l’Atlantique a été particulièrement modérée pour la deuxième année de suite, là encore en grande partie affectée par El Nino, bien que le nombre de cyclones tropicaux « ait été bien au-dessus de la moyenne globalement ».

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