200 000 FOIS MERCI

Posté par provola le 24 juin 2013

                      

                         200 000 visites, 200 000 fois que nous nous croisons au détours de nos conversations informelles, au coin du feu ou à l’ombre du chêne. A bien y regarder, le chemin parcouru à refaire le monde à notre manière aura été une occasion d’échanger, de dialoguer et de nous passionner pour une cause commune, pour l’idée simple que nous devrions passer le témoin à nos successeurs le plus proprement du monde. Or nous savons que ce ne sera pas le cas et qu’au procès de l’histoire, nous aurons appartenu à la génération de tous les ratages, de toutes les gabegies, des destructions environnementales massives et des pires inégalités. Ce qui va de pair, n’oublions pas que les uns polluent énormément pendant que les autres survivent et voudraient bien respirer un peu mieux ou boire de l’eau potable. 

Les prochaines générations auront ainsi à gérer en même temps la répartition des ressources, l’adaptation aux changements climatiques induits par notre folie consumériste et le nettoyage impossible de la terre, de l’air, de l’eau et de l’espace. Un rapport de la banque mondiale publié le 18 juin nous dit l’urgence du changement de cap qui seul peut permettre de contenir l’élévation des températures globales à 2°C. (voir le détail de ce rapport ci-dessous). 

Nous aurons en quelques décennies, produit suffisamment de déchets de toutes sortes pour contaminer au moins les quelques siècles à venir. 

Ainsi l’exploration des gyres océaniques, ces trappes à pollutions marines, a permis de mettre en évidence la contamination à grande échelle des mers par des millions de tonnes de plastique. Ce plastique est décomposé par le soleil et réduit en de minuscules particules qui entrent facilement dans la chaîne alimentaire des animaux marins et en conséquence de l’homme. Ne serions-nous pas en train de penser que la disparition des poissons est en fait une mesure sanitaire nous évitant une contamination de masse ? 

De même, nous avons pensé pouvoir stocker des déchets nucléaires pour des dizaines de milliers d’années, pure ignominie industrielle. 

Les solutions existent de transformer notre manière d’être pour laisser au moins une petite chance à nos enfants de survivre dans cette poubelle à ciel ouvert qu’est devenue notre planète Mère. 

Elles ne passent pas par l’individualisme forcené, cette fausse liberté intronisée par le néolibéralisme, car les biens naturels sont comptés et parce que nous ne pouvons finir de gaspiller en quelques décennies les ressources énergétiques qu’on pensait éternelles, et qui peuvent disparaître à jamais par la faute de ces cupides profiteurs de l’Apocalypse que sont certains de nos contemporains. 

Elles ne passent pas par l’évasion fiscale qui a rendu 0.1 % de la population mondiale, détenteurs de 35 % des richesses globales.

 Elles ne passent pas par le nationalisme, cette plaie mue par la volonté de certains de s’approprier le bien commun au lieu de tenter de le répartir au mieux sur l’ensemble des continents. 

Elles ne passent pas par le racisme, pieuvre éternelle engendrée d’abord par les inégalités sociales. 

Elles passent par le partage, la solidarité, la compassion, la bienveillance, quatre valeurs cardinales qui ne coûtent rien qu’un peu de jugeote. Mais cela est une autre histoire. 

A ce jour, après avoir tenté d’entrevoir une issue à ce triste constat de la descente aux enfers, conforté par l’insondable réalité des chiffres datant de 40 ans, ceux du Club de Rome de 1972, un bail, qui n’ont toujours pas démentis, je m’accorde une pause salutaire en marge de ces lignes brûlantes, à regarder passer les convois radioactifs, les eaux polluées des rivières, les vents chargés de particules fines, les chiens de garde du green-business. 

Car rien n’indique que ce qu’on appelle désormais développement durable ne soit la conséquence d’une prise de conscience globale des dévastations, mais bien plutôt le résultat d’un subterfuge marketing permettant de continuer à profaner en toute quiétude, à dégrader en toute impunité. 

Le pétrole rapporte trop, de même que le charbon, le méthane ou l’atome, pour qu’ils soient remisés aussi facilement aux oubliettes de l’humanité, de plus, dans notre mode absurde de fonctionnement, la destruction des écosystèmes est le moteur de la croissance tant adoubée, bien plus que la sobriété énergétique. Cette triste réalité va nous accompagner jusqu’à notre dernier rêve d’avenir car le monde oublie que le mode de calcul de notre indice du bonheur basé sur la croissance est un leurre total, comme si nous n’existions que pour produire et consommer. Je ne doute pas que tout cela résulte d’une œuvre programmée de manipulation des esprits, d’un lavage des cerveaux par cette espèce de religion new-look dont la pub serait le Saint-Esprit. 

Merci par vos visites d’avoir bien voulu partager des moments d’angoisse et d’espoir, nous nous retrouverons toujours au gré de nos aventures communes, au fil de nos pérégrinations intellectuelles et au moment du combat d’idées. 

Si vous en avez le cœur n’hésitez pas à faire part de vos réflexions sur ce blog qui reste ouvert à la protestation permanente, car l’indignation est une bouée de sauvetage en ces temps compliqués. Je vous répondrai dans la mesure de mes compétences. 

Si les 200 000 visites reçues par ce blog à ce jour représentent certainement un encouragement à continuer d’informer, j’y trouve quant à moi l’occasion de faire un break pour éviter que la passion ne laisse place à la routine. 

Je resterai donc présent sur ces pages bien que moins disert, car après cinq ans et 1300 articles, il me faut maintenant me ressourcer et me renouveler, ce qui exige de prendre un peu de recul sur les événements durant un certain temps, ces futurs bouleversements futurs qui s’annoncent plus que tempétueux tant au plan environnemental que politique. 

Le nouveau « Croissance, Non Conscience » se fera peut-être par l’utilisation du son et de la vidéo, allez savoir. Bien entendu, entre-temps, je ne me priverai pas de pousser un coup de gueule, je ne raterai pas une bonne mise en boîte de politicien véreux, une convulsion nerveuse ou un plaisir sincère. J’ interviendrai chaque fois que l’information me paraîtra suffisamment déterminante pour être relayée. 

Je vous dis à bientôt sur ces lignes, au prochain pavé, à Notre Dame des Landes, à la Bastille ou ailleurs sur les routes de la prochaine révolution, qui ne dois pas être rouge, ni verte, mais de bon-sens tout simplement. Parce que nous ne pouvons accepter la médiocrité de cette mainmise de l’économie sur notre existence. 

Vous qui pensez à construire demain et pas à gaspiller l’immédiatement disponible, vous qui haïssez le productivisme et le consumérisme, sources de malheur à grande échelle, nous sommes faits pour nous revoir. 

En attendant, portez vous bien.

 

RAPPORT BANQUE MONDIALE JUIN 2013

La Banque mondiale craint qu’une hausse de 2°C de la température du globe se produise d’ici à 2040 et provoque des « pénuries alimentaires » et des inondations, selon ce rapport publié le 18 juin.

« Des températures extrêmes pourraient affecter les récoltes de riz, de blé, de maïs et d’autres cultures importantes, et menacer la sécurité alimentaire » des pays pauvres, prévient l’institution, ajoutant que la part des populations « sous-alimentées » pourrait à terme flamber de 90% dans certains pays africains

La communauté internationale s’est engagée à contenir le réchauffement du thermomètre mondial à +2°C par rapport aux niveaux pré-industriels, sans fixer d’échéance précise. Mais selon la Banque mondiale, ce scénario pourrait prendre corps en « l’espace d’une génération » en cas d’inertie politique à l’heure où le réchauffement a déjà atteint +0,8°C.

Les pays en développement en seront les premières victimes même si leurs habitants « ne sont pas maîtres de la hausse de la température mondiale », souligne le président de la BM, Jim Yong Kim, en préambule du rapport.

Dans les années 2030, en Afrique subsaharienne, les sécheresses et la chaleur rendront 40 % des terres cultivées en maïs inexploitables pour cette culture et la hausse des températures risque d’entraîner des disparitions importantes de prairies de la savane, menaçant de ce fait les moyens de subsistance pastoraux. Les projections annoncent que la proportion de population sous-alimentée pourrait augmenter dans les années 2050 de 25 à 90 % par rapport à la situation actuelle.

En Asie du Sud, la modification potentielle de la régularité et de l’impact de la mousson, un phénomène primordial, pourrait provoquer une crise majeure dans la région. Des événements tels que les inondations dévastatrices du Pakistan de 2010, qui avaient touché plus de 20 millions de personnes, pourraient devenir monnaie courante. Des sécheresses plus extrêmes dans de grandes parties de l’Inde pourraient conduire à de vastes pénuries alimentaires et des difficultés exceptionnelles.

Partout en Asie du Sud-Est, les moyens d’existence ruraux font face à des pressions s’intensifiant à mesure que le niveau de la mer s’élève, l’intensité des cyclones tropicaux augmente et d’importants services écosystémiques marins disparaissent avec un réchauffement qui s’approche de 4 °C.

Et dans toutes les régions, la migration probable des communautés touchées vers les zones urbaines pourrait ajouter un nombre toujours plus élevé d’habitants dans les quartiers informels, exposés aux vagues de chaleur, aux inondations et aux maladies.

Le rapport indique que les impacts à travers les régions étudiées sont potentiellement dévastateurs. Et, si le réchauffement devait passer de 2 º C à 4 °C, les multiples menaces de vagues de chaleur toujours plus extrêmes, d’élévation du niveau des la mer, de tempêtes plus sévères, de sécheresses et d’inondations, pourraient provoquer des effets défavorables très nocifs pour les populations les plus pauvres et les plus vulnérables.  Le rapport signale, cependant, qu’en maintenant le réchauffement sous le seuil de 2 °C, il serait possible d’éviter un grand nombre des conséquences les plus défavorables.

Le rapport indique que l’élévation du niveau de la mer a été plus rapide que ce qui avait été précédemment projeté et qu’il est peut-être déjà trop tard pour éviter une hausse qui pourrait atteindre jusqu’à 50 cm dans les années 2050 en raison des émissions passées. Dans certains cas, les effets pourraient se faire sentir beaucoup plus tôt. Par exemple, sans mesure d’adaptation, l’élévation de 15 cm du niveau de la mer, couplée à des cyclones plus intenses, menace d’inonder une grande partie de Bangkok dans les années 2030.

Les villes en plein essor des pays en développement sont considérées comme les sites de la planète les plus soumis aux risques du changement climatique.  Décrivant les zones urbaines comme de « nouveaux pôles de vulnérabilité », le rapport indique que les habitants des zones urbaines, en particulier les pauvres, seront particulièrement vulnérables au changement climatique.

Les quartiers informels des zones métropolitaines, telles que celles de Manille, aux Philippines et de Calcutta en Inde, concentrent d’importantes populations et manquent souvent de services de base (électricité, assainissement, services de santé, infrastructures et logements durables, par exemple).  Dans ces zones, les populations sont très exposées aux phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les tempêtes et les inondations. La chaleur extrême se fait également sentir avec plus d’acuité dans les villes.

 

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