LA GAUCHE INVISIBLE

Posté par provola le 27 mai 2013

                    

                Capitalisme, égoïsme, évasion, ce pourrait-être la nouvelle devise de la France socialiste.

Capitalisme soit l’idéologie de la dette, revue et corrigée à la sauce social-démocrate, devenue le nouvel argument permettant de se défaire des acquis sociaux et de calmer les revendications. Idéologie de la peur aussi, dominante désormais sur tout l’échiquier politique, où la défense des créanciers du pays est un dogme au lieu d’être une erreur de diagnostic. La dette est le nerf de la guerre, la rembourser est devenu la pierre angulaire de tous les programmes économiques, de gauche comme de droite. Bien que l’on sache qu’elle se sera jamais remboursée. le Japon a une dette sur PIB de 220% soit plus de deux fois la nôtre et cela n’effraye personne car tout cela n’est qu’un immense jeu de dupes, où les oligarchies se gavent et parsèment de peur les velléités d’émancipation du peuple d’en-bas.

Voilà pourquoi je m’évertue à rabâcher sur ce site qu’il y a usurpation d’identité du coté gauche. Je me demande l’intérêt qu’à la gauche , la vraie, de continuer à appeler « gauche » un parti comme le PS qui a tout oublié des valeurs de solidarité et de défense des plus démunis. Car le PS n’a rien trouvé de mieux que faire payer la dette aux plus pauvres, aux chômeurs, aux retraités, car de toutes façons, les autres, eux, ont les moyens d’optimiser leur fiscalité, de se barrer là où l’air est plus pur. Les pauvres payent la TVA, la taxe qui rapporte les plus, en achetant leur baguette et leur ticket de métro, et après il ne reste rien, il n’y a rien à placer, rien qui puisse rapporter. 

Le PS n’a rien d’un parti de gauche qu’on se le dise, enfin.

La gauche commence du coté du Parti de gauche, un peu après, car pour le NPA , le parti de Mélenchon est clairement situé à droite, car acceptant des accords électoraux avec le PS. Pour moi, c’est le NPA qui est situé à droite. Tout est affaire de point de vue, mais on ne me fera jamais prendre la colline de Montmartre pour le Mont Blanc, même de très loin.  

Revenons à la dette, cauchemar des béni-oui-oui de la religion néolibérale.

Bien entendu , en augmentant les impôts des classes moyennes, en réduisant les prestations sociales, en rognant le nombre de fonctionnaires, on réduit l’activité globale , ce qui augmente les déficits et donc la dette elle-même. Résultat, le fait de vouloir réduire la dette a pour conséquence…de l’augmenter. Cette méthode de sagouins ne marche pas, l’Italie a pratiqué la cure d’austérité Monti durant 18 mois ce qui s’est traduit par plus de chômage, plus de déficits, plus de misère. Et Monti expliquait hier face à ce bilan désastreux qu’il n’avait pas eu assez de temps pour aller plus loin dans les réformes. Dérégulation du marché du travail, flexibilité, baisse des charges sociales, des pensions, des salaires, etc. Heureusement que les Italiens ont su réagir face à cette destruction systématique des acquis de l’histoire.  

Egoïsme, la dette dépend avant tout de ce qu’on a laissé les classes privilégiées se gaver sur le dos de l’Etat. 

Les créanciers doivent être remboursés, c’est la grosse angoisse de notre gouvernement dit de gauche qui a exactement les préoccupations existentielles de son prédécesseur dit de droite. Or il apparait évident que cette dette a tout d’un vol, d’une spoliation d’une partie de la population par une autre partie. On nous rabâche à l’envie que la dette de 2000 milliards d’euros est un plafond impossible désormais à dépasser. Mais que sont ces 2000 milliards en comparaison des 11000 milliards d’euros d’avoirs des Français ? Qui en grande majorité n’appartiennent qu’à une minorité de Français. N’a-t-on pas réduit les droits de successions, ce qui permet aux fortunes de se perpétrer au delà des générations, n’a-t-on pas accordé des niches fiscales indécentes qui ont contribué à l’explosion de la dette, et plombé l’état. N’a-t-on pas bradé aux intérêts privés les pépites des autoroutes, n’a-t-on pas abusés des partenariats public-privé qui permettent aux intérêts privés de se gaver sur le dos de la collectivité tout ça en expliquant que l’état n’a plus de sous même pour investir dans des biens rentables ? On sait bien que les privés ne mettraient jamais les pieds dans une aventure où ils ne seraient pas bénéficiaires.

L’Etat n’a plus de sous, mais on lui interdit donc d’investir dans ce qui est rentable. On privatise les bénéfices, on mutualise la dette.  L’eau, le bien le plus précieux qui soit est devenu une chasse gardée des majors que sont Véolia et Suez, les quelques communes qui ont souhaité se défaire du piège du binôme ont récolté les fruits  de leur révolte. Les privés font payer très cher leur monopole.   

Evasion, n’a-t-on pas permis aux exilés fiscaux de spolier l’état par complaisance ou par pur laxisme ?  On nous explique sans sourciller que l’évasion représente un manque à gagner annuel de l’ordre de 50 Milliards d’euros pour l’état. Soit plus que l’impôt sur le revenu. La « gauche » nous explique par l’intermédiaire du ministre de l’économie Moscovici que Bercy va discuter avec les évadés pour que gentiment ils rapatrient leurs capitaux. Que l’on ne va surtout pas les effrayer, les gronder, qu’on va les récompenser de bien vouloir rentrer au bercail, de payer leur du au fisc dans le pays où s’est accumulée cette richesse.

Voilà bien le visage de cette gauche compréhensive avec les capitalistes invétérés, intransigeante avec les petits, les délaissés de la mondialisation,  

Qu’on m’explique ce qu’on s’entête à vouloir surnommer «la gauche ».

 

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