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CHYPRE ? L’EUROPE EST UNE MAFIA

Posté par provola le 23 mars 2013

Chypre est bien plus qu’une île perdue, Chypre est le symbole d’une Europe malade, malade de son évasion fiscale.

Comment ne pas comprendre que ce point minuscule est une gigantesque lessiveuse à argent sale prise en otage par les investisseurs (trafiquants) russes ? 20 milliards d’euros représentent les avoirs de magnats russes qui profitent d’une taxation des plus basses ? Les services financiers comme on dit pour éviter de parler d’évasion fiscale sont la véritable richesse du pays. Or les capitaux ne sont ici qu’en transit, blanchis avant de repartir vers d’autres cieux encore plus cléments. Comme le pays ne collecte pas ou très peu d’împots, le budget du pays se retrouve complèment exangue et l’économie au bord de la faillite.

Honteusement, l’Europe a laissé se développer cette économie mafieuse.

Ayant demandé son adhésion à la communauté européenne en 1990, Chypre en est devenu membre en 2004. 14 ans de pourparlers n’auront pas suffit aux experts de Bruxelles pour s’apercevoir du grand bluff chypriote. Ou bien consciente du problème, l’Europe n’a-t-elle pas laissé faire ? Certains avaient-ils intérêt à ce que Chypre devienne cette lessiveuse si pratique ?

(Eva Joly sur le Nouvel Obs.: « En refusant de prendre le problème à bras le corps, nous avons jeté le gouvernement chypriote dans les bras des oligarques moscovites. L’argent sale est l’ennemi de la souveraineté des peuples.

On a entendu Nicolas Sarkozy répéter à l’envi que « les paradis fiscaux, c’est terminé » et voilà qu’on les redécouvre au sein de l’Union. Est-ce vraiment une surprise ?

- Non. La répétition d’un mensonge ne fait pas une vérité. Depuis 20 ans je me bats pour dénoncer l’effet dévastateur des paradis fiscaux sur l’ensemble des économies mondiales. Nicolas Sarkozy s’est haussé du col en bluffant. On ne combat pas l’argent sale avec des paroles, mais avec des actes. Allons plus loin. On nous dit que la France vit au dessus de ses moyens, que nous devons faire des efforts, flexibiliser le travail pour en réduire le coût, rallonger la durée de cotisation retraite. Le problème serait notre modèle social. Mais pourquoi passer sous silence le fait que si le budget national est aussi mal en point, c’est parce que depuis des décennies, nous laissons prospérer et s’organiser de nombreux réseaux d’évasion fiscale ? La France y perd a minima 40 milliards d’euros par an. Lutter contre ce fléau devrait être notre priorité. Puisque François Hollande cherche des marges de manœuvre budgétaire, je ne comprends pas son immobilisme en la matière. »)

En fait Bruxelles était parfaitement au courant de la transformation en cours sur l’Ile, impossible de croire qu’on découvre aujourd’hui la tête de pont ruscof. Bruxelles feind d’être acculée à trancher dans le vif mais ce courroux est une fausse colère. Car Chypre loin d’être une exception européenne est au contraire un nouvel exemple de l’incapacité de la communauté à imposer une harmonisation fiscale, seule véritable solution  pour empêcher la concurrence et le dumping fiscaux en son sein.

L’Irlande est un Paradis fiscal, la Grande Bretagne avec sa City, la France avec Monaco, l’Allemagne avec le Lichstenstein, la Suisse est dehors mais c’est comme si elle était dedans, l’Espagne avec Andorre, le Portugal avec Madère, l’Italie avec San Marin, j’allais oublier le Luxembourg.

J’allais oublier les Pays-bas et pour expliquer ce propos, voici l’exemple de ce que peut se permetre un groupe comme Google (Nouvel Obs.) dans notre si complaisante Union européenne:

(Article Nouvel.Obs):

« Le montage juridique et fiscal du groupe américain consiste à accorder la licence d’exploitation de sa marque à des filiales dans chaque pays, moyennant le paiement de redevances qui leur permettent de réduire leurs bénéfices imposables. Les profits accumulés sont à la fin encaissés aux Bermudes, où ils ne sont pas taxés. Le système peut se résumer en trois phases :

Le transfert de la marque. google USA accorde la propriété économique d’une partie de sa marque à Google Ireland Holdings, moyennant le paiement d’une redevance (flèche 1 sur le schéma). Celle-ci est fixée à un niveau faible pour limiter ses impôts aux Etats-Unis. Google Ireland Holdings accorde à son tour la licence à Google aux Pays-Bas, qui la transfère elle-même à Google Ireland Ltd, la société opérationnelle qui emploie 2 000 personnes. C’est cette entreprise qui contrôle les filiales en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient. Ce système est connu sous le nom de « double irlandais », car il y a deux sociétés dans ce pays.

CHYPRE ? L'EUROPE EST UNE MAFIA   dans EUROPE 5464519

Le circuit des redevances. Les filiales européennes, africaines, etc. acquittent des redevances à Google Ireland Ltd (flèche 2) et réduisent ainsi leurs profits imposables. Cette société évite à son tour l’impôt sur les bénéfices en payant une redevance à Google Pays-Bas, une coquille juridique sans activité réelle (flèche 3). Cet argent revient ensuite dans les caisses de Google Ireland Holdings (flèche 4). Astuce du montage : les redevances transférées d’un pays à l’autre au sein de l’Union européenne ne sont pas taxées. Ce détour par les Pays-Bas est connu des fiscalistes sous le nom de « sandwich hollandais ».

Les profits partent aux Bermudes. Google Ireland Holdings est une société « hybride », résidente à la fois en Irlande et aux Bermudes (flèche 5). Selon une particularité du droit irlandais, cette société n’y est pourtant pas imposable car elle est considérée comme « gérée et contrôlée » aux Bermudes. Or il n’y a pas d’impôts sur les sociétés dans l’île. Les profits de Google s’y accumulent donc sans être taxés. Le groupe contourne ainsi la rigueur des fiscs, américains, français, etc. ».

Où est la solidarité, quand l’optimisation fiscale est devenue le nerf de la guerre économique ? Où est la protection des peuples quand la fuite des capitaux est le but de tout manager qui se respecte sur ce continent dévasté, livré aux trafics et aux truands?

L’Europe des peuples s’est laissée embrigader par manque de contrôle démocratique, son système politique est une hérésie, les élections mettent en place des cocus, des députés sans pouvoir réel. La Commission, le véritable gouvernement, n’est pas élue, la BCE qui est dite indépendante est en réalité inféodée à la Bundesbank. Le système financier a été privatisé au profit des banques. Les Etats ne peuvent se financer directement auprès de la BCE, obligés d’accepter des taux d’intérêts intenables alors que l’Europe dans son ensemble a une balance des paiement bénéficiaire, ce qui pourrait profiter également aux pays les plus pauvres.

Le libre-échange a été institué comme étant la loi suprême, l’Europe est le seul territoire ouvert à toutes les invasions.

Dans cette Terre de conflits, de conquêtes, de morts et de désastres économiques, une seule variable d’ajustement n’a cessée d’être mise de coté, bridée, apauvrie, considérée comme entité négligeable. Le Peuple.

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