CES GENS LA’

Posté par provola le 19 février 2013

                           Il m’a fallu 8 mois pour admettre une fois de plus que le PS n’était que la copie conforme de l’UMP, pour accepter l’inacceptable, pour me convaincre que ces gens là nous mènent tout droit en enfer. Je n’avais aucune illusion, j’ai voté Hollande comme j’ avais voté socialiste au temps où je croyais ces gens là de gauche, comme on respire, parcequ’on est obligés de le faire, comme on respire sous un tunnel en pleins bouchons du périph., à se tordre le nez de tant d’insalubres effluves.

Ces gens là voulaient renégocier le Pacte européen, las, pas une ligne du contrat de mariage teuton n’aura manqué au moment de la génuflexion face à la grande prêtresse des épargnants allemands.

L’austérité érigée en totem, les coupes sombres, les froides matémathiques, les chiffres du désastre qui s’amoncellent mois après mois et le premier grand mensonge:  » Nous inverserons la courbe du chômage à la fin de l’année »

Hollande a ainsi voulu se donner 18 mois de répit mais personne ne croit plus aux miracles. Car le pays plonge, comme ont plongé avant lui la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie. Soit la moitié de l’Europe. Comme plongeront les autres entrainés dans un jeu de dominos. Car l’Europe du sud était le meilleur client de celle du nord, et maintenant que les bons de commande se sont taris c’est le continent tout entier qui est en danger. D’ailleurs c’est maintenant l’ Allemagne qui vient d’annoncer des résultats bien peu flatteurs faisant craindre une prochaine récession. 

Au moment où le FMI commence à  avoir de sérieux doutes sur le bien fondé des politiques restrictives, notre exécutif continue dans sa cure d’austérité, la tête dans le guidon, sans se préoccuper d’une casse sociale irréparable.   

Alors comment ce blog qui se dit ouvertement anti-croissant peut-il revendiquer une politique non récessive ?

A ceci je répondrais que chaque point de PIB ne vaut pas un autre point de PIB. Un point de PIB produit par un hypermarché ne vaut pas un point de PIB produit par une myriade de petits commerces qui emploient trois fois plus de personnel pour le même service. L’Inde est excellent exemple de redistribution du PIB  en ayant conservé son petit  commerce de manière à limiter la concentration éconnomique. Je répondrais qu’un point de PIB produit par une centrale nucléaire, ne vaut pas un point de PIB produit par cinq cents éoliennes et mille panneaux solaires, qu’un point de PIB produit par la distribution d’eau confiée à VEOLIA avec des dividendes attribués à ses actionnaires ne vaut pas un point de PIB produit par une régie municipale où chaque goutte d’eau est vendue à son juste prix et la surconsommation inutile surtaxée. Un point de PIB produit en plantant des arbres pour empêcher le désert d’avancer ne vaut pas un point de PIB à détourner le Colorado pour qu’il alimente les fontaines de LasVegas.

Et si l’on vous dit que la décroissance c’est le retour à la bougie, répondez que la croissance débridée c’est le scénario du Club de Rome au cours du Vingt et unième siècle et la catastrophe climatique, la crise environnementale, la mer poubelle, le chômage de masse et le monde de Mad Max à la recherche du dernier barril de pétrole.   

La décroissance n’est pas la récession, car parler de récession à un chômeur est absurde pour celui qui désire produire sa part de PIB, pour lui la croissance c’est d’abord un boulot, un droit fondamental.

La décroissance est avant tout une redistribution des richesses, car il est impossible que certains continuent à se gaver aux frais de leurs semblables et de l’environnement ( voir l’article les riches qui détruisent la planète), elle passe par une pilule amère assennée aux oligarchies économiques.  Il est impossible de vouloir produire toujours plus avec toujours moins de personnel.

La priorité doit être mise sur la traque des paradis fiscaux qui se jouent des frontières et des bonnes résolutions onusiennes. Toutes les politiques du monde échoueront si elles ne prennent pas à bras le corps le problème de la dissolution de la richesse produite dans les paradis fiscaux, ce qui a pour conséquence de soustraire à l’impôt les fonds nécessaires à l’amélioration des conditions de vie des plus pauvres.   34 000 milliards de dollars, c’est l’estimation donnée par la banque mondiale des biens planqués dans les Paradis fiscaux sans compter les biens immobiliers et les objets de luxe. Avec un tel pactole revenu dans le giron commun, on résout pour bonne partie les disfonctionnements de l’économie mondiale, on commence à nettoyer la planète de l’accumulation des déchets qui l’ont envaillie, on lance la transition énergétique pour de bon. 

On en fini avec cette utopie de la mondialisation qui n’est pas venue du ciel mais voulue par une élite d’illuminés libéraux qui ont rêvé de refourguer leur camelote à l’ensemble des habitants de la planète. Cette mondialisation est un non-sens, la circulation des marchandises à travers la planète doit être stoppée, l’idée que la Chine à elle seule peut devenir l’usine du monde est un mirage.

Chaque kilomètre parcouru par une paire de chaussette ou une tablette numérique représente un danger pour la planète, cette distance provoque un dégagement de CO2 insupportable. Produire proche du lieu de consommation est une absolue nécessité pour contraindre le réchauffement climatique dans des limites gérables à la fin de ce siècle.

La mondialisation contrairement à une idée reçue ne permet pas de mieux répartir les richesses car les disparités dans les pays émergents tels que la Russie , la Chine ou le Brésil sont bien plus prononcées qu’en Europe. On assiste donc à l’émergence de conglomérats, de magnats familiaux et actionnariaux surpuissants, sans commune mesure avec notre vieux capitalisme. Les familles royales saoudiennes détenant le pétrole, les magnats du gaz russe , les nouveaux rois de l’électronique chinoise, ou de la sidérurgie indienne rachète des pans entiers de l’économie mondiale sans que cela profite à des peuples volontairement laissés sur le bord du chemin.

L’exemple d’Apple faisant fabriquer ses Iphone à trois sous par Foxconn et ses cohortes de nouveaux esclaves est emblématique de cette terrifiante dérive de la nouvelle économie mondialisée.

Or notre dirigence socialiste ne remet pas du tout en cause cet état de fait; Montebourg a été vite mis sous l’éteignoir, les velléités gauchisantes du front de gauche écartées sans complaisance. Le mot d’orde est « désendettement », sans qu’on sache réellement à quoi est du cet endettement.  Sans expliquer qu’une bonne part de la dette est à mettre sur le compte des baisses d’impôts et des niches fiscales distribuées aux classes privilégiées au cours des décennies passées. On pensait que ces élites allaient dépenser ce qu’elles recevaient en cadeaux fiscaux, on attend toujours.

Depardieu s’enrichit grâce aux subventions publiques attribuées au cinéma français, il se barre dès qu’il s’agit de rendre un peu du trop perçu et que dire des Aznavour, des Arnault, des Mulliez ?

La gauche de droite actuellement au pouvoir nous berne, car rien des maux de notre économie ne sera résolu au terme du mandat. Le nucléaire est sanctuarisé, les aéroports sont maintenus mêmes inutiles, les TGV doivent gagner des centimètres à l’heure, les hôpitaux et les prisons se dégradent tout en étant privatisés, les mêmes méthodes appliquées jadis par la droite et remises au goût du jour par la social-démocratie ne changeront rien à la lente agonie de l’espoir redistributif, à la souffrance de notre frèle esquif.

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