LE PAUVRE, C’EST CELUI QUI A BESOIN DE BEAUCOUP

Posté par provola le 27 décembre 2012

LE PAUVRE, C'EST CELUI QUI A BESOIN DE BEAUCOUP  dans AMERIQUE mujica-josé-comparé-a-marzouki-tunisie-uraguay2

                                  L’élection, en 2009, de José Mujica, deuxième président de gauche de l’histoire de l’Uruguay, ce petit pays souvent en avance sur son temps, aurait pu passer quasi inaperçue. Ce n’est pas le premier dirigeant de la région à ne pas appartenir au sérail politique. Et la presse tant latino-américaine qu’internationale l’a longtemps ignoré. Mais ce vieux guérillero rescapé des cachots de la dictature a une vraie particularité : il semble insensible aux sirènes du pouvoir, ­cultive son quotidien d’“homme normal”, en refusant tout protocole et 90 % de son salaire présidentiel et en continuant à vivre dans sa ferme. Il dit ce qu’il pense – au grand dam de ceux qui souhaiteraient un président avec plus de prestance… Et n’a pas peur de lancer des pavés dans la mare, telle la légalisation totale du cannabis dans une région où la lutte contre le trafic de drogue est une question prioritaire. Un président normal, un vrai, en somme ?

Il est la une du magazine Courrier International. Il apparaît assis, en jeans, sur une chaise en plastique, devant sa maison près de Montevido. Silhouette bedonnante, sourire tranquille, pas de cravate, de vieilles chaussures… José Mujica, surnommé « Pepe » Mujica, est à la tête d’un petit pays – seulement trois millions d’habitants. Pourtant, depuis 2009, depuis qu’il est président, il fait sensation. Il a dépénalisé l’avortement, sous certaines conditions. Et il s’apprête à légaliser la vente de cannabis: l’Uruguay va autoriser les habitants à cultiver cette drogue pour leur usage personnel. L’État se chargera lui-même de vendre la marijuana. Ça semble incroyable, mais pour les défenseurs du projet, ce système est bon moyen de lutter contre la délinquance, et aussi d’informer la population sur les effets nocifs de la drogue.

Pepe Mujica assume cette politique, comme il assume son style et son parcours chaotique. Avant d’arriver à la présidence, à 59 ans, il a passé quinze ans en prison, dont neuf ans à l’isolement total. Il a payé très cher son engagement chez les Tupamaros, la principale guérilla urbaine du pays, qui luttait contre la dictature. Quand il était derrière les barreaux, il est presque devenu fou. Il entendait des bruits. La lecture et l’écriture lui ont sauvé la vie. Lorsque la démocratie est revenue, Pepe Mujica s’est lancé en politique, à gauche, jusqu’à son élection il y a trois ans.

Dans Courrier international, la presse d’Amérique du sud reste ébahie par le style de Pepe Mujica. Le président refuse d’habiter le palais présidentiel. Il préfère vivre dans une ferme, avec son épouse qui est sénatrice. La maison est sommaire : une seule chambre et un toit en zinc. En tant que président, Pepe Mujica touche 10.000 euros d’indemnités, mais il en reverse 90%, notamment à un programme de logement des habitants les plus pauvres. Est-ce de la démagogie ? Apparemment non. Le seul « luxe » du président est une Coccinelle bleue, achetée en 1987. Pepe Mujica refuse la société de consommation. Il cite les philosophes de l’antiquité : « le pauvre, c’est celui qui a besoin de beaucoup ».

L’Uruguay est le pays le moins corrompu du continent, et un des plus heureux:

http://www.youtube.com/watch?v=w_vi64PQAtA

(Article de Courrier International)

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