DEPARDIEU: LA VIE S’ARRÊTE À NÉCHIN

Posté par provola le 14 décembre 2012

                         

      WP_001422    L’arrivée de Gérard Depardieu en scooter à Néchin, Belgique, pour échapper au fisc français est le symbole d ‘un dérapage incontrôlé, celui d’une époque malsaine, celle des dinosaures fiscaux en fuite avant l’extinction finale, celle des minables reconnus, des rois maudits, des gros porcs, des bidons rouillés, des héros défroqués en pleine implosion sociale. Néchin, ‘est l’histoire d’un bled avec son église, à peine plus grand qu’un poulailler, et sa pataugeoire, ses champs de betteraves et ses exilés fiscaux, planqués dans la luzerne, une rue pleine de maisons en briques, qu’on dirait en ruines tellement qu’on entretien cette image anonyme.

La France est de l’autre coté de la rue, la Belgique ici ressemble à un bar à frites sans putes, on y sent l’huile bien grasse comme la bile des gens inquiets de peur qu’on vienne éveiller les soupçons ou soulever les matelas épais comme des édredon en cachemire.

Ici Depardieu est le dernier arriviste arrivé, le plus petit aussi, tellement petit qu’il lui a fallu réserver son strapontin aux boss du coin, au double du prix. Néchin, c’est le Calais des riches, les clandestins sans papiers veulent s’éclater à Londres, les évadés du fisc veulent se planquer à Néchin. Les uns rêvent d’ exister, les autres de disparaître.

La taxe d’entrée, c’est la renommée, le profil, à Néchin, on n’accepte pas les petits commerçants. Ici, il y a le marché des nouveaux arrivants tous les mercredis, c’est écrit sur le panneau à l’entrée du zoo à fortunes, ici c’est du lourd, la famille Mulliez, propriétaire d’Auchan y a construit son cloaque, la famille Carrefour l’a rejointe pour y jouer une belotte à la santé des couillons qui emplissent leurs caddys de l’autre coté du mur de la honte. 

Ne cherchez pas, à Néchin il y a pas de banque, on est pas à Genêve ou à Monaco, pas de Casino non plus, rien que des champs de betteraves et des téléphones satellitaires qui suivent l’évolution des cours de bourse à NewYork ou à Hong Kong. 

On se souvient que le Christ s’était arrêté à Eboli, Néchin est si loin d’un lieu de vie que la vie elle-même y a disparu comme aspirée dans un piège à vacuité. Les grosses bagnoles sont planquées, les apparences trompent le facteur qui a perdu l’ adresse du dernier curé.  

Dans cette banlieue paysanne, plus pourrie qu’une cahute de fortune au bord du périph, en rive de nulle part, paumée aux quatre vents d’hiver, si froide qu’on dirait congelée à jamais dans un frigo de supermarché, plus rien n’existe que la volonté d’un mec déjà mort, d’échapper à son destin, d’emmener dans son trou ses valises en carton Hermès, ses merdes et ses biftons, à l’abri des regards des dérobés honnêtes .

 

Laisser un commentaire