LE TEMPS DES CHIENS DE GARDE

Posté par provola le 8 novembre 2012

                                    L’espoir d’un changement nous faisait hurler avec les loups, maintenant que les loups sont des caniches tondus, il nous reste un silence assourdissant qu’aucun marchand du temple ne saura nous enlever. 

                                   Le Messie noir américain est conforté sur son trône, bien qu’en étant tombé de son piédestal de vedette du prolétariat. La gauche triomphe, partout, aux USA, comme en Chine, en France. Réjouissons-nous !  Si la situation politique semble se convertir en une victoire des forces progressistes, la réalité semble bien moins enthousiasmante pour notre sensibilité égalitaire. Car enfin:

Hollande, chez nous, en bon socialiste des pauvres, se convertit au dogme de la baisse des charges, ces charges vous savez, ces lourdes charges appelées salaires qui pèsent sur les épaules de ces pauvres entreprises qui paient trop d’impôts et de taxes, ces boîtes pleines d’employés pas compétitifs du tout qui réclament des salaires, hors de prix, les salauds.

Obama en reprend pour quatre ans, pensant imposer son Welfare aux forces réactionnaires de droite. Hollande, lui, met le couvert pour cinq ans et  pourtant je reste tristement pantois, sans illusions, totalement muet face à ce qui aurait pu représenter un réel espoir d’ avancées sociales et environnementales ? Comment est-il possible de rester à ce point impassible ? Cela est possible car en dépit des trompettes et de la commedia dell’ Arte, l’électrocardiogramme de l’humanité reste désespérément plat. J’avais déjà plus que des doutes à l’arrivée du chevalier noir et son cheval blanc, j’en ai plus encore au terme d’un premier mandat plus que poussif. 

Bref qu’attendre d’un tel déferlement de faux-semblants ? Rien, car à bien y regarder, il ne se passe strictement rien sur la planète, malgré l’apparence trompeuse des médias en tenue de soirée. Il n’y a rien à craindre pour la minorité de super-riches qu’ils habitent à l’ouest, à l’est, dans les pays du golfe ou en Asie, comme si leur capital les mettaient à l’abri de quelque révolution que ce soit.

Une planète résignée désormais à voir le thermomètre grimper et les tornades défiler comme au 14 juillet à cause du comportement irresponsable de ses élites.

L’homme soi-disant le plus puissant du monde reprend son sceptre en bois, pieds et mains liés par des sponsors qui auront dépensés la bagatelle de 1 milliard de dollars pour assurer leur avenir. Ce succès annonce rien moins que la poursuite du développement de l’exploitation des gaz de schistes qui rendront aux Usa la place de numéro un des producteurs d’énergies fossiles et leur place de numéro un des pollueurs qui leur va si bien. Ce succès rassure les marchés qui voient en cette élection la poursuite de la politique de la planche à billets et des taux bas. On assurera ainsi au bon peuple, des supermarchés et des crédits pas chers, mais surtout de continuer de s’endetter pour continuer de consommer, de continuer à se pâmer à propos du dernier Smartphone ou à craquer pour la dernière bagnole sortie des chaines de Detroit.

Qu’on ne me dise pas que cela eut été été pire avec Romney. En parfait Républicain, ce bougre aurait assumé une politique dure de retour du bâton pour les latinos et les couches de population vivant sous le seuil de pauvreté, il aurait appliqué tout de go les poncifs libéraux, la baisse des impôts pour les plus riches, la misère des étales pour les travailleurs, il aurait profité des paradis fiscaux à ciel plus ouvert, il aurait réduit l’Etat à une succursale des lobbies industriels et militaires. Tout ce que je hais et je j’essaye de dénoncer.

Mais on aurait au moins vu clair dans son jeu et le peuple aurait eu une chance de se réveiller de sa torpeur consumériste.

Alors qu’Obama en étant censé se positionner en contradiction avec cette politique néo-libérale ne s’en distinguera en définitive que par des attitudes faussement gauchisantes, par une rhétorique moins guerrière, plus édulcorée. Le sauveur des salons de haute couture emploiera des mots plus soft qui changent l’aspect et la perception des choses sans réellement en modifier la logique ou la réalité.

Ainsi ceux-là mêmes qui l’ont élu, pas le peuple mais le lobby militaire, le lobby juif, et celui des armes à poing, et celui des pétroliers, et celui des banquiers, tous ces lieux de pouvoirs occultes qui se substituent à la volonté du peuple, à sa souveraineté, ceux-là qui attendent en retour des lois favorables à leurs revendications, ces vautours là peuvent dormir tranquilles.

Du coté de chez nous la même tristesse qui n’est que la poursuite de l’illusion libérale, qui n’est libérale que pour une minorité de possédants se foutant pas mal des réductions d’impôts promises car étant déjà fiscalement optimisés de l’autre coté d’un paradis à cocotiers en or. Des socialistes ayant grandi sur les bancs d’une école libérale, voyant en la réduction des charges patronales une chance pour la création d’emplois. Le gouvernement évalue à 300 000 le nombre de créations d’empois pouvant résulter de la baisse de 20 milliards des charges sur les entreprises.

Si cela était le cas, pourquoi ne pas baisser tout simplement de 200 milliards d’euros les charges salariales ce qui devrait totalement faire disparaître le chômage ?

Pendant ce temps là, de ce coté-ci et de ce coté là de l’Atlantique, rien sur les paradis fiscaux, pas un mot sur l’évasion fiscale comme s’il fallait que la société officielle s’accommode d’une ponction toujours plus importante de ces quelques privilégiés qui profitent d’un système de soustraction, de dissimulation des bénéfices.

Je compare souvent notre système économique mondial, la mondialisation comme ils disent, à notre univers rendu plus transparent par les télescopes géants. Grace à ces engins nous savons non seulement que notre univers est en expansion mais également qu’il se développe de plus en plus vite, mais aussi que cette expansion ne s’explique que par la présence d’une matière impossible à distinguer que l’on a appelé matière noire. Et bien l’économie globalisée ressemble à cet ensemble incohérent mais pourtant réel, un libéralisme de façade, un mécanisme bien huilé de fraude à grande échelle, un transfert légal, une mystification de la réalité, apparemment une compétition régulée obéissant à des règles de vases communicants, des plus et des moins, des bilans consolidés, mais aussi des comptes occultes, des trous noirs de la finance, des avaleurs de matière et de bénéfices, appartenant à une petite caste d’accumulateurs de particules fines et de paillettes dorées.

Les trous noirs sont la face cachée de l’économie mondialisée, ils en avalent la richesse et ne rendent à la vision des honnêtes contribuables que les trognons de pommes, et des écrans de fumée, des farces à audimat et les fesses refaites d’une star aux seins lourds. Les paradis fiscaux, je ne le répéterai jamais assez et ce n’est pas moi qui le dis mais la banque mondiale, c’est 10 millions d’individus fortunés possédant 35 000 milliards de dollars soit 20 % de la richesse mondiale, sans compter la richesse annexe des yachts, des bagnoles et des putes de luxe et ce taux n’est pas près de se réduire. Cette farce des peu de gagnants et des milliards de perdants, ces marchés opaques, c’est 27 millions d’individus qui possèdent 45% de la richesse mondiale.

Je répète cela comme certains chiens de bergers des magnats s’ingénient à répéter la liturgie libérale sur des médias à leur botte, passant le même disque chaque jour, lancinant, le disque de la compétitivité.

Le disque de la montée en gamme, de la compétitivité hors coût, de ces cracheurs de feu et des mots creux qui croient que les Chinois vont s’en tenir à la fabrication des baguettes en bois et des vélos aux roues tordues.

Alors oui, à quoi bon hurler à la mort, face à ce jeu de poker menteur, qui n’est que la stricte application des lois du marché de dupes. Ce fameux marché aux contours occultes, dominé par les mêmes intérêts globalisés, à l’abri des planques fiscales.

La politique d’Obama et de Hollande obéit aux quelques principes dictés par les vingt sept millions d’ultra-riches, ces rentiers qui ont mis à l’abri leur progéniture pour les siècles prochains, qu’ils soient arabes, juifs, Mormons ou communistes chinois, ou boss d’une mafia. Cette politique obéit au FMI, à la BCE, au Parti communiste chinois, au gouvernement israélien, aux princes arabes, tous ces clans de la finance organisée, ces factions, ces gardiens du temple, ces Bastille de la spoliation des peuples.

Cette politique du complot qui ne serait qu’une théorie, cette logique d’ accaparement systématique des richesses, qui réclame de temps en temps son du, sa dime aux masses laborieuses, en organisant une sorte de sanctification des élites bien pensantes et des marionnettistes patentés, en lâchant aux chiens errants une gamelle d’espoir, au peuples en mal de reconnaissance un bol d’oxygène.

Car en réalité les grands messes électorales ne sont plus que des faux-semblants de démocratie, des mascarades à opinions, des hologrammes de foires d’empoigne,  manipulant les foules, ces troupeaux de brebis consentantes qui n’ont en définitive que le choix de la dépendance aux possédants, qui ne peuvent qu’ adouber des classes dirigeantes inamovibles, qui ne vivent que pour contempler l’immuable ordonnancement des classes sociales.

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