LA CROISSANCE DE LA SOBRIETE

Posté par provola le 7 mai 2012

                                

                                   Au lendemain d’une élection s’étant gagnée sur le thème de la Croissance, CNC ne pouvait pas éviter de revenir sur la contradiction existant entre une logique d’augmentation de la production et une autre de sobriété des comportements.

Le nouveau Président envahi des mêmes certitudes consuméristes que son prédécesseur n’a en réalité pour seul but que de mieux répartir les richesses produites, de relancer le pouvoir d’achat des classes moyennes et défavorisées avec tout de même un effort particulier devant être mis sur l’éducation.

Mais le souci de justice sociale ne doit pas être une fin en soi mais bien plus le viatique à l’acceptation par l’ensemble de la population de mesures drastiques de réduction des gabegies et des gaspillages. L’égalité ne servirait à rien si l’on fait croire que tout le monde pourra un jour se comporter comme le font les privilégiés d’aujourd’hui. L’égalité pour l’acceptation pour tous de la frugalité oui, l’égalité pour devenir tous autant que nous sommes des destructeurs de l’environnement non.  

Ainsi, les solutions prônées ne sont pas tant celles d’une prise de conscience  de la dangerosité de notre système économique globalisé, mais au contraire notre nouveau Chef  en bon social-démocrate s’appliquera-t-il sans doute à simplement gommer certains travers du capitalisme sans en  modifier ni les comportements ni les dérives.

Autant dire que le changement proposé ne l’est qu’à la marge, autant avouer tout de suite que si la croissance est le but ultime , la perspective unique, alors aucun  des maux dont souffre notre planète ne sera réellement pris en compte.

Car il ne faut pas simplement vouloir édulcorer un système qui nous mène contre le mur, attribuer des bons de réduction, distribuer des points de retraite, il ne s’agit plus de finasser à l’extrême, de caresser les marchés, il faut tout au contraire harponner les 5% de grands spoliateurs qui possèdent la moitié des richesses mondiales, qui font fi des frontières, se débarrasser de dettes illégitimes, qui n’ont fait que dérober des Etats désormais exsangues au profit d’une caste omnipotente. Et cela est une toute autre histoire.

20% des habitants de la planète consomment 80% de ses ressources, 250 multinationales représentent 50% du PIB mondial, et se foutent bien de notre calendrier républicain, ce cadre désolant est à confronter aux perspectives strictement hexagonales pas plus importantes que la réalité monégasque au plan des enjeux planétaires. 

Lors du Sommet de la Terre, à Rio de Janeiro en 1992, les Etats, prenant conscience de l’ampleur des atteintes à l’environnement, avaient annoncé leur décision de réduire la pollution, de lutter contre la désertification et de défendre la diversité biologique ; 180 Etats s’étaient dotés de l’Agenda 21 (plan d’action pour le XXIème siècle) référentiel regroupant 2500 recommandations, énumérant des principes d’action, des objectifs et les moyens nécessaires à leur réalisation.  En 1993, à Vienne, la Conférence mondiale sur les droits de l’homme avait insisté sur le droit des populations à un environnement sain.
Vingt ans après, rien ou presque ne s’est passé, la situation environnementale est de plus en plus préoccupante : la cause en est aux mauvaises habitudes, aux législations négligentes, à la pression des pouvoirs économiques, aux délocalisations vers des pays où les normes environnementales sont faibles. Un renversement de tendance est non seulement encore possible mais dramatiquement nécessaire.

Notre nouveau Président investi de sa toute récente légitimité doit s’inscrire dans ce schéma mondial de réveil des consciences, non pas s’enfermer dans sa logique de relance productiviste.

Malgré la gravité de la situation, les experts auprès de l’ONU estiment que des changements importants de politiques et de pratiques peuvent encore renverser la tendance. Mais il faut réviser rapidement et complètement nos façons de faire. Selon eux, il est urgent que l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), par exemple, change son approche et prenne enfin en compte la question de l’environnement et des ressources naturelles.
Il est urgent aussi que les Etats qui avaient signé et ratifié les diverses Conventions Internationales sur la biodiversité, la lutte contre la désertification, le réchauffement de la planète tiennent leurs engagements.
Beaucoup de choses auraient déjà pu être faites. Pour diminuer la consommation d’énergie, réduire la production de déchets et la pollution, nous devons certainement changer nos habitudes (économie d’énergie, énergies renouvelables, consommation locale et de saison etc). Il est indispensable que les Etats mettent en place des réglementations et des contrôles stricts et n’apportent plus leur soutien aux activités destructrices et polluantes. La société civile dans ce domaine a un rôle majeur à jouer pour faire pression sur les décideurs et pour faire changer les modes de consommation.

De tout cela nous n’avons rien entendu dans le discours de notre nouveau Gourou de Corrèze, comme si l’accordéon allait nous sauver de notre désespérance ambiante, comme si les vieilles recettes mercantilistes  pouvaient soigner les plaies béantes qu’elles ont contribué à ouvrir.

Le symbole de toutes ces simagrées n’est-elle pas la volonté affichée de fermer la centrale de Fessenheim, message réducteur à l’adresse des troupes vertes mais en réalité une façon de ne rien faire qui fâche le lobby nucléaire et qui remette en cause le pouvoir de l’atome. De la même manière que Flamby ne veut surtout rien bouger dans l’énergie, il ne veut pas fâcher la pensée unique de la croissance, cette illusoire lune qui voudrait qu’on puisse continuer de tout gaspiller à un rythme incompatible avec les possibilités de renouvellement de la planète.

Alors me direz-vous, comment gagner une élection si l’on explique au électeurs que notre façon d’être et de raisonner est d’ors et déjà à placer aux oubliettes si l’on veut donner un lendemain à nos enfants et pas seulement un enfer de plastique, de masques à oxygène ? Ne voit-on pas que la conscience populaire n’est toujours pas prête à entendre que tout est à revoir et avant tout notre rapport à la vie ?

Pourtant les échéances irréparables se rapprochent à grands pas, celles où l’on ne pourra plus se contenter de demi-mesures et des Hollandes, des infirmeries et des ambulanciers, le temps approche ou la révolution des consciences nous sera de toutes façons imposée par l’explosion incontrôlée des dérèglements environnementaux.

 

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