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ON FAIT SEMBLANT

Posté par provola le 20 mars 2012

                               

                           Après les tueries de Toulouse et Montauban, à évidentes connotations racistes, une levée de boucliers s’est opérée, une armée de bonnes consciences s’est mise en marche, un peuple s’est cru plus beau qu’il n’est réellement. Après le temps du deuil et de la compassion vient le temps de la réflexion.

Qu’il y ait des tarés dans la société, cela a toujours existé, qu’un pédophile ou un détraqué sexuel se laisse aller à assouvir ses pulsions et à massacrer sa victime, on est habitués à ce genre de drames, lundi, en même temps que se déroulait le drame de Toulouse une jeune femme a été violée et a été tuée par son agresseur dans des conditions atroces, (Les résultats de l’autopsie de l’adolescente n’ont pas été dévoilés mais le procureur a rapporté que le meurtrier s’était « particulièrement acharné » et que son corps présentait plus de 50 plaies de couteau. La jeune fille de 14 ans, en rupture et suivie par les services sociaux, semblait être sur le point de se rendre chez sa mère dimanche soir, après des échanges téléphoniques qu’elles avaient eus, lorsque sa route a croisé celle de son meurtrier ) et cela est passé quasiment inaperçu.

Alors quand survient l’impensable, on fait les étonnés, on fait semblant de croire que notre société est imprégnée de vertu, que nous sommes la Patrie des Droits de l’homme, des Lumières et qu’on est à l’abri des tordus, que ces événements sont impossibles chez nous. Alors que les incivilités sont le quotidien de millions d’entre nous, que l’insécurité est le cancer des quartiers. 

On fait semblant de croire que la stigmatisation quotidienne des communautés, thème majeur d’une politique dite de sécurité, que l’utilisation de la notion d’ identité nationale sur fond de nationalisme, que tout cela n’a aucun effet sur les consciences.

On fait semblant de croire que la mise en concurrence généralisée des individus, principal poumon du capitalisme mondialisé n’a aucune influence sur leur comportement.

On fait semblant de croire que la ségrégation des couches sociales défavorisées, que la préservation des ghettos, que la paupérisation d’une partie toujours plus importante de la population, que la misère sociale ne sont pas le terreau de la violence.

On fait semblant de croire que le désengagement de l’Etat dans ses fonctions régaliennes ne laisse pas de traces.

On détourne le regard pour ne pas voir ce clochard qui vous tend la main, mais on achète le DVD des restos du coeur, on fait mine d’applaudir l’équipe de France Black-Blanc-Beur, mais trouver un emploi est un exploit pour les noirs.   

On refoule les millions d’affamés du Sahel et on s’arroge le droit d’envahir les piscines du Club Med situées dans le désert, on élève des barrières de barbelés, on double tour, on caméra de surveillance, on redoute les Tsiganes qui exploitent leurs enfants, on ferme les yeux quand les dictatures nous fournissent le pétrole, on vend des armes à nos ennemis.  

On accepte qu’un milliard d’humains n’aient pas accès à l’eau, à la nourriture, des milliers d’enfants meurent chaque jour de malnutrition (4000 à cause de l’eau contaminée), de manque d’hygiène, de diarrhées, de vomissements, de maladies pourtant facilement traitables.

Tout ce qui divise laisse place à la haine, tout ce qui rassemble nous rend plus fort, plus humains. Tout ce qui contribue à défendre les privilèges, les abus de pouvoir et de positions dominantes, tout ce qui permet à une minorité de confisquer au peuple sa souveraineté anime les rancœurs, le sentiment d’injustice. Les inégalités alimentent les colères, les frustrations, les envies de vengeance.

De même, l’instrumentalisation des désirs matérialistes cherche à réduire l’homme à sa seule fonction de consommateur et cette dérive conduit certainement à une dégradation du vivre ensemble; l’affichage intempestif de la sexualité, de la violence, l’exacerbation des différences idéologiques et culturelles, à des fins bassement économiques, concourent à la destruction des repères moraux.

La destruction des écosystèmes est aussi le résultat de notre incurie et de notre égoïsme, mettant en cause la survie des générations suivantes, en ce sens nous sommes tous coupables d’un génocide programmé, de l’ extermination de nos propres petits-enfants.

Les sept victimes de Toulouse auxquels j’associe la victime de Nantes ne seront pas mortes pour rien si nous sauront nous imprégner du message qu’il nous ont livré malgré eux.

L’assassin de Toulouse sera retrouvé et on le désignera à la vindicte populaire mais gardons-nous de notre propre indifférence, de notre propre violence comportementale, si le tueur fou est un coupable isolé, nous sommes tous responsables d’une folie meurtrière à l’échelle planétaire.

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