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EAU SECHE

Posté par provola le 9 mars 2012

EAU SECHE dans ECOLOGIE

                            

                                Nos rivières sont malades, et pas seulement chez nous, partout, ce qui veut dire que l’humanité pompe plus d’eau qu’elles ne peuvent nous en donner. les périodes de sécheresses des cours d’eau sont de plus en plus récurrentes et la tendance n’est certe pas à l’amélioration. 

Une étude publiée sur « PLOS ONE », indique clairement une diminution inexorable du débit des rivières au plan global, ce phénomène étant principalement du à l’exploitation exercée par les activités humaines. L’agriculture,  l’industrie et la consommation domestique ont une empreinte hydrique comportant de graves conséquences écologiques et au-delà socio-économiques. Tous les cours d’eau mondiaux sont en alerte rouge, ce qui comporte de graves risques pour une population vivant à proximité immédiate d’une rivière et évaluée à 2.6 milliards d’individus. 

La recherche en question réalisée par le WWF a étudié 405 bassins fluviaux répartis sur la planète. Mois après mois, les chercheurs ont étudié le débit de chaque fleuve sur une période de 10 ans , de 1996 à 2005. Le résultat de l’étude est très clair, pendant un mois de l’année 201 fleuves sur 405 sont totalement à sec. Dans certaines régions du monde, comme dans le cas de l’Indus, du Rio Grande, du Colorado (° voir ci-dessous) ou du Murray-Darling en Australie, ces fleuves parmi les plus importants sont à sec durant toute la saison la moins arrosée. Ce phénomène a alors entraîné une disparition de la biodiversité et une perte économique dramatique. 

Un exemple de la surexploitation des rivières nous vient de l’agriculture qui par la multiplication de la culture en serres, a besoin de grandes quantités d’eau tout au long de l’année alors qu’auparavant, on n’avait pas besoin d’eau durant la saison de repos végétatif. Maintenant, on fait pousser n’importe quoi, n’importe quand et les besoins en eau sont en augmentation exponentielle.

Non contents de prélever notre ration aqueuse, nous gagnons également sur les terres longeant les cours d’eau qui ont toujours été au long des âges une zone tampon absorbant à la fois les crues et stockant d’énormes quantités d’eau. A l’heure actuelle il s’agit plutôt de contenir les crues par des protections, des murs, des digues qui canalisent l’eau mais ne permettent pas de contenir son flux. La végétation est peu à peu remplacée par du béton, des protections imperméables, l’eau s’écoule mais n’imprègne plus les sols. Les terres alluvionnaires ont été envahies par la culture intensive, les bois et plantes aquatiques qui poussaient naturellement ont été remplacés par les céréales qui nécessitent toujours plus d’eau. 

Très peu de fleuves ont ainsi conservé leur aspect originel, et en premier lieu leur berges vertes, inutilisées, englouties au moment des crues, mais si utiles en période sèche.

Je ne me situe surtout pas du coté des censeurs car chacun de nous est responsable de cette détérioration qui semble inéluctable, souvenons- nous pourtant que la meilleure économie est constituée de tout ce que nous n’utilisons pas.  

Une campagne gouvernementale récente au Brésil, souhaitant sensibiliser la population à la surexploitaion de l’eau douce avait proposé comme mesure exemplaire tout simplement d’uriner sous la douche , ce qui a l’avantage d’éviter d’avoir plus tard à activer une chasse d’eau.

Ne souriez pas, cette mesure de salut public mondial ( qui s’adresse à tous les humains assez riches pour pouvoir  se payer une douche par jour, les  autres, qu’ils me pardonnent mon charabia insensé, plus d’un milliard d’humains n’ont pas accès à l’eau potable) est bien plus importante que tout ce que peuvent proposer nos candidats à l’investiture dans notre petit royaume qui stocke à peine 1% de la population mondiale. Tout cela parrait dérisoire comme de jeter un mégot par terre sauf que cela oblige à ce que quelqu’un d’autre se charge le ramasser à un moment ou à un autre.

Je me souviens de la petite bassine emplie d’eau froide dans cette cuisine que le soleil n’atteignait jamais en hiver. Il fallait être costaud pour y plonger orteils et viscères, la douche durait 5 minutes et l’on était content d’en sortir vivant. Aujourd’hui la douche ressemble à une visite guidée au pied des cascades du Niagara.

 ° Un cas emblématique: le Colorado

Le Colorado tend à s’assècher, et son débit diminue chaque année (le fleuve a perdu un tiers de son débit entre 2002 et 2010), pour au moins trois grandes raisons,

  • Des prélèvements croissants : ils sont dû à la consommation d’eau pour les besoins de 30 millions de personnes vivant dans 7 états et deux grandes régions, à la consommation industrielle d’eau, mais surtout à l’irrigation (de plus en plus importante dans le bassin versant, qui occasionne d’importants pompages).
  • L’empoussièrement de l’air qui rend la neige plus foncée et chargée de poussières, ce qui la fait fondre plus rapidement. Le sol foncé dégagé plus vite se réchauffe plus vite, ce qui accélère encore la fonte de la neige. Le ruissellement est alors plus important et plus rapide, laissant moins de temps au sol pour s’imprégner de l’eau de fonte des neiges
  • le forçage radiatif dû à l’effet de serre, qui aggrave les effets de l’empoussièrement et modifie le régime des neiges et de la fonte printanière des neiges. Le réchauffement combiné à l’augmentation des sols exposés à la lumière et déneigés augmente l’évaporation et l’évapotranspiration. 
  • Sur la base de ces facteurs, les modèles climatiques prévoient des pertes de ruissellement de 7 à 20 % à l’échelle du bassin du Colorado pour le XXIe siècle

 

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