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BADIOU: CRITIQUE DE LA DEMOCRATIE

Posté par provola le 3 mars 2012

                     Des gens se sont battus pour nous permettre de voter, la démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres, autant de fadaises ancrées dans la pensée collective, qui reflètent le dictat de la pensée dominante. Cette pensée gangrenée par le pouvoir économique, assénée par une oligarchie, dont la volonté est de surtout ne rien changer.

Alain Badiou revient sur cette notion de la perversion de la démocratie qui au prétexte qu’en un moment de l’histoire elle aurait permis d’améliorer le fonctionnement de notre société aurait également empêché comme par enchantement aux lobbies , aux groupes de pression, aux oligarchies dominantes d’exercer une main mise absolue. Ce qui n’est évidemment pas le cas.

http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/alain-badiou-critique-la-34077 

Badiou cite l’exemple du mouvement des indignés qui prend possession de la place et exerce un droit de critique que la démocratie lui réfute, une autre idée fausse est d’imaginer qu’une majorité électorale permet forcément de dégager une vérité, ce qui tendrait à penser que la majorité a obligatoirement raison. Des dictatures se sont imposées par les urnes, de la même manière celles-ci n’ont-elles pas amené au pouvoir dans les pays du printemps arabes des islamistes pur jus en Lybie ou en Egypte ?

Défenseur du droit des peuples, Badiou se gardera bien d’aller voter en avril prochain, il nous réserve sa prochaine parution à cette occasion où il espère bien participer au débat.

A cette interprétation respectable, je répondrais qu’elle ne vaut que pour une élite libérée des craintes et des prisons de l’esprit et qu’il ne fait pas bon chanter la berceuse au peuple endormi, que c’est le cantonner pour les prochaines décennies à une hibernation consentie. Pourquoi conforter les perdus et les déçus du système à se désintéresser de la sorte de la vie de la société, ce qui contrairement à ce qu’en attend Badiou me parait contraire à l’éveil de tout esprit critique ?

A Badiou, je réponds: prenons notre destin en main.    

PRENONS NOTRE DESTIN EN MAIN

Cette fois ça y est, on entre dans le dur de la campagne, on bricole sur ce qui pourrait déboucher sur le contraire d’une mélasse environnementale ou d’une guimauve politique.                                      

Combien de fois ai-je pesté contre des Socialos pas plus de gauche que l’ombre de Mitterrand ou la Porsche de DSK ? Combien de remords, à devoir miser sur une bande de masqués au coeur de pierre ? Nul doute ces gens ne sont pas de gauche et pourtant il me fallait bien me résoudre à choisir ce pire moins désastreux que la contamination des moi. Tonton, Jospin, Royal, non, Chirac, non , jamais, car Le Pen n’y serait jamais arrivé de toute façon. Combien de couleuvres avalées, de claques reçues, de frustrations ? 

Mais il nous faut regarder devant, et l’horizon n’est pas clair, à y dénicher l’omniprésence du Président-candidat. Personne n’en veut plus mais le PACS érigé en orfèvrerie de la pensée unique dicte son schéma directeur avec une sempiternelle efficacité. De Funès a fait le vide dans les pensées et tout concourt à sa réélection .

Personne n’en veut plus, mais qui d’autre avons-nous, entend-on partout ? La réponse immédiate qui devrait fuser, à en juger par la terre brûlée qui est le résultat du septennat, devrait être: n’importe qui d’autre. Mais la peur a pris le dessus, la torpeur un peu, car pour certains, ceux qui votent, il reste quelque chose à défendre, à préserver, l’appart, la pension de retraite, l’épargne, et ceux qui n’ont rien de tout cela et qui y croient encore se disent qu’ils sont si intelligents en hauts lieus qu’ils vont bien finir par trouver la solution. 

Car la propagande agit à coup sûr, à coups de matraquage médiatique, à haute dose d’idéologie néo-libérale, de conditionnement pavlovien, de peur distillée à coups d’annonces, d’interviews, d’omniprésence, de revirements, de spectacles infligées. Car on voit bien que ça va mal, mais attention, nous raconte-t-on à longueur d’écrans politiques, ça pourrait aller beaucoup plus mal. Et l’UMP a les rênes du jeu de dupe, car la gauche qu’on annonce n’est qu’une pâle copie de la même maladie.

On appelle « gauche », une espèce de bourgeoisie feutrée, un courant d’idées réactionnaires, un colloque de rentiers, qui n’est pas une gauche, on explique que l’équilibre est fait , que le temps d’antenne est partagé équitablement, et le PS se satisfait de cette situation en trompe l’oeil. Car le PS en réalité ne remet rien en cause et surtout pas le montage constitutionnel qui le consacre comme unique opposant à la logique libérale. Le PS s’oppose à la marge, pas à la croissance, pas aux profits des monopoles appelés « utilities » comme si l’on pouvait trouver une utilité aux pilleurs de richesses.  

Non, l’opposition ce n’est pas le PS, ce n’est pas le fascisme larvé du Front déguisé en nationalisme autoritaire; ce n’est pas le Front de gauche marginalisé, plombé par l’histoire et pulvérisé au milieu de disputes d’un autre âge, bien que seul à remettre en cause la logique libérale; ce n’est pas Europe écologie-Les Verst, ce jardins d’écoliers qui ont plus de noms que d’idées, écolos embrigadés par un confort de rôle, stérilisés par leurs querelles, transis de sollicitude à l’égard des strapontins dorés, légions au pas feutré qui leur fait accepter le silence des moquettes républicaines.   

Où est l’opposition alors, me direz-vous ? A cette question, je répondrais: l’opposition, c’est vous, c’est nous qui pouvons par la force des réseaux sociaux nous libérer du joug des médias, du piège électoral. Je ne m’adresse pas ici aux démocrates invétérés qui considèrent que la démocratie c’est une fois tous les cinq ans comme une pornographie programmée, comme on tire sa femme pour mieux profiter ensuite des soirées foot. 

Je m’adresse à ceux qui ont perdu espoir, qui se disent que ça ne sert à rien, qu’Il va repasser parcequ’Il a les armes, le savoir, le potentiel, qu’Il a tout pour réussir, même un bébé.

Justement, c’est là que vous entrez en jeu, comme ces radios de 1981, qu’un jour on a dites « libres » et qui ont disparu car   on en a brisé l’antenne, de peur de l’onde.

Vous êtes sur Facebook, vous tchatez, vous draguez, vous palabrez, vous devisez, vous vous marrez sur internet, vous vivez d’une forme incontrôlable par le pouvoir économique car vous êtes les plus nombreux. Et vous pouvez dire : ça suffit les conneries. Profitez de votre temps d’antenne, prenez le micro, c’est vous qui les avez, et personne d’autre.

Je m’adresse à vous qui n’avez jamais voté, ou qui ne votez plus, par flemme, par éloignement pour la chose publique, par dégoût de la politique, par lassitude. je m’adresse à tous les révolutionnaires improbables qui veulent assister à autre- chose durant leur vie qu’à la longue agonie d’une planète qui est notre mère à tous. Je m’adresse à tous ceux qui veulent conserver une école de qualité, des services publics qui fonctionnent, qui veulent continuer de vivre ensemble, tous ensemble et pas des morceaux d’ensemble. Rappelez-vous, quelques pourcentages protestataires de plus et c’est tout la logique anesthésiante du pouvoir qui perd le nord. Vous, les 40 % de non-votants, ceux qui ne comptent pour rien pour l’Elysée et la rue de Solférino, les sans-grades, qui n’ont rien à cacher, à préserver, rien à perdre, qui sont hors-jeu tout simplement, de ce qu’on appelle la mondialisation , qui n’est qu’un concours d’exclusion sociale. 

Vous qui avez vu votre mère mourir, comme vous vivez la fin de notre Terre, vous qui avez assisté impuissants à sa longue agonie, ou qui vivrez ces moments douloureux qui vous rapprochent de la vie, sachez que vous pouvez pour vos enfants, en votant, prendre par la main un bout du destin.

Après il sera toujours temps de foutre le bordel, de montrer que vous existez, de claquer les vainqueurs pour qu’ils mettent en place l’après-démocratie, c’est à dire le régime qui vous ressemble et pas celui qu’on veut vous imposer.

Publié dans CHERCHEZ L'ERREUR | Pas de Commentaire »

 

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