2012, L’ANNEE ROUSSEAU

Posté par provola le 18 janvier 2012

            

 

2012, L'ANNEE ROUSSEAU  dans ANNIVERSAIRE 450px-Montmorency_vu_du_lac_d%27Enghien1    le premier ecolo c\’est Rousseau      

Montmorency vue du lac d’Enghien et Rousseau 

 

                   En cette année de commémoration du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau et sur la rampe de lancement de cette campagne électorale, il est  intéressant de juger nos comportements politiques actuels à l’aune des réflexions du premier révolutionnaire. A cet effet la lecture du « Contrat social » est une piqûre de rappel à nulle autre pareille. 

Dans Du contrat social, Rousseau établit qu’une organisation sociale « juste » repose sur un pacte garantissant l’égalité et la liberté entre tous les citoyens. Ce pacte est contracté entre tous les participants, c’est-à-dire l’ensemble exhaustif des citoyens. Dans le pacte social, chacun renonce à sa liberté naturelle pour gagner une liberté civile. La souveraineté populaire est le principe fondamental du contrat social. L’indivisibilité de cette souveraineté est un autre principe fondamental, par lequel il faut comprendre que le pouvoir du Souverain ne saurait être divisé (Rousseau emploie ce terme pour désigner le peuple souverain) et il ne peut s’en séparer par intérêt particulier, car l’intérêt particulier est contraire à la recherche de l’intérêt général, seul objectif du contrat social. 

Ce contrat social, Rousseau le voit comme faisant suite à l’état de nature dans lequel règne la loi du plus fort. Pour lui, la loi du plus fort ne peut être un principe directeur d’une société car il est incompatible avec l’intérêt général, et donc avec le contrat social : « Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir. »
La dissolution du contrat social, c’est le retour à l’état de nature, primitif, présocial, « tyrannique et vain ». Une société qui rompt son contrat social ne serait plus une société …

Dissolution du contrat social, justement parlons-en… Si l’on considère que dans la pensée de Rousseau le gouvernement devrait être l’expression du peuple comment considérer notre système de désignation  des classes dirigeantes de la Cinquième  République qui place au pouvoir des factions ne représentant réellement que 20% de la population ? Comment ne pas comprendre que ce système électoral permet ensuite au pouvoir de rétribuer les petits amis, d’arroser de ses largesses généreusement assumées ?

Si l’égalité est un principe de base de notre République, affiché sur les devantures de nos mairies, la réalité est toute autre, l’hypocrisie une réalité intangible. S’il fallait n’en donner qu’une illustration, notre régime fiscal est l’évidence d’une véritable inégalité. Les plus fortunés sont les moins taxés alors qu’on entend partout que la moitié de la population ne paient pas d’impôts, alors que les grandes entreprises du CAC 40 sont celles qui contribuent le moins à l’effort national. L’Etat dans ce grand mouvement de  mondialisation de l’économie ne peut rien pour retenir les plus fortunés qui sont tentés de s’exiler pour échapper à la contribution minimum, à leur devoir de solidarité. Rousseau avait du s’exiler pour échapper à la répression royaliste, de nos jours on s’exile pour une question de pognon, grandeur et décadence.   

Rousseau trouverait certainement qu’on en est revenu à l’état de nature où règne la loi du plus fort qui est contraire à l’intérêt général.

« l’impulsion du seul appétit est esclavage, et l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté. », pour Rousseau la recherche du profit n’est qu’un esclavage, la mise au service de l’intérêt général, la véritable liberté. 

 « Si l’on recherche en quoi consiste précisément le plus grand bien de tous, qui doit être la fin de tout système de législation, on trouvera qu’il se réduit à deux objets principaux, la liberté et l’égalité : la liberté, parce que toute dépendance particulière est autant de force ôtée au corps de l’État ; l’égalité, parce que la liberté ne peut subsister sans elle. J’ai déjà dit ce que c’est que la liberté civile : à l’égard de l’égalité, il ne faut pas entendre par ce mot que les degrés de puissance et de richesse soient absolu-ment les mêmes ; mais que, quant à la puissance, elle soit au-dessus de toute violence, et ne s’exerce jamais qu’en vertu du rang et des lois, et, quant à la richesse, que nul citoyen ne soit assez opulent pour en pouvoir acheter un au-tre, et nul assez pauvre, pour être contraint de se vendre : ce qui suppose, du côté des grands, modération de biens et de crédit, et, du côté des petits, modé-ration d’avarice et de convoitise. Cette égalité, disent-ils, est une chimère de spéculation qui ne peut exister dans la pratique. Mais si l’abus est inévitable, s’ensuit-il qu’il ne faille pas au moins le régler ? C’est précisément parce que la force des choses tend toujours à détruire l’égalité, que la force de la législation doit toujours tendre à la maintenir. » ROUSSEAU

Que vous soyez satisfaits ou mécontents du résultat de la prochaine élection présidentielle, je vous invite à assister le 9 juin prochain à la journée Rousseau qui se tiendra en la petite localité de Montmorency située à 15 km au nord de Paris où Rousseau écrivit le Contrat Social et l’Emile. Un grand spectacle au parc de l’Hôtel de ville sera suivi d’un banquet citoyen. Le 9 juin 1762 étant le jour où Rousseau quitta Montmorency pour échapper à l’arrêt de prise de corps » lancé contre lui par le Parlement après la publication de l’Emile. Rousseau quitta ce jour Montmorency et la France pour regagner la Suisse d’où il ne revint jamais. 

Une excellente occasion de nous réunir pour rêver quelques heures au moins, ensemble, d’une société meilleure, rousseauiste. Nous tenterons de nous convaincre que l’esprit de Rousseau n’a pas tout à fait disparu malgré les coups de boutoir des De Funès de tous bords.

 

                           

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