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LA CAMPAGNE, MORNE PLAINE

Posté par provola le 13 janvier 2012

                              

                            On s’ennuie ferme, on s’ennuie à mourir, en cette campagne qui se dérobe et coule comme un long fleuve tranquille, comme un Rhin à calculs, à regarder passer les péniches allemandes, pleines de grain, à l’abri du moindre espoir de changement. A l’horizon point d’illumination, point d’éclaircie sur le front des idées, pas l’esquisse d’une solution. La dépression importe ses sombres certitudes économiques, il n’y a pas que le temps qui se dégrade même les notes souveraines sonnent faux. Alors on ne voit pas de limites à la morosité, le ciel semble voilé à jamais, charriant ses tombereaux de CO2 comme une invitation au suicide collectif.

Les deux costauds là devant tentent l’échappée belle mais résistent à la tentation de la parole de trop, le mot d’ordre est surtout de ne pas se livrer, d’éviter de froisser l’opinion, de prendre la précaution de ne rien dire qui puisse fâcher les classes moyennes. Classes moyennes ? Doux euphémisme qui veut dire en réalité cette masse frigide et indolore qui possède (encore) un patrimoine à défendre, des intérêts à préserver, un héritage à sauvegarder, des privilèges à maintenir.  

En attendant, la garde-chiourme des peurs et des soupes populaires engrange le foin, en jouant du drapeau, de la phobie identitaire et du pipeau chauviniste. Le racisme est pour la fille du père une sainte religion, la Jeanne une lumière divine, la putréfaction des bons sentiments une culture intensive, la haine des uns pour les autres une sale habitude. Son programme est sur le mode exutoire à colères, sa salace vertu est un refouloir à libido, le blasphème à l’unité nationale un transit intestinal. Et tout cela marche, le tracteur a mis le clignotant à droite pour signifier l’enfumage maximum et le dépassement imminent des bornes électorales. 

Derrière, le Bayrou béarnais, comme un steak bleu sans saveur joue de la béarnaise pour bouger les papilles mais la sauce manque de piments pour peu que le palais veuille ratisser large. Son pâturage sans relief ne blesse aucune foulée, son émotivité de rentier vous insensibilise à l’idéal du mieux vivre, son charme vous laisse de marbre, glissant comme un carrelage, il est contre le système mais aussi pour ne pas le changer.   

Et puis Mélanchon, qui récolte la misère d’une pâle figuration, râlochant au vent mauvais qui n’apporte que des sales nouvelles. Car la gauche avant d’avoir commencé a déjà perdu, si l’on considère que la gauche commence à Mélanchon, alors il ne reste que 6% de la population à gauche et si l’on considère que la gauche veut bien dire penser à autrui avant de penser à soi, alors cela montre le degré infini d’individualisme existant chez nos concitoyens.

Trente ans de cure libérale auront réduit le sentiment commun à peau de chagrin laissant le champ libre à la course consumériste qui n’est qu’une course folle aux désirs égoïstes.

Au bord de la crise de nerfs qui n’est qu’une mare aux canards, Eva compte les poissons rouges et ferme le ban de l’écologie dont elle n’est que la représentante putative. On dirait un oiseau migrateur qui a perdu l’orientation parcequ’il ne sait pas quoi faire du réchauffement climatique. Eva Joly semble perdue dans ses dossiers trops lourds, étrangère à la botte secrète et aux coups fourrés, elle se retrouve à devoir sauver la planète dans un poulailler sans coq.

L’heure du réveil tarde, le chant de la nation se fait prier, les pattes dans la merde. Le cœur du débat n’est plus la nécessité de pondre mais l’urgence de sauver ses plumes.

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