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NEIN

Posté par provola le 27 novembre 2011

                         Qu’on se le dise, l’Allemagne ne lâchera rien, elle n’est pas là pour ça, pour rembourser les dettes des autres membres européens, encore moins la folie dépensière de ses clients. Merkel est claire et l’a même répété à plusieurs reprises lors du récent sommet germano-franco-italien de Strasbourg. Pas question d’accepter les euro-bonds, c’est à dire de mutualiser les dettes.

« Les Allemands paient leurs impôts, les autres n’ont qu’à faire pareil », fermez le ban.  

Bien entendu, ce discours est récurrent, à toutes époques, les riches ont refusé de prendre en compte les difficultés des moins fortunés. Lorsqu’il s’est agi de réincorporer l’Allemagne de l’est à la suite de la chute du mur de Berlin , on entendait partout de ce coté du Rhin, à l’ouest: « Nous n’avons pas à payer pour les Allemands de l’est », de la même manière les régions les plus riches de Germanie comme la Bavière, ne veulent pas entendre parler des soucis de la Rhénanie- Westphalie, l’ancienne région minière où les usines ont fermé et qui présentent les taux de chômage les plus importants du pays. Partout, une identique aversion pour la solidarité, en Italie, le Nord refuse l’aide au Sud et s’exprime à travers le racisme latent de la Ligue du nord, en Belgique les problèmes ne sont pas linguistiques entre Wallons et Flamands mais entre deux régions à l’économie divergente.

De manière générale, le libéralisme a joué sur le fait de glorifier la réussite et de stigmatiser la pauvreté qui serait une tare plus que le résultat d’une faillite du système. Les forts sont tentés de se soustraire à une solidarité minimale, l’individualisme forcené s’étant emparé des mentalités nourries à la cupidité à forte dose. L’Allemagne laborieuse ne veut pas se charger du lest de ses voisins, ceux-ci n’ont qu’à se soumettre à des cures de cheval pour rétablir les comptes, ils n’ont qu’à se débrouiller tous seuls, pourvu qu’ils continuent à acheter des BMW et des voitures du peuple.  

Là se situe la pierre d’achoppement du raisonnement allemand, car l’Allemagne vertueuse, la fourmi Allemagne a engrangé sur le dos de ses clients, ceux-là mêmes qui se sont endettés pour pouvoir continuer à se paier des voitures et des de luxe made in Germany. L’Allemagne vend au trois-quart ses camelottes à ses voisins européens qui au train où vont les choses ne vont pas continuer à se saigner pour faire plaisir aux commerçants allemands. Faute de clients, il est logique de penser que l’activité outre Rhin subira une cure de ralentissement sévère à l’horizon de quelques mois. D’où la récente déconvenue des autorités allemandes incapables de placer 1, 5 Milliard d’obligations d’Etat.  

Quand on achète de la dette allemande à dix ans on peut raisonnablement se demander si le pays pourra toujours rembourser dans cinq ans alors que la majorité des clients auront guéri leur fièvre acheteuse.  C’est bien toute la problématique d’une Allemagne  cernée par ses propores contradictions, mises au jour par ce manquement au placement d’une partie de sa dette. 

L’histoire ne s’arrête pas là, car rien n’a été résolu, et les  pays du club Méditerranée plongés dorénavant dans un bain d’eau glaçée ne vont pas ressortir indemnes d’un essorage intensif. Déjà les plans d’austérité augurent d’un ralentissement généralisé de l’activité ce qui devrait à nouveau amener une dégradation des comptes et des perspectives et donc des notations, ce qii conduira immanquablement les agences de notation à une nouvelles dégradation des notes des pays. Mais le noeud gordien qui ne manquera pas de bloquer complètement la situation, c’est le niveau de la dette française, qui se retrouvera au devant de la scène à peine aura-t-on compris que ce verrou est l’ultime obstacle à l’éruption finale: la dégradation de la note allemande, lorsque tous les clients de l’Allemagne auront dilapidé leur solvabilité.  

Voilà bien le spectacle auquel nous devrions être préparés, un jeu de dominos où le plus petit pion risque par négligence et incapacité de réaction de tout faire tomber, même le dernier et le plus gros, emporté par son plus gros partenaire, la France. Parcequ’une entreprise à beau avoir les meilleurs produits du monde, encore lui faut-il conserver quelques clients pour pérenniser son activité, à trop vouloir tirer sur la corde des admonestations, on court le risque de rompre tout le sens des réalités.      

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