VOUS AVEZ DIT SOCIALISTES ?

Posté par provola le 15 septembre 2011

                          Le premier débat des primaires, entre leaders socialistes, qui permettront à terme de désigner le candidat du parti à l’élection présidentielle représente bien entendu une sorte de quintescence du malentendu, une espèce de mascarade révolutionnaire.

On nous explique tout d’abord que les primaires sont un modèle démocratique. Comme si donner au peuple la possibilité de choisir entre candidats identiques était une liberté fondamentale. Les primaires américaines, les plus emblématiques au monde ne sont-elles pas un affrontement fallacieux entre candidats pré-choisis, prè-désignés, adoubés par les grandes familles, les grands trusts industriels qui sont les véritables financiers des campagnes électorales, les faiseurs de présidents. Alors qu’on laisse au peuple l’illusion de désigner autre chose que la couleur de la cravate ou à la marge, la couleur de la peau du Président. 

Si l’on veut bien admettre que le socialisme représente la priorité accordée à la chose publique par rapport à la sphère privée, on ne peut qu’en déduire une parfaite usurpation du débat de la part d’honnêtes gentilshommes qui n’ont de gauche (au sens de tordu) que leur discours anti-libéral. 

Petits-enfants du grand timonier bourgeois Mittérand, enfants du grand privatisateur Jospin, qui n’ont apporté en leur temps qu’un parfum de gauche sans en déployer la véritable logique, partisans d’une simple adaptation sociale à la logique libérale, tristes cumulards des tribunes et des titres, ils sont tout simplement ce que n’est pas la révolution. Car ils défendent un patrimoine, une part de marché électorale, un pacte de non-agression vis à vis des rentiers du système, une simagrée du vivre-ensemble. En admettant même que des différences ténues existent bel et bien  entre eux, ils s’attachent à ne pas se tirer dans les pattes pensant avant tout se placer dans une future distribution des rôles et des ministères dans un hypothétique gouvernement de gauche. 

Sont-ils au moins convaincus que la défense de l’environnement soit une autre priorité absolue des prochaines échéances ?

Montebourg et Baylet ne parlent pas de crise écologique, Ségolène Royal veut faire de la croissance verte, du pire que le Grenelle de l’environnement, de la poudre aux yeux pour les bobos. Hollande veut de la croissance , encore de la croissance et rien que de la croissance, sur le nucléaire, pas de sortie du nucléaire , la part de l’atome passe seulement de 75% à 50% à l’horizon 2025. Valls veut réorienter les niches fiscales vers la réduction de la dette, il prône le respect de la règle d’or budgétaire, il estime que la priorité du quinquennat doit aller à la réduction des déficits, il se place à n’en pas douter pour la place de ministre du budget en perspective gouvernementale. Priorité aussi à l’autorité de l’État, aux quotas d’immigrés, aux reconductions aux frontières: pour un ticket plutôt au ministère de l’intérieur ? Martine Aubry elle s’attache à la croissance, comme à un char d’assaut, une croissance qui doit être plus verte, une croissance qui permette de tendre vers une plus grande sobriété énergétique. Parceque comme chacun sait la croissance permettra à terme de se passer de croissance, la quadrature du cercle, en quelque sorte. 

Hollande, le grand favori des sondages dans cette prière de dupes a bien appelé EE-LV à une entente de gouvernement au lendemain de la désignation du candidat socialiste, cela en fait-il un écolo pour autant, et puis les Verts sont-ils eux-mêmes de véritables guerriers anti-croissance ? Poser ce genre de question c’est déjà y répondre.

Nous sommes devant un bataillon de comptables, sans espoir, sans élan, qui bavent devant la réussite industrielle allemande, qui veulent à peine réformer ou au mieux adapter le système qui broie les petits et protège les gros mais qui ne veulent pas du tout bousculer l’ordre des inégalités, mais n’ont aucune conscience du crac environnemental global. Tout cela est triste, et à vrai dire , sans intérêt. Le malheur est qu’il faudra bien se rapprocher de ces gens là pour virer De Funès. 

Alors pourra-t-on me rétorquer, est-ce vraiment en assénant ce genre de constat que l’on parviendra à récupérer les morceaux de l’union des gauches au second tour ? Oui si l’on considère qu’il vaut mieux , avant de prévoir des rassemblements qui servent à quelque chose, savoir à qui l’on a vraiment à faire.

Et ce que l’on a appris ce soir c’est qu’il en est un seul qui apparaisse un tant soit peu utopique, ce qui est pour moi le meilleur de l’imagination, le seul qui puisse trouver un sens au discours étriqué des chiffres, qui soit un tantinet sympathique et sincère sur ses convictions de gauche: celui-ci s’appelle Montebourg.  

Que fait-on avec ces élections, du fond de notre gauche ? Je dirais que si nous n’avons rien d’autre à faire, si nous avons envie d’y aller, profitons-en pour tenter de tourner légèrement le gouvernail du paquebot socialiste du bon coté, avant qu’il ne se perde dans le brouillard libéral.    

  

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