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LA DÉMOCRATIE AU SERVICE DES OLIGARQUES

Posté par provola le 25 août 2011

                                        Le rétropédalage insensé des derniers jours sur le front fiscal montre toute l’absurdité du jeu politique qui confine à une parodie de ce que l’on appelle pourtant tous les jours la démocratie.

En effet comment est-il possible que ceux qui  nous ont chanté la messe libérale tout au long des quatre premières années du mandat du nain, ces épigones au service des magnats de tous bords, soient les mêmes qui aujourd’hui nous indiquent exactement le chemin inverse ?

Hier le mot « impôt » était une insulte, sa simple évocation donnait des boutons d’urticaire à notre aréopage de dirigeants, De Funès ne voulait surtout pas apparaître en président qui augmenterait les taxes et les prélèvements. Il était le champion du bouclier fiscal, de la défiscaliasation des heures supplémentaires, des dégrèvements en tous genres, il ne fallait surtout pas faire fuir les riches, il fallait supprimer les droits de succession pour conforter les dynasties, il fallait caresser les rentiers dans le sens du poil, alimenter la croissance par la consommation, il fallait au bon peuple travailler plus pour gagner plus. 

Et tout cela a fini de nous traîner dans la fange budgétaire, les riches ont continué à planquer ce qu’ils n’ont pas payé en taxes diverses, et ils n’ont surtout pas consommé autant que le croyaient ingénument nos incapables de politicaillons de droite comme de gauche (car vous le savez bien, ce que l’on appelle communément la gauche en France n’est pas du tout de la gauche, mais le bras de secours de la bourgeoisie).  Comme si Liliane Bettencourt souhaitait s’acheter une Ferrari par jour à l’unique prétexte de faire tourner le commerce.

Les grandes entreprises ne paient presque rien, les plus fortunés se permettent d’être bien moins taxés que le bataillon des gens normaux, les petites gens contrairement à ce que l’on entend en boucle sur nos médias sont ceux qui contribuent le plus à la solidarité nationale par le biais de la TVA.

L’injustice libérale est totale et voici que les hauts rentiers du CAC 40, les fameux grands patrons viennent se payer une tribune et une virginité arguant qu’ils accepteraient d’être plus mis à contribution pour le bien commun. Foutaise, manipulation suprême, insulte à l’intelligence publique, ces gens là sont à baffer, mais ils possèdent les médias sur lesquels ils viennent s’épancher, mais ce sperme est stérile, ce verbiage est insupportable. 

L’histoire de la dette est celle de la spoliation de l’Etat de la part de ces classes fortunées, comment est-il possible qu’un état au PIB croissant ait pu se paupériser à ce point ? Il n’est que de revenir sur toutes les privatisations qui ont donné aux privés les plats les plus appétissants, ne dit-on pas aujourd’hui que l’Etat n’a même plus les moyens d’investir dans les lignes TGV les plus rentables, on remet donc aux privés Vinci, Eiffage ou Bouygues, les clés des bénéfices futurs. La SNCF gardera n’en doutons pas la  gestion de la ligne Clermont Aurillac qui comme chacun sait est particulièrement rentable.

Villepin n’a-t-il pas privatisé les autoroutes à un prix dérisoire qui sont les bénéfices de nos majors du BTP ? Jospin n’a-t-il pas été le roi des privatisations, les privés n’ont-ils pas investi à des conditions particulièrement juteuses aux frais d’un État volontairement dépouillé de ses atouts maîtres ? La part des salaires dans la création de richesse par rapport à la rémunération des actionnaires n’a-t-elle pas baissé de 10 points en trente ans. Cette part de 10% ne représente-elle pas 185 milliards d’ euros qui devraient aller au travail plutôt qu’au capital ?

L’histoire de notre dette remonte à 30 ans, aux temps de Tatcher, de Reagan, de l’arrivée sur la planète de ces néo-libéraux dont les thèses ont contaminé le landerneau économique. Dès cette époque on a fait croire au bon peuple qu’il ne fallait plus payer d’împots, même à ceux qui de toutes façons n’auraient jamais été taxés. D’où la débandade des gauches représentantes du bien public et championnes de la taxation d’après l’interprétation libérale. 

Mais la taxation est-elle un sacrilège si l’argent public sert à faire fonctionner des services de bonne qualité ? Les pays nordiques sont ainsi les champions des prélèvements mais aussi ceux de l’égalité sociale, les services publics y fonctionnent, les trains n’y sont pas en retard comme en Italie où Berlusconi a volontairement détruit l’Etat en supprimant de nombreux impôts et le premier d’entre eux, les droits de succession, avant tout à son propre profit. 

Maintenant que le mal est fait comment se sortir de cette nasse avec des classes dirigeantes gorgées de solutions libérales qui sont les véritables responsables de la débâcle ? Croit-on vraiment que ceux-là pourront attaquer le mal à la racine, c’est à dire reprendre le sceptre public en taxant ceux qui les ont installé au pouvoir ? Ou bien tout cela ne serait-il qu’un jeu foireux des possédants pour reprendre en main tout ce que des décennies de luttes sociales ont conquis, cette faillite organisée ne serait-elle qu’une tromperie au macabre dessein ?

On comprend bien la quadrature du cercle; la première mesure est de chasser la clique néo-libérale, ces envahisseurs à la pogne des grandes familles, cette armée au service du grand capital, ayant investi tous les postes de commande, de Paris à Berlin, en passant par Rome ou Madrid.

Le virage à gauche est plus qu’urgent, s’il ne s’impose par les urnes, pipées au dernier degré, alors il viendra du peuple, de plus en plus volé de son droit décisionnaire, embrigadé aux factions nanties, conditionné par la propagande publicitaire, emprisonné par le crédit à la consommation, figé par une peur soigneusement entretenue de l’avenir, transi par un chômage structurel.    

  

Publié dans POLITIQUE | 1 Commentaire »

 

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