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LES COULEURS DE NOTRE PROPRE MORT

Posté par provola le 19 juillet 2011

LES COULEURS DE NOTRE PROPRE MORT  dans AFRIQUE dans AFRIQUE

                         Des ombres, il ne reste que des ombres, derrière le rideau de fer de l’indifférence internationale, sous le tapis de la crise économique, au bout de la nuit d’un reste d’humanité. Nous sommes ces ombres ambulantes, ce monde des nantis, pauvres diables sans visages, incapables de penser à autre chose qu’à nos dettes, comme si la première des dettes n’était pas ce déficit compassionnel qui caractérise notre époque de cinglés.

L’Erythrée, le Kenya et la Somalie, plongés aujourd’hui dans une situation de famine à la suite d’une sécheresse comme ils en connaissent régulièrement, sont bien loin des préoccupations des marchés, et seule la marche des marchés intéresse nos économistes de bouts de chandelles. Ce trou du cul de la planète, sans eau, sans terre, sans sous-sol, n’a aucun intérêt pour les marchés.

On n’est pas là en Lybie où les réserves de pétrole participent de notre intervention faussement humanitaire, on n’est pas là en Afghanistan où les réserves de métaux rares nous invitent à une danse à quatre temps. Sur ces champs de batailles des guerres dites justes, l’intervention militaire se fait au nom des valeurs, soi-disant en secours de populations en danger de mort. Dans la Corne de l’Afrique, la stratégie n’a pas cours, l’honneur de la République universelle n’est pas en cause, l’Europe n’est pas en sursis.

Alors on laisse mourir, on envoie quelques ONG, qui sont le prix du dédouanement, suprême manipulation.   

Ils nous regardent de leurs grands yeux décharnés, car nous ressemblons à une espèce en voie de disparition, en bout de piste, inutile, nous qui suivons les accidents du bord de la route comme des émotions à notre vacuité.

La voilà bien notre dingue épopée, incapable de tirer les leçons du passé, de ces famines qui ont émaillé l’histoire récente de l’Afrique et de l’Asie et qui auraient pu au moins nous pousser à inventer des mécanismes automatiques d’entraide. Nous sommes des héros d’un film de série B, nous sommes un naufrage ambulant, à l’image des navettes spatiales subitement devenues inutiles, nous nous apercevons combien notre modèle de développement, basé sur le profit de quelques-uns, reste impuissant face au malheur des plus pauvres.  

La Corne de l’Afrique nous rappelle Haïti, oublié et passé par pertes et profits peu après que la dernière caméra ait quitté l’île, elle nous rappelle Gaza, sous stricte embargo israelien depuis 5 ans mais laissée à son agonie depuis 60 ans, elle nous rappelle Lampedusa, la spécialiste des évacuations, elle nous rappelle notre Shoah, nous génocidaires volontaires et conscients, elle nous rappelle nos propres obligations, elle nous expose à notre propre famine des sentiments.   

 

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