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A MES GLACIERS

Posté par provola le 8 juillet 2011

A MES GLACIERS  dans RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE      dans RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE                    Ceci n’est pas un cri d’alarme car il est bien tard; il y a bien longtemps que ce temps est passé comme une lente extinction de voix. Ceci est une lettre d’amour, à cette belle éternellement cramponnée à ma mémoire, avant qu’une agonie se charge de réduire chaque rocaille en bouillie.

Je vous aime chemins d’enfance, névés à flanc, trains de pierres, glaces infidèles, reflets d’éternité, voilages des pentes, écume des jours heureux, traîne d’une mariée trop vénale pour supporter une telle infirmité. Messagers de l’au-delà, draperies de soie, fugaces brillances, mille feux.  

Je vous aime et nous allons partir ensemble, pour d’autres infinis, pour échapper au tumulte du court-terme. Je ne souhaitais pas vous entraîner dans ma chute, mais puisque vous y tenez ne boudez pas votre plaisir, prenez au moins le temps de préparer vos valises étanches, préparez-vous au grand voyage, qu’il ne reste que quelques marques et quelques traces de notre escapade ici-bas. 

Mes semblables ne vous ont pas compris, ni admis, vous l’inutile blancheur, charmes discrets, langues déliées, Babel immaculée.

Le discours est au rap, à l’échappement des sentiments, aux risques du climat. Il n’en fallait pas plus pour vous pousser vers la sortie. Du sommet de la sphère, aux cimes découpées, des crevasses sans fond, aux nappes blanches, l’heure est aux larmes, vous n’êtes plus qu’un dégoulinement, une lancinante fuite, une eau tiède, une goutte de pluie.

Ils ont rajouté deux degrés à leur confort, cela vous a été fatal, cela a suffit à vous tordre le cou, maintenant qu’une clim devient indispensable, que la source est tarie, regrettent-ils d’avoir eu froid ?  

Du pôle où la piste est désormais déserte, aux inlandsis du Groënland ou d’Antarctique, tout n’est qu’estimation, inventaire. Des massifs d’Hymalaya, à ceux de Patagonie, des Alpes, aux Rocheuses, aux Pyrénées où il n’y pas que les ours qui disparaissent, des fjords de Norvège au crâne sans calotte du Kilimandjaro, vous pliez les gaules, le spectacle est terminé dans une douce indifférence.

Celle d’un siècle trop gourmant, plus court en idées que les autres, qui aura brûlé son énergie comme s’il devait être le dernier, avant que ses fils ne viennent demander des comptes, qui seront vite faits, à imaginer ce que fut votre splendeur. Comme un désert si pressé qui s’en vient, comme une ruine des sentiments, comme un sanglot étranglé, dans ce mal de gorge.

Vos bourreaux, ces chauffeurs, ils savent ce qu’ils font, ils n’ont pas de circonstances atténuantes, ils savent quelle est votre douleur et c’est comme si votre perte était un soulagement, comme des parents trop malades qu’on préfère morts. 

Vous faites partie de ma famille, vous êtes mon sang, mais comme les familles se dissolvent en fin de cycle, vous avez décidé de me suivre dans mon néant. Pas de panique entre nous, pas de séparation, rien que d’éternelles amours. Vêlez une dernière fois, craquez, jouissez, avant qu’un iceberg ne s’épuise au pays des hirondelles.

Le compte à rebours est déclenché, avant que l’ultime glaçon ne tombe dans un verre de whisky.

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