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ON NE LÂCHERA RIEN

Posté par provola le 5 juin 2011

                   ON NE LÂCHERA RIEN  dans MESSAGES AUX LECTEURS        

 

                                 Je reviens du monde des morts, morts d’avoir trop attendu, une attention, un geste, un égard; morts d’un village éteint comme s’éteindra notre imaginaire, notre bienveillance envers nos enfants. La civilisation a tout pris à ce coin perdu, il ne reste à ces murs autrefois bruyants qu’une extinction de voix et les chats sauvages. Les rares survivants, le coeur serré, attendent les derniers moments, sans illusions, sans penser à demain. Le plus petit village de la Botte trouée a tout compris du système qui emporte les ruines du temps, la richesse en barres. Mangé par un parc national, estampillé bio, Val Grande pour la précision, près du lac le Majeur, qui a donné à manger aux sangliers mais a chassé les ultimes témoins d’un passé pas si lointain, qui a blasphémé d’une palabre disparue à jamais.

Car l’écologie est ainsi faite, qu’elle n’est qu’une caution au saccage, un alibi à détruire, à brader partout ailleurs comme on ratiboise à l’intérieur, comme on vide à force d’ériger les barrières du vivre sâle.  

Tout est désespérant, tout semble perdu, pas une rivière propre, pas une once de terrain vierge, pas un rêve qui ne soit souillé par l’angoisse d’un lendemain qui déchante. Partout le même supermarché, la même foire à deux balles, la même issue fatale qui n’a de secours que la mort, et de recours que la dévastation des rayons. 

Partout des morts de mer, victimes de notre indifférence, cette négation de l’Autre.

Partout cette même centrale nucléaire qu’on a du mal à éteindre car on ne sait si l’on pourra vivre encore avec un peu moins de lumière sombre, ce téléphone qu’on dit portable mais qu’on trimbale pour rien car les mots vides de sens, sont des sentiments disparus. Partout cette eau frelatée, qu’on dit propre mais gorgée de chlore, de sulfates, de pesticides, de raclures, qui empoisonne les rats d’égouts. Partout cet air de rien, chargé de particules tellement fines qu’on s’y trempe la respiration, qu’on en devient allergique, qu’on préférerait vivre là-haut sur l’Everest où même l’oxygène a convolé en justes noces avec l’anéantissement total. 

Partout ces princes Charles, ces races d’Albert, ces démons de Sarkozie, ces Berlusconneries, ces chouettes Hulot, partout cette orgie insignifiante, ce modernisme monté sur ressorts, ce trampoline branlant, cette vaste blague.    

Un feu de bois, des étincelles de bonheur, un blog sans prétention, un instant magique à parler de tout et n’importe quoi, à s’inquiéter du pas cadencé du développement, du désastre environnemental, de notre folie; bien sûr les étoiles sont moins brillantes car la pollution céleste est partout, mais on devine cette voie lactée, derrière le rideau de fumée. Le fil ténu de notre résistance tisse la toile qui pourrait bien piéger les ondes de la propagande mercantiliste, reliés par ce subtil maillon nous ne craignons plus que notre propre découragement.              

Jeudi, vous avez été 810 à visiter ce blog, signe de votre fidélité, de votre indignation, de votre ras-le-bol. Vous n’êtes pas prêts d’abdiquer, vous n’êtes pas seuls, ci-et-là des âmes en peine, des bonnes volontés errent à la recherche d’un bout d’instinct. Je vous remercie du coup de moral, de cette accolade sans façons, je tâcherai d’être digne de cette confiance et autant que possible par delà les mots, que vaille notre amitié. Soyez-en certains, on ne lâchera rien.       

Publié dans MESSAGES AUX LECTEURS | 1 Commentaire »

 

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