30 ANS: L’ILLUSION DE LA GAUCHE

Posté par provola le 10 mai 2011

                             Voilà 30 ans, la gauche, dit-on,  prit le pouvoir, pour la première fois de la Cinquième République. Mitterrand, le sphinx au nez rouge, après avoir fait une OPA sur le PS, mit ses habits de gauche pour draguer l’opinion, il mit sous l’éteignoir le PC, et parvint à faire croire à une utopique alternance. 

Grand bourgeois, l’ami Pétainiste, arriva en pleine déprime Giscardienne, le peuple de gauche  crut à son message subliminal: « changer la vie »

Le grand rassemblement de la Bastille au soir du 10 mai 1981 fut  une sorte de libération, une joie immense parcourait les avenues et les coeurs, le sentiment qu’une nouvelle ère de solidarité envahirait la politique. La liesse dura quelques mois, le temps de se rendre compte que la réalité serait décidément bien différente des folles attentes. On eut droit à l’abolition de la peine de mort, qui ne concerne personne et que pratiquement tous les pays ont abandonné, à la cinquième semaine de congés payés, à la retraite à 60 ans, qui a disparu depuis. A la création des radios libres, qui devinrent une course au fric, qui se bouffèrent entre elles pour n’en faire plus que quatre, pour clouer la parole du peuple. A quelques nationalisations, de firmes que Jospin le fiston privatisa par la suite.

Et l’on appela ça de la gauche, avant le repli en rase campagne , le retour du soi-disant « réalisme économique », Fabius remplaça Maurroy à Matignon, pour que reprenne la marche en avant des affaires, du clientélisme, des lobbies, des magouilles, des Bouygues, des amis, du CAC40, comme aujourd’hui, comme au Fouquet’s. On appela cela la social-démocratie, un ersatz de gauche, une gauche molle, un jus d’orange coupé d’eau du robinet, sans saveur.

On eut l’explosion du chômage, des déficits, les années Balladur, la première cohabitation, quitte à faire une politique de droite, autant prendre des mecs de droite. On eut un second mandat de sept ans avec la maladie en sourdine, où le chef n’était déjà plus vraiment là, mais qui faisait semblant, qui planquait sa fille et qui écoutait les confidences des people. Triste décomposition du décor élyséen, triste fin pour l’illusionniste, triste fin du spectacle. Sans spectateurs. 

Au bout du chemin, la grande déception, d’un pays qui 14 ans plus tôt s’était vu plus solidaire, plus fraternel, plus égal, mais qui au fil des ans s’était détourné des fausses promesses de gauche avant de commencer, inexorablement à lorgner du coté de l’extrême droite.

Et c’est bien là le principal enseignement de ces années ratées, la culpabilité des mitterrandiens, de cette gauche qu’on disait caviar, qui n’eut de cesse de s’accrocher aux branches de la postérité avant que le vent de l’histoire n’emporte toute cette impalpable poussière.       

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