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LES FORÇATS DU NUCLÉAIRE

Posté par provola le 3 avril 2011

 Article accepté à la publication sur       LES FORÇATS DU NUCLÉAIRE icone_redacteur2              

 

                                        Ce sont les liquidateurs, déjà à Tchernobyl, leur galère nous avait évité 20 ans de malheur, ils s’étaient sacrifiés, beaucoup sans le savoir, la plupart conscients mais pas moins partants pour une visite guidée dans l’au- delà du raisonnable. 20 000, 200 000 peut-être, les statistiques divergent, les chiffres s’affolent, comme la radioactivité, les gens honnêtes s’en foutent, comme de l’an quarante.

Ils n’apparaissent nulle part, ils n’existent pas, ils sont les sans-grade, les moins que rien. Ils s’occupent seulement de votre santé, et de celle de la planète. Ils sont au chevet de l’atome, ils passent les serpillières à particules. Ils ne valent pas cher,  leur vie n’a pas de prix, car elle ne dure jamais très longtemps. 

En ce moment 300 forcenés s’ingénient à gagner du temps, à refroidir l’enfer, ce qui n’est pas une sinécure. Les 6 réacteurs de Fukushima sont malades, pour le commun des mortels on admet une dose de sieverts ou une unité de rems par jour, ce qui ne veut rien dire car ici on se prend ça au centuple, ça reste dans les normes, des donneurs de leçon, des experts, des saboteurs de rêves qui veulent s’en mettre plein les fouilles à refiler une camelote.

On les dit sans avenir, de toute manière ils n’ont pas de présent. Recueillis sur les bancs publics, clochards squatters du bien commun, délaissés par la société à l’écart du business, de la compassion factice de la gente bien pensante. On les remarque quand on ne plus s’en passer, quand les premiers ministres se planquent derrière l’ écran, les patrons derrières les barèmes, les actionnaires derrières les indices. On vient les piocher quand tout s’écroule, quand une partie de notre vie sent le roussis.

On les paye une misère, on les planquent pour qu’ils ne fassent pas trop de bruit, à relever l’horreur, les fausses vérités. On les contamine, on les condamne, avec des contrats trop dérisoires comme l’équipement à la mesure des mensonges et de la propagande. Car à un point de la catastrophe, plus rien n’éarrête les flammes et le tuyau d’arrosage ressemble au tuyau d’arrosage des pompiers portugais à vouloir étouffer une mer en fumée.

Bien sur, on ne leur dit pas la moitié des risques, on les envoie là où personne ne veut approcher, là où Nathalie Kosciusko Morizet ne veut pas aller, là où De Funès reste à distance respectable. Car eux font de la politique et les secouristes de la dernière chance font dans la réalité, les uns distribuent du bluff, et du vent, les autres de l’esclavage et de la sueur. Les poules mouillées continuent à croire à la fable du consommer propre, les autres se retrouvent trempés d’une trempe à nulle égale, de la trempe des héros.      

En prenant votre douche ou en allumant votre télévision ce matin n’oubliez pas ces forçats qui se salissent à vous sentir propres, à ces travailleurs de l’ombre qui meurent à vous donner la lumière.

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