LES INDIGNES

Posté par provola le 17 mars 2011

                      Je suis indigne, comme tous les salauds qui se gaussent de la catastrophe en poussant des cris d’orfraies, c’est la masse des bien-pensants qui le disent, on n’a pas le droit de parler en ce moment, d’ailleurs il n’ y a pas de débat sur le nucléaire, pour la bonne raison qu’il n’y en a jamais eu.                        

Je mets en doute la filière nucléaire alors que le malheur s’abat sur le peuple japonais, j’ose me poser des questions alors que je devrais prier pour que tout se passe bien, il y a un consensus depuis quarante ans en France, je mérite donc l’excommunication immédiate, l’échafaud ou l’exil du coté de Fukushima. Sauf que j’étais déjà de l’autre coté du Rubicon au début de la guerre, au jour du soleil de plomb..

Pourquoi certains grincheux viennent-ils maintenant appuyer sur la tête des penseurs de l’avenir ? Ces personnes sont indignes, honte à ces oiseaux de mauvais augure, honte à ceux qui osent dire leur mépris de l’atome.

Ceux qui disent des sornettes, qui font croire qu’on peut sortir du nucléaire en un coup de baguette magique sont des imbéciles, des charlatans, des moins que rien, ils ne méritent qu’un haussement d’épaules, peut-être même une bastonnade, et pourquoi pas une lapidation ?

Non, en France, on n’a tout simplement pas le droit de s’interroger, de commenter, on a juste le droit de profiter de l’énergie pas chère fournie par la fée nucléaire, alors que si nous la chassons cette salope, alors il faudra forcément rallumer les bougies et les lampes à huile.  

Que n’a-t-on entendu depuis quelques jours ? Que ne nous a-t-on écartelé de tant d’outrecuidance ? Pensez-donc, remettre en cause l’atome, équivaut chez nous à exécuter Jésus chez les Chrétiens ou Satan chez les Bush.

40 ans d’omerta, de non-dits, de propagande, de milliers d’employés modèles qui bénéficient d’une manne à vivre des retombées budgétaires, des largesses impropres, accordées à l’énergie propre. 40 ans sans débats, sans démocratie, parce-que De Gaulle un jour s’est dit que la France devrait son indépendance au nucléaire. 40 ans que cette énergie, à partir des essais dans le Sahara, puis à Mururoa, fait des victimes sans que cela fasse la une des journaux.

Car la France le vaut bien, et que grâce à la bombe, la France est un pays qui compte. Triste illusion, triste dissuasion, car la France n’a tout simplement  pas d’ennemis à la mesure de cette bombinette inutile, parce-que le monde se fout des bombes françaises, sauf le Zimbabwé et le Népal qui ne savent pas ce que c’est.

Seuls les partis dits de pouvoir, qui ne rassemblent plus personne, croient encore aux vieilles sornettes, les droites et les gauches de tous poils à qui l’on a fait croire que l’atome est la plus petite des particules et pas le moindre des mensonges. Le lobby aux ailettes, la grandeur en culotte courte, des mines d’uranium au coeur du Niger qui sont un scandale de plus, des déchets impossibles à stocker, des salariés d’EDF à risque, une opinion bernée jusqu’à la moelle.  

Et cette armée, la silencieuse, à qui l’on dispense de parler, qui s’en tient aux jours de l’apocalypse à une retenue coupable. Où sont les forts en gueule, les gros bras du plutonium en bouteille, les combinaisons kaki, les sauveurs de démocratie ? Il me semble qu’on attend de l’esquade des professionnels de la mort un exercice de style à la hauteur de notre confiance et de leur arrogance.    

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