LE NEZ QUI GRATTE

Posté par provola le 16 mars 2011

LE NEZ QUI GRATTE dans JAPON article_reacteur-fukushima

Les enceintes extérieures des réacteurs 3 et 4 de Fukushima 1, photo fournie par les autorités japonaises ce matin.

                             Les Japonais sont tellement disciplinés qu’ils ne se grattent pas le nez avec les mains, potentiellement contaminées. La radioactivité est partout et dans les conversations. Calfeutrés, terrés, ils ne doivent pas sortir de leur trou, s’ils ne peuvent pas faire autrement ils prennent un parapluie car il tombe des particules, même quand il fait beau. Ils font entièrerement confiance à leur technologie, tout ce carnaval ne durera que quelques jours, au pire que quelques millions d’années, la durée de vie des isotopes radioactifs. C’était pourtant bien le SUD, ça aurait pu durer quelques millions d’années, comme chantait jadis Nino Ferrer.

Serviette humide sur la bouche, on bouche toutes les ouvertures, on n’a pas encore expliqué la nouvelle façon de s’essuyer les fesses, au Japon on n’a pas de PQ, tout est électrique, le lave-cul est une décharge de fraîcheur. Alors en ce moment, sans les centrales et avec une eau trouble il vaut mieux éviter d’aller aux toilettes, ça tombe bien, comme on ne peut pas sortir faire ses courses, on ne mange pas et en plus, ça permet de faire des économies.

Tout est prévu au Japon, même l’imprévu.

Anne Lauvergeon, le dictaphone ambulant d’AREVA, terroriste de carrière, a rassuré les Japonais, ses centrales à elle sont de quinzième génération alors que les centrales low-cost du soleil levant ont largement prouvé leur obsolescence. Anne aime follement AREVA, qui le lui rend bien, ses réacteurs à elle sont trop fiables, ce qui les rend difficilement vendables.

L’EPR possède quatre systèmes de sécurité, cinq verrous, 18 freins à main, l’air conditionné, à l’iode sans césium. Mais Anne n’en a plus pour très longtemps, dans quelques mois elle aura rejoint sa plage privée et ses stocks options. Elle ira de temps en temps déposer une gerbe sur la tombe des pompiers inconnus de Fukushima.

Le bilan devient un bulletin de guerre, le réacteur 4 a explosé, le 2 est fissuré, les 3 ET 1 ne veulent pas s’éteindre, et tous fuient du parfum de la mort. Les 5 et 6 sont en sommeil comme le Vésuve. Dans ce fatras, on se demande combien il y a de réacteurs, pour une centrale ça commence à faire beaucoup. Sans parler des autres.

Il sera bien temps après le drame de faire le point, de pendre les coupables, de soigner les malades, de consoler les victimes, de pleurer les volontaires et autres kamikazes, ceux qui auront fait le sacrifice de leur vie pour nous permettre de continuer nos folies et nos recettes miracles, ceux qui auront tenté de réparer les dégâts, ceux qui n’auront pas profité du lendemain, les vrais héros de l’humanité.

Ceux-là resteront à jamais dans l’anonymat, comme ces morts de Tchernobyl, les petits ouvriers, les discrets esclaves et leur brouette de sable, leur pioche et leur masque dérisoire, comme d’habitude, quand les grands et les puissants de ce monde ne savent plus comment faire.

Pour que se perpétuent le scandale du nucléaire, le bal des experts et la valse des spécialistes.

 

Laisser un commentaire

 

Commission du Développement... |
MoDem Mulhouse |
L'Atelier Radical |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Saisir le Présent, Construi...
| Parti Ouvrier Indépendant :...
| Vivre Villerupt Autrement