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DES REMONTEES A DEMONTER

Posté par provola le 2 mars 2011

                        

DES REMONTEES A DEMONTER dans ECOLOGIE residences-chamonix-sud-hiver-2563

                            Comme le Président semble à court d’arguments pour restaurer son aura, la religion du ski et ses forêts de pylones alignés sur la propagande consumériste pourrait être un axe de réflexion bien plus productif que l’Islam ou les Mosquées.

Des décennies qu’on nous bassine chaque hiver avec la météo des neiges, les traditionnels embouteillages de l’exode d’hiver, l’affolement des pistes, le bonheur de la descente, les derniers cris de la technologie de la glisse, des « people-surfers », la curée des canons à poudreuse, des nouveaux métros d’altitude. Des lustres que nous subissons un matraquage insensé qui en réalité ne concerne qu’une poignée de bobogogos nantis, (7,5 % des Français) qui peuvent se permettre de débourser deux mille euros la semaine pour une famille avec deux enfants. Sans compter les plaisirs annexes, l’équipement, les forfaits, les soirées à s’éclater, à s’enfumer, au bord d’une pizza calzone, un sommet de distinction. 

Sans oublier les Ray ban, garanties anti-UV, qui promettent de vous rendre totalement aveugles au bon sens. Car enfin, ne dit-on pas couramment que les foules d’hiver et les tarés de la descente sont des amis de la montagne et des amoureux de la nature ? Je crois capable n’importe quel abruti d’empathie pour la nature mais la montagne aime-t-elle se voir ainsi, transformée en quai de RER, en centrale électrique, en pistes balisées, fussent-elles blanches, en gare de péage, en centre commercial, en parking, en banlieue urbaine, en boîte de nuit ? Tout cela pour remplir le carnet à rendez-vous des classes aisées, pour le plaisir factice des masses d’en haut. 

Pour quelques privilégiés en 4X4, il aura fallu détruire la quasi totalité de l’économie pastorale, saccager des millions d’hectares de terres vierges, purger les nappes phréatiques les plus pures, dépenser chaque année 20 millions de m3 d’eau pour abreuver les canons à neige, faire passer les autoroutes au creux des vallées perdues, sacrifier la faune et la flore en les refoulant dans des Parcs nationaux qui ne sont que des cautions à toujours plus de catastrophes environnementales.

Ce décor de désolation, planté par la volonté d’une oligarchie véhicule en fait un système de de surconsommation entretenu par l’espace médiatique à la botte des puissants. A tel point que le tant déclamé ascenseur social des classes moyennes qui réussissent agit comme une sorte de pompe aspiratoire des désirs. Il s’agit pour les classes sous-jacentes, celles qui ont réussi à être reçues au grand banquet des gaspillages, de coller aux extravagances des privilégiés, si bien que ce qui devrait être considéré comme une activité nuisible devient comme par enchantement un rêve inaccessible, un piège à conscience. 

Le green business ou économie verte s’est bien entendu emparé de la vague écolo, les grandes stations, les stations chics proposent de repeindre les balustres, de relifter leur image, balades à cheval, voitures électriques, dameuses roulant aux biocarburants (du Brésil), serre tropicoludique, à 2000 m  d’altitude, avec essences végétales tropicales ou comment faire du vert dans l’enfer blanc. Les riches veulent respirer pur, après 1000 km de souffrance bitumée.

En attendant les neiges fondent à moins de 2000 m, et on projette des remontées toujours plus sophistiquées, rapides, envahissantes, qui vont pouvoir déverser les nouveaux pieds nickelés sur les cimes, et réhausser  le seuil d’accessibilité aux neiges éternelles, en toutes circonstances. Mais ces transports ne seront réservés qu’à la crème des touristes, le réchauffement climatique éloigne le toboggan du commun des mortels, seuls les ayant droit, carte mastercard en poche se verront décerner le talisman, le pass pour l’invasion des glaciers, avant qu’ils ne fondent définitivement.

Les autres, soit les trois-quarts des fameux 7,5%, pourront toujours se résoudre à admirer le paysage, depuis leur cage à poules au pied des pistes à sec, couleur d’amertume.          

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