DAVOS: LA CONFERENCE DE LA PROCHAINE CRISE

Posté par provola le 28 janvier 2011

                         Davos est une bourgade de luxe , perchée au milieu d’un paradis fiscal, ce qui en fait une lentille  d’observation déformée sur l’économie globalisée. De Funès en tant que chef des cérémonies du G20 veut y placer sa ritournelle de la régulation des marchés ce qui en cette période d’euphorie de la sortie de crise revient à faire pousser du riz au milieu du désert.

Les adeptes du bling-bling accourent à Davos comme les chiens attirés par l’odeur des croquettes, des fois qu’il y ait du rab d’os de poulets. Les puissants viennent s’y renifler et les bonnes affaires aussi, pour s’échanger les cartes de visites.

Le mot d’ordre cette année est « en avant toute », comme le mot d’ordre donné par l’amiral du Titanic, les occidentaux veulent se persuader que la crise est derrière nous, les autres n’ont jamais vu passer la crise, portés par des taux de croissance de 10%.

On est pas là pour parler de régulation mais plutôt de bonus et de profits, on est là pour la CROISSANCE, pour regagner la confiance des investisseurs, et montrer sa nouvelle combinaison hight-tech.

Les Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) sont intarissables sur leurs perspectives, ils entament leurs trente glorieuses à eux et ont du mal à s’imaginer qu’on pourrait leur voler leur jouet.  Je te montre mes nouvelles réserves de pétrole, montre- moi tes sables bitumineux, fais voir tes projets en mer Arctique, je te parle de mes terres rares. L’idée est de creuser, de forer, de ratiboiser, de déforester, de brûler, d’épuiser jusqu’à le moindre goutte d’eau potable, d’assécher la Sibérie, de barrer le lac Baïkal, de réduire l’Amazonie à peau de chagrin. Copenhague et Cancun, les dernières conférences ratées sur le climat, vues d’ici sont de simples concepts inexploitables et pas rentables du tout.

La Chine a assez de réserves en Dollars pour tenir à bout de bras les USA, et l’Europe, l’Inde sera bientôt le pays le plus peuplé et forcément le pays à plus fort taux de croissance, là où se font jour les meilleures perspectives de rendement des investissements.

Davos 2011 est l’émergence d’un monde nouveau avec des vieilles recettes, on déplace le curseur de la croissance mais on ne change pas de méthodes. On globalise, on irrigue, on plastronne, on est arrogant , les gains envisagés sur la route de la grande marchandisation affolent les compteurs, les bourses reprennent le chemin du ciel. Les pays en voie de développement appelés aujourd’hui émergents se lance à corps perdu dans la mer des béatitudes du développement à tout crin.

Écartées les craintes environnementales, les crises de l’eau, des forêts, de l’air, les contaminations à l’uranium, au plomb, la science nous sauvera, de toutes les catastrophes annoncées.

Davos est une longue vue prise en défaut de parallaxe, d’ici le miroir est déformant et le club des astronomes bien dans l’incapacité de lever les yeux plus haut que leur pompes taillées Prada.  

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