LA GUERRE DU GAZ

Posté par provola le 12 janvier 2011

                         La France est riche mais elle ne le sait pas encore, quand elle le saura, il  sera trop tard pour qu’elle refuse d’en profiter. Si l’on vous dit que votre maison est assise sur un lit de pépites d’or et qu’il faudrait l’abattre pour creuser, je ne suis pas sûr que vous acceptiez de détruire une partie de votre vie pour gagner le droit d’en avoir une autre, fut-elle plus aisée.

Les pépites sont là, sous la terre du Roquefort, ces terres de hautes luttes, ces hauts plateaux des Causses qui refermeraient sous la forme d’or noir ou de « gaz de schistes » des dizaines d’années de bien-être à PNB. Le gaz de schistes est la nouvelle frontière, l’assurance d’un avenir radieux, plein de gaz à effet de serre, l’Eldorado, tout cela concentré sur le territoire qui pensait bien en avoir fini avec les envahisseurs et tous les empêcheurs de tourner en rond. Bové en gardien du temple s’était érigé face à la menace McDo et les graines Monsanto, le voilà à nouveau confronté au déferlement des bannières étoilées, au débarquement des nouveaux G’IS armés de perforateurs et de trépans, qui s’en reviennent plus déterminés que jamais à découvrir le Graal.

Le Larzac s’était débarrassé des bases militaires, des cohortes d’emmerdeurs en tous genres, des touristes, des conquistadors et des chercheurs d’or qui réapparaissent maintenant avec d’autres pioches et d’autres arguments; les plus choquées risquent d’être les brebis qui vont produire du lait caillé. 

Déjà aux Etats-unis, les gaz de schistes ont élu les nouveaux riches, les magnats du futur, les princes consorts  détenteurs des prochaines rolex.

On aurait retrouvé au fond des caves à fromage des gisements importants de ce gaz naturel, le problème est qu’on est là dans un sanctuaire, une des dernières régions sauvages de l’hexagone, le royaume du Roquefort. Son sous-sol argileux est le terrain idéal pour ce que les Américains appellent « shale gaz ». Le géant texan Schuepbach Energy a déjà obtenu de la part des autorités françaises les permis de creuser et d’explorer sur des terres d’une superficie de 4400 km2.

Aux USA cette nouvelle conquête de l’ouest a déjà pris des proportions gigantesques; en 1989, 47 puits d’extraction de gaz de schistes existaient, aujourd’hui il y en existe 6200 et leur nombre est en constante augmentation. Le progrès des techniques d’extraction et l’augmentation du prix du pétrole ont également accéléré le développement des recherches sur le continent européen. 

Certains experts prévoient que cet or noir du futur assurera l’indépendance énergétique du pays, tout cela est peut-être vrai sauf que les geysers du futur ne jailliront qu’après que l’on ait programmé un désastre environnemental. Ce gaz se trouve emprisonné dans les strates des schistes et pour l’en libérer il s’agit de provoquer des mini-explosions souterraines qui détruisent la roche. Pour cela on a besoin de quantités considérables d’eau ce qui risque de provoquer à terme une contamination puis un épuisement des nappes phréatiques.  

José Bové est sur le pied de guerre, et sa tribu de pourfendeurs du bonheur en boîte et en tube. Les hamburgers et les plants d’OGM risquent de se révéler de simples révoltes de mise en bouche et de pacotille car la guerre du gaz est engagée.

Envolées les illusions du Grenelle de l’environnement, les fariboles de la protection de notre atmosphère, de la frugalité énergétique, la mère de toutes les batailles écolos se prépare du coté du fromage qui pue, d’une odeur de soufre.  

Pour en savoir plus sur la menace des gaz de schistes, rendez-vous sur le blog de Fabrice Nicolino: « Planète sans visa »

POUR SIGNER EN LIGNE la pétition rédigée par la Coordination des collectifs pour un moratoire sur la prospection du gaz de schiste: http://www.petitions24.net/signatures/gaz_de_schiste__non_merci

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