CLUB DE ROME (HALTE A LA CROISSANCE ?)

Posté par provola le 28 décembre 2010

                          Je vous propose de poursuivre la lecture d’ »Halte à la croissance ? » et de nous replonger en l’année 1972.

Préface: Le nénuphar qui tue.

Un nénuphar sur un étang double sa surface tous les jours. Sachant qu’il lui faut 30 jours pour couvrir tout l’étang, étouffant alors toute forme de vie aquatique, quand en aura-t-il couvert la moitié, dernière limite pour agir ? Enfant, la réponse- pourtant évidente- le 29 ème jour, nous troublait. Cette récréation illustre un phénomène mathématique fondamental: la croissance exponentielle dans un domaine fini. Fondamental car il en va ainsi de toutes les formes de croissance, démographique et économique notamment sur notre planète. Mais qui deviendra dramatique si l’on ne remet pas en cause l’hypothèse aveuglément admise d’une possibilité de croissances illimitées, et qu’en prenant conscience, on n’agit pas quand il en est encore temps.

Chaque époque a cru qu’elle était à un tournant capital et confrontée à une crise majeure. Pourquoi donc- alors qu’une crise de civilisation semble aujourd’hui si manifeste -l’avenir immédiat ne démentirait-il pas encore ce qu’a en un sens toujours démenti le passé ? Qu’y a-t-il de spécifique, d’essentiellement nouveau, qui nous entraînerait à des crises profondes et redoutables ?

Premièrement, l’ordre de grandeur- la valeur absolue alors qu’on ne s’est trop longtemps préoccupé que des valeurs relatives- de phénomènes à évolution exponentielle.

Ainsi de la population mondiale, dans les trente ans à venir, en raison du niveau aujourd’hui atteint , elle pourrait compter 4 milliards d’humains supplémentaires. ( Ici le Club de Rome se « trompe d’environ un milliards », les 7 milliards n’on pas été atteints en 2005, mais le seront aux environs de 2015). C’est maintenant que la loi de doublement va commencer à faire sentir ses effets, peut-être catastrophiques. C’est à cette menace sur l’environnement, propre aux implications de phénomènes exponentiels, qu’il faut sensibiliser.

Deuxièmement l’explosion de phénomènes de saturation. Ainsi, exemple arbitraire, lorsqu’une unité de population, si elle requiert une unité d’espace( pour l’habitat, les déplacements, le travail , les loisirs) mais dispose de 24 unités, le coefficient d’expansion ( rapport entre l’espace disponible restant et la population) est de 23. A chaque doublement de la population, ce coefficient passe successivement à 11, 5, 2…puis 0,5; au bout de quatre périodes, tout commence à craquer.

Autre exemple, qui est lié au précédent: il devient de plus en plus coûteux d’atteindre, de défricher, d’irriguer et de fertiliser des terres cultivables; les capitaux et les ressources nécessaires- investissements en tracteurs, engrais, insecticides- ne cessent de croître: entre 1951 et 1966 ces éléments ont respectivement cru de 63%, 146%, et 300% pour un accroissement de 34 % de la production agricole. Une croissance analogue nécessitera maintenant bien plus longtemps ou bien davantage de moyens.

Exemples caractéristiques: le coût d’un progrès, ainsi que la lutte contre la pollution ne cessent de croitre asymptotiquement avec le niveau de perfection recherché. Le coût d’un emploi supplémentaire en milieu urbain ne cesse de croître, d’un coté une part croissante du capital sera absorbée pour ne créer qu’un seul emploi, de l’autre la pression démographique  ne cesse d’exiger plus d’emplois. Deux phénomènes liés que guette un seuil d’incompatibilité.  

Troisièmement, comme le montrent tous les exemples qui précédent, notre société est de plus en plus inter-dépendante et complexe, et de ce fait fragile. On constate qu’en milieu urbain le coût des terrains varie en fonction inverse des  espaces disponibles. On constate également que le coût de la santé et de la lutte contre la pollution croît beaucoup plus vite  que la population.

Nous sommes de ce fait impitoyablement menacés par ces phénomènes multiplicateurs qui-tels des neurones d’une bombe atomique ou les cellules d’un cancer – engendrent en tout la saturation. Saturation parfois irrémédiablement  désastreuse, si les phénomènes sont devenus irréversibles: ainsi comme l’attestent déjà certains fleuves ou lacs américains, irrécupérables parce qu’a été dépassé un seuil limite de pollution.

Sachant que vous disposez d’environ 3 minutes et 32 secondes par jour pour vous poser sur ce blog, je poursuivrai le décryptage et la retranscription d’ »Halte à la croissance » ces prochains jours. Pour vous mettre un peu au parfum, vous pouvez vous reporter à la page :  » Club de Rome , tout est dit «  en en-tête sur ce blog.  

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