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DES MIETTES DE GAUCHE (cauchemar d’élection) Article publié sur Agoravox le 24.12

Posté par provola le 22 décembre 2010

                            Des miettes, il ne reste que des miettes de gauche et encore, pas toutes de gauche. Il y a des miettes de biscottes sans sel, qui sont au pain ce que l’huile de ricin est à l’huile d’olive, question de goût et de digestion. Comme les miettes n’ont jamais reformé du pain, les partis de gauche ne feront qu’un tas de déçus du premier tour, aux prochaines élections présidentielles. Le scrutin majoritaire à deux tours est ainsi fait qu’il n’est point de salut sans appui sur la planche d’appel des 17%.

On peut estimer à 20% du premier tour (ce qui représente 10 % de la population; ces 10% possédant 40% de la richesse nationale) le socle électoral sur lequel est fondée la forteresse De Funès, dont le but est de défendre le patrimoine des nantis. A 17% se situe la ligne de démarcation séparant l’accession à la deuxième marche du podium, de la cohorte des recalés pour cinq ans, de plus.

On peut imaginer un Front National aux abords de cette ligne fatidique, ce qui reviendrait pour Marine Le Pen à renouveler le cataclysme du 21 avril  2002 provoqué par son père. Cet électorat planté sur l’étendard étant composé en gros de 5 % de vrais frontistes endurcis et nationalistes, les deux autres tiers étant des refoulés et d’anciens partisans de gauche, issus pour la plupart des couches populaires ayant le plus subit les ravages de la crise économique et ayant quitté définitivement la gauche au discours brouillé. 12% d’électeurs seraient donc passés directement de gauche à l’extrême droite. Mais là, on peut penser que ces 12% représentent en fait le quart de la population car les couches populaires sont celles qui se détournent le plus des échéances électorales, car totalement désabusées par un jeu démocratique détourné au profit de quelques privilégiés.  

Le solde électoral est composé d’une gauche dite sociale-démocrate, pour éviter de faire peur aux gens de gauche qui ont réussi mais qui n’osent pas passer sur l’autre rive, qui est celle d’une cupidité qui s’assume. Cette gauche post-Mittérandienne a perdu ses fidèles bien qu’elle conserve son casting historique composée d’éléphants en mal de pouvoir et de jeunes énarques qui souhaitent mettre à profit leurs études et leur relationnel de bobos comme Valls ou Montebourg; d’autres toutes salades bio dehors sont prêts à passer chez les Verts pour peu que ceux-ci battent le rappel 68 ard. D’autres anciens socialos ont déjà enjambé la bien-pensance actuelle pour voter écolo, l’approche soporifique étant inchangée, l’apparat peut-être un poil plus moderne. Ces cohortes de gens généralement bien-portants, les Socio-démocrates et les Verts représentent peu ou prou  30 à 32% de l’électorat, le problème est qu’il faudra les diviser en deux au moment du premier tour, même avec Strauss-Khan en artificier en chef. Et 32 divisés par 2 ne font jamais que 16%, si vous voyez ce que je veux dire.

La vraie gauche, celle qui veut changer au moins les étiquettes des rentiers, devrait, elle,  s’en tirer avec les oreilles de Mickey, avec 14% des voix, 6% pour le front de gauche, 5% pour le NPA de Besancenot et Krivine, 3% pour Lutte ouvrière. 

Enfin relevons le baroud d’honneur des anciens proches du sommet, mais jamais tout à fait, les Bayrou, les Morin, les Borloo, les Villepin qui se replaceront au centre en espérant émerger de nulle part lors du grand ratissage de printemps, au second tour. Comme ces quatre là pensent la même chose mais se détestent, ils iront en ordre dispersé et récolteront en tout 12% si les vents sont cléments. Ajoutons les chasseurs, les pêcheurs, les traditionnalistes, les écolos radicaux, qui récolteront en tout 5%.

Faites le compte, cela fait bien 100%; en omettant sciemment de compter les 5% de votes non exprimés, blancs ou nuls, (qui ne servent qu’à faire croire qu’ils servent à quelque chose, et en tout cas pas dans le calcul des pourcentages) à bien y regarder, le scénario ressemble à s’y méprendre à celui de 2002, qu’on disait à tout prix vouloir éviter.

Et au deuxième tour on nous refera le coup du « tout sauf Le Pen. », pour la joie de Carla. Voilà une gauche majoritaire, à 58% (en comptant les 12% de déçus votant Front National) qui pourtant restera clouée au pilori. 

Après tout, le cauchemar n’est-il pas déjà inscrit dans les gênes de la Cinquième République ?

A quand un téléthon pour changer d’institutions ?

Le reste, c’est à dire la montagne de verbiages dont nous allons être submergés, cette pelleté de vacuité censée redonner un semblant de crédibilité à une vie politique obsolète et partisane ne pèsera plus que le poids d’une plume ramollie au moment du verdict.

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