DEMOCRATIE DE COULOIR

Posté par provola le 17 décembre 2010

                      Le Conseil européen, c’est à dire la réunion des chefs de gouvernements européens, planche ce week-end pour sauver les meubles de la grande Maison continentale. Le défi est de se doter des moyens d’échapper à la tempête qui risque d’emporter les mécanismes et les échafaudages mis en place en catimini, par des pouvoirs corrompus, sous le joug des lobbies financiers.  

Après avoir soigneusement évité de consulter les 27 peuples sur l’approbation des institutions communautaires, les pouvoirs en place poursuivent donc l’oeuvre de dilapidation des mécanismes démocratiques. Là où la complexité de la situation économique recquiererait un assentiment populaire, les gouvernements effrayés par l’idée d’une consultation électorale se réfugient plutôt dans les brouillards des tours d’ivoire, les chuchotements des cénacles et les bruits de couloir. Les procédures de décision restent pour le moins opaques, décidées sur le pouce car l’impératif est surtout d’éviter d’éveiller l’intérêt des gens d’en bas.

Pensez-donc, en deux jours, en haut lieu, on va décider de modifier rien moins que le texte du Traité de Lisbonne qui lui-même n’a été ratifié par aucun des peuples de l’Union. Le Conseil européen utilise pour cela un alinéa de l’article 46 du Traité qui encadre une procédure accélérée à condition que la modification envisagée n’élargisse pas les compétences de l’Union européenne au détriment des États-membres.

L’idée en ces temps de disette et de quasi-faillite souveraine est que chaque État maintenu en survie comateuse par le fonds d’aide, perde de facto toute indépendance budgétaire. Le processus de sauvetage et d’emprisonnement des États défaillants, mis en place à la hâte, devrait être approuvé, puis entériné au printemps prochain devant le Parlement, pour enfin être adopté par le Conseil en juin prochain.

Ne cherchez pas à comprendre comment on va tenter de sauver des pays plongés dans la potion magique du paradis européen depuis leur enfance, c’est à dire depuis leur entrée en tant que membre. Tout doit rester incroyablement opaque, calqué sur la précipitation des taux d’intérêts et l’insolence des marchés financiers.

Vous ne devez rien comprendre ou soupçonner car vous pourriez avoir à y redire. C’est vous qui payez, et les pots cassés aussi, mais vous n’avez pas droit à la parole et surtout pas à la contestation. 

Les réfugiés de Bruxelles, comme on pourrait les définir, emmurés dans leur certitudes, n’ont pas compris que le passage de telles turbulences économiques impliquent le droit des passagers à en connaître les risques. A trop vouloir miser sur une ignorance supposée des opinions publiques, ils risquent non seulement de ruiner les espoirs d’une collaboration des forces vives des nations à l’installation de la bouée de sauvetage, mais ils mettent en péril l’ultime chance de renouer le lien communautaire sans lequel l’idée même de l’Union n’est qu’une illusion.

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