CANCUN, LA FIN DES ILLUSIONS

Posté par provola le 3 décembre 2010

                         Au moment où la communauté internationale est à Cancun au chevet du climat de la planète, le Qatar est désigné pour accueillir la coupe du monde de foot 2022, ce raccourcis saisissant est la métaphore de notre totale inconscience.

Des stades surchauffés à  45° C, qu’il faudra refrigérer, douze stades inutiles, sur un territoire grand comme la Corse et une enceinte de 50 000 places pour le village de Callacuccia, 220 habitants, cathédrales dans le désert, alimentées par des centrales électriques spécifiquement construites pour l’occasion, on avait déjà eu droit aux pistes de ski de Dubaï, la plus haute tour du monde, des chantiers grandiloquents rendus possibles par les esclaves des temps modernes. 

Comble des cynismes, le Japon vient de refuser de s’associer à une éventuelle seconde phase de l’accord de Kyoto sur les réductions d’émissions au delà de 2012. Lors du premier accord de 1997, le Japon comptait parmi les 40 pays industrialisés qui avaient signé l’accord. A cette époque ces pays étaient responsables de 56% des émissions de CO2, aujourd’hui, 26% , pas parcequ’ils ont réellement amélioré leur rendement énergétique mais parceque d’autres gros pollueurs ont maintenant repris le flambeau.

Les défections ne s’arrêtent pas là, le Canada se retire de tous les processus de mutations vertueuses, il n’est plus question de brider la transformation de ses sables bitumineux qui vont déverser des tonnes de milliards de dollars dans les caisses et de CO2 dans l’atmosphère. Poutine lui se met également à traîner des pieds, les feux de forêt ont dilapidé ses droits à polluer alors pourquoi s’inquiéter outre mesure pour quelques fumées de plus. Il nous a prévenus: « laissez la terre respirer ! »

Cancun devait entamer l’oeuvre de rédemption après l’échec retentissant de Copenhague, les concentrations de CO2 explosent et en même temps les températures augmentent, la corrélation entre les deux phénomènes devenant de plus en plus évidente.

Mais comment raisonner des pays dont les intérêts divergent ? Les uns, les plus coupables, souhaitant entamer un cycle de réduction des émissions de CO2, les autres trouvant que les pays riches sont les grands responsables des dégradations des éco-systèmes et de l’augmentation des teneurs de gaz à effets de serre, ceci impliquant qu’ils se chargent de financer le passage direct des pays en voie de développement vers une économie propre.

Tout cela dans un univers de dupes, le développement durable proposé n’étant qu’un ersatz de régulation, un sparadrap appliqué sur un traumatisme crânien.   

Sans compter que la crise affectant les économies occidentales pèsent sur les opinions et refoulent l’angoisse écologique aux calendes grecques.

Sans compter que Cancun, lieu du sommet, est un lunapark, une pâle copie de Las Végas, un Qatar de plus, une foire des folies humaines, faisant fi de toutes les précautions environnementales, dilapidant ses nappes d’eau douce à alimenter les fontaines des casinos et des golfs.

Sans compter que la lutte contre le réchauffement global semble déjà un concept abstrait passé de mode.

Sans compter que De Funès n’est pas à Cancun mais à Bombay pour vendre des centrales nucléaires.

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