• Accueil
  • > Archives pour le Mardi 23 novembre 2010

ALCOOL, LA DROGUE ABSOLUE

Posté par provola le 23 novembre 2010

                  Il est bon de temps en temps de mettre les choses en place, et l’alcool au piquet. S’il fallait classer les drogues en fonction de leur dangerosité, nul doute que l’opinion placerait l’alcool au niveau le plus bas et l’héroïne en tête. L’alcool est une fête, la pub est partout, le bon vieux rouge est associé à la convivialité, le fruit de la vigne est considéré comme étant un patrimoine national, associer ce monument du plaisir à un danger public est un sacrilège.

Une étude parue sur la revue Lancet, dirigée par David Nutt, ancien conseiller du gouvernement travailliste britannique pour la lutte contre les drogues, nous indique qu’aucune drogue n’est plus nocive pour la santé que l’alcool. L’alcool étant plus dangereux que la cocaïne, l’héroïne, le crack ou l’ecstasy.  

Si les drogues étaient classées selon leur réelle dangerosité, il faudrait placer l’alcool dans la même catégorie que l’héroïne et le crack. Nutt et ses collègues du independent Scientific on drugs ont donné une échelle de nocivité de 1 à 100 sur laquelle l’alcool apparaît à 72, l’éroïne est à 55 et le crack à 54. La cocaïne est à 27, le tabac à 26, l’ecstasy à 9, le LSD à 7, les champignons hallucinogènes à 5. 

Selon l’estimation de l’OMS, l’alcool provoque chaque année dans le monde 2,5 millions de morts par maladies cardio-vasculaires ou hépatiques, cancers, accidents de la route et autres suicides.

Selon Nutt, l’alcool est une « gateway drug » une « drogue-pont » qui fait traverser les jeunes au travers de ses effets thixotropes, favorisant ensuite la consommation des energy drinks, après disparitions des premiers effets euphorisants, puis le passage vers les drogues synthétiques et la cocaïne qui permettent de dépasser la phase de down induite par ces substances. 

Le bilan économique est également très lourd, les maladies liées à l’alcool (cirrhose du foie, diabète, maladies neuropsychiatriques, cancers, maladies materno-infantiles) coûtent à un pays comme la France environ 1% du PIB.

Sans compter les pertes de productivité liées à la surconsommation d’alcool.  

Sans compter les enfants privés d’une vie normale, subissant les drames au quotidien, le dévissage comportemental de parents prisonniers du verre de trop, sans compter le vertige entretenu d’une population occupée à de sombres illusions plutôt qu’à construire l’avenir.

Sans compter l’exposition de milliers de vignerons à des substances qui feraient pâlir d’effroi les manipulateurs de l’agent orange durant la guerre du Vietnam.

Sans compter le ridicule d’un bon repas d’affaires où les convives se congratulent autour d’un vin à 400 € la bouteille alors qu’on pourrait leur faire avaler la moindre piquette sans qu’ils reconnaissent la différence.

Sans compter l’insupportable publicité entretenant les vertus sportives associées à des boissons dites énergisantes ou aphrodisiaques.

Sans compter que la fable du vin entretenant une bonne santé cardio-vasculaire n’est en réalité qu’une façon d’entretenir le chiffre d’affaires de lobbies surpuissants , les grands vins appartenant en majorité à des groupes financiers, Pernod Ricard, Bacardi, ect.

Sans compter que la nouvelle frontière des marchands de bibine est l’énorme potentiel représenté par les marchés émergents. Il suffirait qu’un Chinois se mette à boire un verre de bière par jour pour que nos malteries se prennent  définitivement pour Crésus.

Sans compter que des enfants ont été privés de leur père trop vite disparu à cause d’une dépendance au petit rouge, de merde. 

  

Publié dans SANTE | Pas de Commentaire »

 

Commission du Développement... |
MoDem Mulhouse |
L'Atelier Radical |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Saisir le Présent, Construi...
| Parti Ouvrier Indépendant :...
| Vivre Villerupt Autrement