• Accueil
  • > Archives pour le Jeudi 18 novembre 2010

ILS VIENNENT DE LOIN (CHINE 1)

Posté par provola le 18 novembre 2010

                   La visite de Hu Jintao venu récolter les dividendes de son sentiment de supériorité et les miasmes de notre complainte aura été un sommet de la duperie diplomatique. La France se sera couché devant le tigre et aura planqué sous le paillasson les grandes heures de son histoire industrielle. Effacées les glorioles gaullistes, gélifiées la barbe à papa de la cinquième République.

« Ils viennent de loin » déclara De Funès, Louis 1er, en parlant des Chinois « et ils n’ont pas la même culture, ce sont nos invités et ils doivent être traités comme des invités »  

De Funès voulait vendre et n’avait donc aucune intention d’indisposer ses clients en évoquant les Droits de l’Homme. La visite de Hu Jintao en France aura réuni tout l’aréopage des grands patrons qui (c’est rassurant) s’ils sont nos principaux dirigeants se retrouvèrent tous penauds devant un gros carnet de chèques. Voir ces fortunés industriels, habituellement locataires des alcôves glamour des conseils d’administration se prosterner de la sorte, se contorsionnant jusqu’à raser le sol du front pour grappiller les croûtons de la soupe populaire chinoise avait quelque-chose de jouissif. Mais cela ne nous aura apaisé que l’instant d’une franche rigolade.

Car après viendra le temps des réalités, celui de la réal-politique comme celui de la réal-économie qui ne font plus qu’une. Plus rien en effet ne semble dissocier les aspects de l’organisation de nos sociétés des rouages amoraux des mécanismes financiers. Comme si la société devait dorénavant se calquer sur un compte de résultats, si possible positif.

Le Président chinois étant venu avec ses cadeaux de noël, il fut reçu  avec les égards dus à un invité de marque, made in China, bien sûr.  Notre Ministre des affaires étrangères affairé à faire ses valises Louis Vuitton, avait disparu encore une fois, il fit montre ainsi d’une certaine continuité dans l’action. (Là n’est pas le sujet , juste une digression, j’en ai bien le droit n’étant pas encore sous écoute, du moins le crois-je). Donc sans Ministre de compétence qui aurait fait de l’ombre à sa plante verte, De Funès serra la main de l’empereur du milieu au milieu du perron, l’ampoule à haut voltage se brisa comme si les bouteilles de champagne avaient l’ordre de sabrer la langue de toutes les forfaitures.

Les contrats furent signés ce qui signa l’arrêt de mort de notre industrie. En effet la vision à court-terme de nos pieds-nickelés d’industriels permit à nos hôtes de glisser sur la feuille la reddition de notre armée technologique et le passage sous tutelle pékinoise de tous nos secrets de fabrication qui sont nos bijoux de famille les plus précieux. Ce qui se vend pas cher aux chinois, c’est ce qui se fait de mieux en matière nucléaire, ferroviaire, aéronautique, chimique. Les groupes privatisés que sont AREVA, ALSTOM, EADS, TOTAL qui ne sont en réalité que des émanations de projets d’État, des créations nés d’investissements nationaux, se plièrent au dictât de l’audimat et à l’obligation du plus grands des transfert technologiques. AREVA, l’ancien  Commissariat à l’énergie atomique dispose du savoir faire atomique ayant abouti à la bombe et au programme nucléaire d’EDF, ALSTOM a grandit de perfusions de la SNCF, développant le TGV grâce aux commandes sans concurrence de son commanditaire, EADS est la réussite de la coopération franco -allemande, TOTAL, profite de la manne de la « France- Afrique » .  

Toutes ces technologies de pointe, ce savoir-faire sans équivalent appartenant au peuple font aujourd’hui partie d’un panier d’échanges visant à grappiller quelques années de répit avant l’invasion définitive, avant l’immanquable retour de bâton. 

Ces compagnies maintenant privées ayant reçu en dote ce capital signent des contrats en trompe l’oeil, consignant pour quelques deniers les fleurons de notre histoire alors qu’un lissage dans le temps des échanges, qu’une coopération équitable et mieux maîtrisée eut préservé au moins les apparences.

Les bénéfices de ce troc de bas étage seront aussi éphémères que le crocus de printemps. Peu importe, lors de la prochaine marée, les boss du CAC 40 auront été remplacés par les liquidateurs et couleront des jours heureux sur leur yatcht vautrés sur leurs stocks-options.

Mais les Canadiens, les Allemands, les Américains ne se sont-ils pas lancés à corps perdu à la grande braderie ? Évidemment, la même logique de la compétition mondiale emporte tout et il faut bien essayer de vendre avant que tout devienne invendable. La grande évidence sous-jacente de ce grand barnum des affaires, c’est la logique du capitalisme actionnarial. Signer un contrat, c’est soutenir un cours de bourse, c’est maintenir en apnée une action et rien n’est plus fugace et volatile qu’une action.    

 » Il faut acheter le savoir-faire occidental pour pouvoir ensuite dominer le monde ». La Chine n’a jamais caché sa volonté hégémonique et il n’est que d’écouter les déclarations triomphalistes de ses grands patrons pour s’en persuader. 

La piorité, c’est vendre avant que les autres ne le fasse , peu importe que bientôt, forts de ce transfert technologique nos clients se transforment comme par enchantement en nos uniques donneurs d’ordres. 

Publié dans CHINE, ECONOMIE | Pas de Commentaire »

 

Commission du Développement... |
MoDem Mulhouse |
L'Atelier Radical |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Saisir le Présent, Construi...
| Parti Ouvrier Indépendant :...
| Vivre Villerupt Autrement