HISTOIRE D’EN PLEURER

Posté par provola le 8 novembre 2010

                   L’Italie ayant perdu depuis bien longtemps le sens de la collectivité, il ne lui restait plus pour assoir une unité quelque peu crédible que quelques vestiges d’une époque révolue. Ce temps où les légions romaines ne se contentaient pas de palabres inutiles mais tenaient dans leur Art de bâtisseurs un discours intemporel. Comme s’il fallait inscrire dans cette histoire  glorieuse une date fatidique ou soudainement l’humanité aurait décidé de mettre de coté son passé pour se consacrer aux contingences inavouables du présent, le gouvernement italien de l’ère berluconienne, ce pouvoir de couards se dispensa en ce jour maudit , samedi dernier pour la précision, d’assumer la totale responsabilité de l’effondrement d’une des merveilles du patrimoine mondial, la Glorius gladiatorius de Pompei.  

Ne vous méprenez pas, je ne vous parle pas d’un endroit quelconque des pissotières de l’Elysée, mais d’un haut lieu de notre mémoire collective, d’un bijou de notre civilisation, de notre maison à tous. Samedi dernier donc, on a pu assister stupéfaits à l’écroulement de la maison des gladiateurs de Pompeï, certainement sous l’effet d’un glissement de terrain du à de fortes pluies. Des ruines, voilà ce qui reste désormais de ce flambeau de l’Art romain, un amas de pierres, un vulgaire tas de sable. La réaction du Ministre (Stefano Bondi, le bon jour, il fallait l’inventer) des biens culturels ne se fit pas attendre, on eut aimé qu’elle intervint avant le désastre:« Il ne faut pas profiter de cette catastrophe pour créer une polémique ».

Voilà qui en dit long sur l’ état de l’Etat italien après des années de gestion Berlusconi. Le Ministre se préoccupe avant tout d’éteindre l’incendie de la polémique au lieu de prendre la seule décision décente: la démission. Tacher de gérer les effets politiques et de payer les maçons qui devront remonter les murs en parpaings est l’unique programme de diversion.   

Dans un pays qui concentre une bonne partie du patrimoine de l’humanité et qui consacre moins de 0,15% de son budget  à sa préservation (DIX FOIS MOINS QUE DES PAYS COMPARABLES ), il ne faut pas s’étonner que de telles calamités surviennent. Le Président de la République vocifère mais il n’a que le pouvoir de s’émouvoir, Berlusconi, lui est toujours en chasse de la prochaine vierge mineure et ça amuse tout le monde . Il lui importe juste d’effacer le tableau noir des vraies préoccupations du peuple.

Tant que les évadés fiscaux seront les héros de la farce, les mafias les premiers importateurs , les nichons refaits les vedettes du petit écran, la ligue des racistes du nord la clé de la vie politique, le pouvoir poursuivra sans coup férir son oeuvre de destruction dont l’écroulement de Pompeï n’est que la métaphore.

Car voilà que l’on spolie l’histoire après avoir rasé les fondements de la Nation, ultime imposture.

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