LA DECROISSANCE, MA BOUTIQUE

Posté par provola le 24 octobre 2010

                  Je vous parle de ma famille de réflexion, le tableau est triste, pas de quoi pavoiser. Vous expliquer la vraie et la fausse écologie n’est pas affaire aisée. Les pompiers de la Planète se battent comme des chiffonniers, on est au chevet de l’humanité comme à l’entrée du Colisée, harnachés à la robocop, prêts à la confrontation des idées, au meurtre intellectuel, sans complaisance.

Les décroissants ou « objecteurs de croissance » sont les vrais écolos, il n’y a pas de doute, il détiennent la Vérité, le problème est qu’ils détiennent tous la Vérité, ce qui fait quand même beaucoup de Vérités. Dans leurs clous le chemin est pavé de bonnes intentions.

Je ne vous parle pas des écolos, les écolos officiels, ceux qui se sont regroupés sous la férule de « Génération Ecologie ». Ce serait trop facile, ceux-là sont tout sauf des écolos. Ils bénissent le développement à marche forcée qui implique la disparition de tous les écosystèmes, pour faire passer la pilule ils acceptent les outrages de la mondialisation en peignant l’enfer d’une lazure verte, ils vendent l’idée géniale des biocarburants, la voiture électrique est leur dernière frontière, ils rassurent l’opinion sur leur véritable objectif: ne rien changer. Ils ont signé des deux mains le fameux et brinquebalant Grenelle de l’environnement.

Les décroissants, eux, sont les purs et sont inconnus du grand public, il sont contre le dérapage incontrôlé de l’économie libérale mais ils sont avant tout contre les autres décroissants, s’il en est un qui souhaite casser la pub et l’outil industriel, il y en aura un autre qui mettra le feu, comme si l’on voulait les rallumer, aux cendres de la révolution d’octobre. L’autre écologie, la bonne, celle des Serge Latouche, des Fabrice Nicolino, des Paul Aries, des Yves Cochet fait son petit business sur le dos du retour en arrière, comme ces visages de cire qui veulent ressembler aux miroirs de leur jeunesse.  Je les regarde s’étriper, se torcher à coups de formules magiques et de mots intelligents, ils ne s’aiment pas car sans foi ils sont tous des prophètes. Dégarni, le front du refus est une clique, un clan, invertébré le mouvement est celui du serpent trop lourd pour surfer sur des vagues immobiles. Je suis des leurs et je m’en désole parfois.

Les pages les plus censées ne sont-elles pas celles des hommes à la marge, à l’abri du comité des cons, ces consciences bien pendues comme celle d’Axel Khan qui justifie la protection de la biodiversité, en donnant l’exemple de la priorité qu’il y a de sauvegarder le vol de la mésange pour ne pas priver nos enfants d’un des facteurs de leur développement intellectuel, qui insiste sur l’obligation de ménager la nature dont les infinies bontés pourront donner à nos successeurs les outils de leur subsistance, inconnus à ce jour.

Les décroissants sont une secte pleurnicharde, un groupuscule à l’aspect d’une dictature d’idées, une chapelle en haut sur la colline, ils semblent bien contents au fond que le monde capitaliste explose les compteurs les uns après les autres. Plus les choses vont mal et plus les durs du retour en arrière se trouvent consacrés dans leur métaphore du désastre, sacrés sur un piédestal de marbre parmi les chrysanthèmes.  

Messieurs, fini la récré, sortez les oeillets, les fleurs au bout du canon d’espoir. 

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