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PANNE DE CINQUIEME

Posté par provola le 20 octobre 2010

          L‘ origine de la fièvre actuelle n’est pas à rechercher du coté de la réforme des retraites mais plutôt dans l’incapacité du pays d’accorder la moindre parcelle de liberté politique au peuple. Le manque de dialogue est la vraie source du mécontentement, les racines du mal sont dans ce poker menteur de la société.

La loi imprime une fausse liberté, les textes sont biaisés, le système électoral majoritaire à deux tours permet à un homme parvenu au zénith grâce à son charisme de diriger de manière totalitaire. Le parlement est une parodie d’assemblée, sans débats. Les députés ne représentent qu’une infime partie de l’electorat. Les deux partis dits de gouvernement ne défendent que les intérêts de la bourgeoisie, ils confisquent l’espace politique, ils sont les seuls à pouvoir revenir à un système proportionnel où toutes les tendances seraient représentées, mais ils se gardent bien de même évoquer cette éventualité.  

La Cinquième République, notre maîtresse tant adorée a été durant des générations notre seule vision du vivre ensemble, elle est dorénavant notre fardeau, notre punition, notre anomalie, notre fléau, notre létale identité.  Elle est notre anormale mise en plie des mécontentements, l’arrangement d’un homme avec son histoire, un héritage de confiscations, un empilage de renoncements. Pour que vive le système des monopoles, que subsiste la féodalité, que perdurent les grandes dynasties.

La Cinquième spolie le peuple, en ne lui laissant que les miettes sociales, elle organise l’imprimatur présidentielle, elle n’est qu’une parodie d’égalitarisme, elle protège le pouvoir des contestations et des volontés du peuple, comme le bi-partisme aux États-unis, au Royaume Uni et en Allemagne, comme dans la plupart des démocraties occidentales, comme le régime de Pékin qui dérobe les libertés pour permettre à certains de s’enrichir. Elle subtilise le pouvoir au peuple pour  sauvegarder le pouvoir des grandes fortunes et les représentants du peuple n’ont que le pouvoir de sauvegarder leurs privilèges.

La Cinquième n’a que le souci de faire croire au miracle social et de faire croître l’économie du gaspi et des désirs jamais assouvis, ce qui est la même chose. Comme une eau qui boue et déborde, comme une longue gestation des angoisses, comme une complainte sourde, comme le malaise des banlieues, la crainte des marchés, guide du grand timonier charrie les mécontentements et les angoisses existentielles, comme une gorge serrée qui vous fait avaler de travers. Le futur est devenu trop lourd à porter, nous sommes tous devant nos étalages, seuls devant l’éternité, embringués dans cette course folle qui ne mène nulle part ailleurs que dans les ruines de l’esprit.

Le marché mondial est notre constitution. Ce grand oracle est notre tenancier des humeurs et des craintes, cette peur de ne savoir malgré la meilleure volonté vider complètement nos vitrines d’immondices. Ces ordures qui s’accumulent dans nos rues ne sont que les miasmes de nos désirs inassouvis et les poubelles sont des miroirs et des lanternes au rythme des cartes bleues, au son de la valse des tirelires.  

La vie se résume à cet instant unique de l’achat, cette magie du futile, que d’aucuns considèrent comme un signe du destin et d’autres un chant du cygne.  Ce geste est si étranger au genre humain que la fée publicité a remplacé nos Saints et nos prières, pour que règne sur nos esprits le Dieu de toutes les consommations.  

La Cinquième République n’est qu’une chauvine originalité dans la façon de mettre en scène notre liberté. Mais notre liberté de contenter notre désir de crédit et de possession est la plus petite des libertés, le plus petit dénominateur commun de la société capitaliste, toute la mécanique moderniste est un arsenal des pulsions factices qui reposent sur l’illusion consumériste de nos démocraties libérales.

En fait, plus rien ne marche dans notre système de dupes, que les colonnes revendicatrices et les barricades.

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