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LES VRAIS TERRORISTES D’ARLIT (CHAPITRE 4)

Posté par provola le 26 septembre 2010

 

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          Il ne leur suffisait pas de vivre dans les radiations et les poussières radioactives, de gagner un salaire de misère, de boire une eau souillée, de vivre dans un bidonville contaminé qui vous tue à petit feu, d’enrichir les pilleurs d’uranium, les porteurs de cancers. Non, tout cela c’était du gâteau, le pire pour les habitants d’Arlit, c’est la famine qui guète au coin du désert qui avance. Cette région du Sahel souffre depuis des années d’une sécheresse toujours plus prégnante, au Niger , 60% de la population soit 8 millions de personnes souffrent de la faim, dont 1,5 million d’enfants de moins de 5 ans.

« 380 000 d’entre eux sont en danger de mort », explique Raymond Yoro, Secrétaire de Caritas Niger.

Se souvient-on du reportage de la BBC en 1984 sur la famine en Ethiopie qui avait provoqué un élan de solidarité mondial ? (We are the world ») A distance de 26 ans , les mêmes causes provoquant les mêmes effets au Sahel, la situation ne rencontre qu’indifférence.

On se soucie des otages d’AREVA dont le sort pourrait décider de la suite des relations commerciales entre la France et le Niger et de l’approvisionnement des centrales nucléaires. Savoir si l’on va pouvoir se chauffer cet hiver, ça , ça peut intéresser le bon peuple, encore que, il suffirait que Carla nous souhaite les bons voeux pour que la mayonnaise présidentielle prenne une fois de plus. 

Plus sérieusement, de nombreuses familles du Sahel doivent vendre leur dernier bétail pour acheter à des prix exorbitants une nourriture rare; pour survivre, de nombreux agriculteurs doivent vendre leurs terres à des multi-nationales agricoles. Des personnes sous-alimentées mangent le grain destiné à la volaille ou des plantes sauvages. D’autres creusent dans des fourmilières pour y piquer la nourriture des insectes, d’autres quittent définitivement leur maison pour fuir dans une direction quelconque.  

La moitié de la population du Sahel souffrant de la pénurie alimentaire, dont celle du Niger, vit avec moins de 1,25 dollars par jour, une succession de mauvaises récoltes ces dernières années a fait flamber le prix des denrées alimentaires de 30%. 

Les changements climatiques induisent désormais trois périodes de sécheresse tous les quatre ans ce qui fait reculer la production agricole et l’élevage. 

De plus la crise économique mondiale a provoqué une chute des aides alimentaires , le manque d’intérêt des médias pour la cause du Sahel a également abouti à une chute des dons . Des 85 000 tonnes d’aides alimentaires promises au Niger cette année, seules 45 000 tonnes sont effectivement arrivées.  

C’est dans ce cadre apocalyptique que vient AREVA se moquer du monde en essayant de faire pleurer dans les chaumières à propos des personnels en danger. AREVA, des milliards de chiffre d’affaire, un business planétaire, la haute technologie du futur, AREVA qui sème la pistouille pour des centaines de milliers d’années sur un territoire grand comme plusieurs départements; cet AREVA là, insensible au malheur alimentaire, imperturbablement, transgresse les règles de la décence, voir de la démence.

Car enfin, est-il possible de proclamer haut et fort que l’activité nucléaire est un bienfait pour l’humanité alors que la réalité est plutôt d’accumuler des bénéfices et d’ entasser des immondices sur le dos d’une population exploitée ? Où sont les hôpitaux, où sont les écoles, où sont les symptômes du développement durable dont il est question sur le site internet d’AREVA ?

ELF puis TOTAL ont laissé un Gabon délabré en des décennies d’ exploitation outrancière des puits de pétrole d’un pays  qu’on appelle abusivement la Suisse d’Afrique, sans un regard pour une population à la richesse potentielle mais sans le moindre centime en poche. Le même scénario à l’allure d’un traquenard se reproduit au Niger par la faute de bandits endimanchés et cotés en bourse.

L’histoire se répète d’une lancinante forme qui pourrait se résumer ainsi : LA BOURSE OU LA VIE. 

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