• Accueil
  • > Archives pour le Vendredi 24 septembre 2010

LE PREMIER ECOLO, C’ EST ROUSSEAU

Posté par provola le 24 septembre 2010

 

 jeanjacquesrousseaupaintedportrait1.jpg  

Une douce pente et la vue plongeante sur Paris, orientation sud et des cerisiers. Lassé des courtisanes et des commères, il s’en vint revivre et retrouver une plume au pied du mont. Six ans à parcourir la forêt, à pousser les pions d’échecs, à aimer sa Thérèse et sa cheminée pas plus grande qu’un écran télé.

Loin des fastes de la cour et foulant les sous-bois il était l’ombre de lui-même, c’est la façon qu’il trouva de devenir ce qu’il fut. Le matin décriptant les prairies infinies de son génie, arpentant des après-midi entiers les mêmes sentes et parcelles de bonheur simple. Ayant abandonné ses cinq enfants, il vengea sa décadence comme on trompe l’ennui, il s’inventa un Emile qu’il emmena traverser la vie du coté de Montmorency(Val D’Oise). Aujourd’hui encore il règne au donjon, qu’il adopta comme porte d’entrée pour l’esprit, une atmosphère immobile, comme un temps en suspension.

Et les silhouettes proches sont des envahisseurs impénitents mais au loin la colline d’Argenteuil est un fond d’oeil précis sur l’inspiration divine. Car il ne cessa de croire en la Providence même après l’insulte suprême subie de son meilleur ennemi de philosophe, un certain Voltaire qui révéla le coté inavouable de son existence.    

Leur dispute d’anthologie sur les causes du séisme de Lisbonne de 1755 donne la mesure d’un talent au dessus de tout soupçon, d’un verbe certain de ne jamais être effacé.   D’une magistrale arabesque en réponse au torsionnaire des vieux démons, geste vengeur contre le seul à boxer dans sa catégorie, Rousseau contra l’illusion d’un désastre venu de ce clément de Dieu,  qui plutôt découlait d’une folie des humains de vouloir tromper la pesanteur, de faire des étages pour réduire l’espace.

Enlevez Dieu de leur complainte d’époque vous avez là une polémique des plus modernes et pertinentes au moment des choix cruciaux du futur. Pour l’un le tremblement de terre qui fit 100 000 morts  est dû en grande partie à une colère d’un Dieu vengeur, c’est à dire une nature déchainée et n’ayant cure de ses fils. L’autre ne s’en laissa pas compter qui mit sur le dos des architectes et des idées de grandeur des citoyens de l’époque la cause principale du désastre. Une sorte de précurseur de la non-croissance bien avant l’heure du soi-disant développement durable. 

L’un fut le chantre de l’archarnement moderniste, un constructeur des autoroutes de la pensée, l’autre dans son réduit du petit-Montlouis prit soin d ‘élargir le champ du futur à l’immensité de sa modestie intérieure. 

Autant l’un se sentait libre de par son ardeur à vouloir se détacher du joug de la Providence, qui n’est rien d’autre que l’expression d’un activisme dans l’ asservissement de la nature, autant l’autre reconnaissait dans l’oeuvre humaine une altération des égalités, dans la propriété une maladie de la démocratie, dans l’accaparement par certains des ressources naturelles une spoliation du bien commun.

L’un était un libéral, l’autre un partisan d’une juste répartition des richesses, l’un voulait renforcer les digues de protection de Lisbonne et continuer d’agrandir la ville, l’autre laisser couler le Tage sans le contraindre le moins du monde.  

L’un repoussait les limites de la liberté, l’autre s’évadait dans la frugalité. 

Publié dans HISTOIRE | Pas de Commentaire »

 

Commission du Développement... |
MoDem Mulhouse |
L'Atelier Radical |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Saisir le Présent, Construi...
| Parti Ouvrier Indépendant :...
| Vivre Villerupt Autrement