LES FARIBOLES DU POUVOIR

Posté par provola le 24 août 2010

L’action menée contre les Roms en cet été de misère intellectuelle a de quoi nous laisser pantois, de honte. rien ne nous aura donc été épargné, l’absurde chasse à l’homme miséreux, après l’ineffable chasse au voile, la castagne des banlieues, la croisade des roulottes, la guerre des sans-chemises sous la tente, l’évacuation des sans-emplois de la liste des  chômeurs.

De Funès traite la mendicité par la force, gardant sa mansuétude pour les puissants, pourchassons nos délinquants en culotte courte et lavons les pieds de nos fuyards fortunés.

Malheureusement, l’arnaque programmatique ne sert qu’à enfoncer un peu plus le clou du désastre budgétaire. A force de protéger les profits et les patrimoines, l’Etat s’endette à trop vouloir plaire, ceux qui se planquent n’ont que l’embarras du choix de leur destination, ceux qui sont cloués à leur indigence ne peuvent que constater la hausse des déficits et la baisse des prestations sociales. 

Comment mieux dévier l’attention qu’en tapant sur les faibles, qui seraient en plus de véritables dangers pour l’ordre social ? Comment effacer le tableau noir de l’évasion et du bouclier fiscaux, comment repeindre les Bettencourt en blanc ?

On exhale le discours sécuritaire à tout bout de champs d’OGM et de quartiers délicats, on montre de dérisoires muscles s’exerçant à d’inutiles proclamations aux tendances nauséabondes. Le but est de diviser la classe moyenne qui n’est qu’un sous-prolétariat en devenir. Que sépare en définitive les deux bords de l’immense majorité des payeurs de dette ? Le nom de l’impôt, les uns réglant la totalité de l’impôt sur le revenu et les autres ne pouvant se payer que la TVA?

Alors il faut faire croire à cette équation insensée, division des pauvres et des moins pauvres, laisser planer ce sentiment d’auto-satisfaction sur la tête des classes dites moyennes, ce doute que leur situation doit forcément se distinguer des couches moins aisées. Les villes sont les mêmes mais on met des caméras pour rassurer les trottoirs de bobos, les hôpitaux sont les mêmes mais les chambres individuelles sont promises aux ayant droit, les écoles sont les mêmes sauf que certaines sont privées et les autres privées de tout et avant tout de bons profs.  

La vitesse est la même, mais la bagnole est différente, dérisoire distinction, qui n’est qu’un instrument d’une immense équivoque.

Car la césure ne se situe pas là où on veut bien que nous la mettions, si l’on considère que 10% de la population  possède 25% du patrimoine, il faut taper bien au delà de la coupure habituelle, dite droite et gauche, mais bien là où n’y a plus de frontières, là où les paradis sont de ce monde et Dieu pour certains.

La richesse de Bernard Arnault représente 1 418 000 années de smic soit 35000 vies professionnelles complètes de smicards, basées sur 40 ans. Les 10 % les plus pauvres possèdent 3.7 % de la richesse nationale, les 10% les plus riches, 25%; 20 % de la population possède 40% de la richesse. Au premier tour de l’élection présidentielle, De Funès a obtenu 30 % des votes, 20% des inscrits, ceux du haut de l’échelle à peine évoqués. Son élection , il l’a doit donc aux 30% de bobos, arrivants anxieux de l’avenir du second tour, les croyants de la bonne parole, les primo-aspirants à l’ascension sociale, qui se voient dans la glace plus à leur avantage qu’il sont en réalité, qui se font prendre dans le piège électoral la main dans le pôt de ketchup, à la poursuite du rêve américain et de la fée libérale.

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