FOYER EN SURSIS

Posté par provola le 27 juillet 2010

   

Foto de arquivo (foto AP)

            Une fois n’est pas coutume, je vais m’exposer un peu sous le feu des projecteurs, sans risquer le second degré. Comme vous l’aurez compris par quelques articles passés, le Portugal m’a adopté il y a quelque temps déjà et je n’ai pas dit non, si le pays possède d’indéniables vertus il n’en recèle pas moins quelques cotés obscurs, effrayants à plus d’un titre.

Les nouvelles de Lusitanie ne sont pas bonnes, aujourd’hui, par des températures record de 40°, ma modeste bâtisse a été léchée par les flammes, pas croquée, la bonne nouvelle, c’est qu’elle est toujours debout et que la forêt alentour est totalement carbonisée. On peut estimer que le prochain feu passera à quelques encablures, ce qui est plutôt rassurant.

Les Portugais en bons navigateurs vénèrent l’eau depuis des siècles, comme l’élément dont ils sont issus , ainsi ils ont du mal a maîtriser le feu qui leur brûle les doigts et leur échappe.

Ils ont couvert les collines d’eucalyptus et de résineux qui mélangés représentent la meilleure des torches, les plus belles montagnes sont désertes, les forêts d’antan ont été cramées pour donner une bonne herbe au bétail, les sols délavés ont évacué les restes de terre végétale. Ces montagnes ne brûlent plus car les pierres ne brûlent pas. Au moment des grands rassemblements d’émigrants, pour fêter l’été, les habitants perpétuent le lancé de roquettes qui deviennent des flammèches ou des flèches ardentes par fortes chaleurs, ce qui ne fait qu’augmenter les températures.  Les repas festifs sont à base de poulet rôti, de morue à la braise et de poivrons grillés; ils ne sont pas rares les feux de forêts qui sentent le barbecue.

Le principal volcan est situé dans l’archipel des Açores, à quelques milliers de kilomètres, alors les pyromanes réunis se donnent le mot pour reproduire l’expérience unique du laché de lave, les grands feux d’été aux Portugal sont visibles depuis la navette spatiale. Mais le spectacle est interdit à terre le brouillard de cendre est si dense que les yeux pleurent le paradis perdu, la respiration est un défi, la crise d’asthme une probabilité. Les anciens se planquent car la mort rôde à chaque coin de rue.

Le réchauffement climatique a bon dos, il est avant tout une manne pour les compagnies privées qui possèdent les moyens aériens du combat contre les incendies. Les avions canadair, les hélicos appartiennent en majorité aux privés qui comptabilisent chaque seconde de vol. Un avion à terre est une charge, en vol il rapporte, il n’est pas rare de voir un hélico incendiaire se charger d’allumer le brasier.  

L’Europe est également responsable du désastre annuel, de généreuses subventions sont allouées aux propriétaires terriens pour les inciter à débroussailler. L’argent de Bruxelles arrive, mais il se sert pas à nettoyer les sous-bois mais à alimenter la spéculation immobilière. Pour que les constructions avancent, il faut des terrains pas chers, qui une fois bâtis prendront de la valeur.

Pour que les terrains deviennent constructibles, ils suffit de les brûler…   

Pour vous faire une idée:

http://sic.sapo.pt/online/video/informacao/noticias-pais/2010/7/em-oliveira-de-frades-o-fogo-num-eucaliptal-ameacou-varias-casas28-07-2010-04840.htm?wbc_purpose=baMODEld%25C2%25A2

  

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