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ECONOMIE FANTÔME

Posté par provola le 7 mai 2010

Tout explose, dévisse, dérape, pas pour tout le monde. Plus rien n’arrête le vent de folie, le processus de déchaînement, appelée pudiquement libéralisme qui n’est qu’une liberté des puissants, des possédants, qu’un jeu de quilles ou de massacre des logiques humanitaires.

Qu’on en juge:

les perspectives de croissance sont révisées à la hausse, cela fait baisser les marchés car cela renforce la tension sur les salaires,

l’emploi redémarre aux Etats-Unis, cela fait monter le chômage car en ramenant la confiance dans l’économie , cela redonne envie à des exclus de se remettre sur le marché du travail,

la croissance est la seule solution pour redresser les comptes des états endettés, résultat: on baisse le train de vie des états et on augmente la récession,

on spécule sur la dette des états et on rachète les risques de banqueroute, ce qui permet de spéculer sur la panique produite, de revendre le secours des états solvables à bon compte,  

la bourse baisse, on appelle ça « prises de bénéfices » ou « séance de consolidation », consolidation, c’est plutôt positif, en définitive, c’est ce qui rapporte le plus aux quelques-uns qui gagnent sur le dos de la majorité des petits manipulés qui croient jouer le même jeu que les gros, 

les ordinateurs les plus sophistiqués, les logiciels de marchés, thermomètres des bourses, sont attentifs au moindre bruissement d’aile d’une tendance quelconque et se mettent en chasse de toutes chances de gains au centième de seconde; comme toutes les montres suisses sont calquées sur la logique du profit immédiat, du jackpot sans délai , l’économie virtuelle donne le ton à une économie réelle qui du coup se trouve  sans réelle solution pour se dépêtrer de tant de secousses inutiles,

les marchés financiers devraient être le moyen de financer l’économie réelle, c’est l’inverse qui se passe comme si le moindre fruit du travail, la moindre forme de création artisanale ou artistique, la moindre création de richesse était un espace de jeu supplémentaire pour l’économie virtuelle, qui n’est pas virtuelle pour tous,

les monnaies sont le reflet de la respiration libertaire des marchés financiers, le dollar n’est soutenu que par les Chinois, car ce sont eux qui les détiennent, tant que ceux-cin’auront que la solution de les stocker ils permettront à l’oncle Sam de faire tourner leurs usines, le duo Chine-EUA est une association de frères-ennemis, ceux-ci  s’entendent comme larrons en foire pour ratisser large, les terrains d’expression et de conquêtes sont l’Europe et l’Afrique,

l’Europe est une plume politique, une mine d’or prête à être pompée de sa substance industrielle, l’Afrique est une mine à l’échelle d’un continent, ici et là des pouvoirs à la solde assurent la stabilité sociale,

la logique du profit, des inégalités, du gachis, de l’individualisme pour les masses n’a plus d’écran (les élites, elles, savent se regrouper et profiter de l’effet de meute), on appelle ça une machine formidable à créer de la richesse,

les états d’Europe qui devaient être un espoir, un exemple d’équilibre entre les marchés et la redistribution sociale n’ont  jamais été aussi riches mais ils n’ont jamais été aussi endettés comme si la substantifique moelle appartenait désormais aux détenteurs des bons du trésor, aux fonds spéculatifs internationaux, aux exilés fiscaux, aux chasseurs de primes, aux paradis fiscaux,

la logique financière demande une cure d’austérité à des états en plein choc cérébral, des pans entiers d’acquis sociaux sont détricotés au seul bénéfice des spéculateurs, rentiers, mafias et autres dynasties,

les populations sous lobotomie permanente se croient en « démocratie » ou’ seul le choix de la chaîne sur la zapette est une liberté des consciences,  

Les élections sont des respirations artificielles, seulement canalisées entre des libéraux de droite et des libéraux de gauche, l’exemple symptomatique nous est fourni ce jour par les élections au  Rouyaume-uni ou’ trois partis de droite se disputent l’illusion de la gauche,

le social est une insulte, un cache-misère, une résistance du passé, une obsolète nostalgie, une valeur non monétaire,  

la crise de 2009 n’a rien changé, elle a accéléré le mouvement de bascule du partage vers un improbable bonheur consumériste,

les médias sont le bras armé du marasme des consciences, une marée noire en mer profonde, une fuite des capitaux sans couvercle,

le foot est une pilule contraceptive contre toute tentative de galvanisation des énergies, une mièvre dérive des continents mentaux,

les gouvernements fantoches, poupées de cire et marionnettes en transit participent à l’oeuvre de destruction systématique d’un passé de révoltes populaires, de partage du bien commun, de batailles populaires, de morts anonymes, de dons de soi.

Je parle d’un temps qui parait n’avoir jamais existé tant le sort de l’humanité semble se résumer à la satisfaction de pulsions destructives et immédiates, le délabrement de notre monde est avant tout le délabrement de notre esprit collectif, dont l’économie moderne n’est que le reflet.    

   

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