CES MORTS QUI FONT LA ROUTE

Posté par provola le 12 avril 2010

 arsenic1.jpg  On savait que la route tuait, on se doutait que la route tuait avant que quiconque n’ait roulé dessus.

Car les ouvriers de la route qui étalent le bitume brûlant ne font qu’étaler leur longue procession vers une courte destination. Hier s’est ouvert au tribunal de Bourg-en-Bresse le procès du « cancer du bitume » ainsi appelé car il semble que le lien médical soit enfin établi entre cancer et épandage quotidien et sans protections de marée noire rectiligne.

Le procès oppose Francisco Serrano Andrade décédé d’un cancer de la peau, à un major du BTP (Eurovia filiale de Vinci) autant dire le combat de David et Goliath, sauf que David est déjà mort, emporté par les vapeurs toxiques et le magma en fusion. Francisco était un vulcanologue qui s’ignorait, pas de combinaison pour les prolétaires du feu. Une paire de gants, une casquette et un râteau, Francisco devait se débrouiller avec ça, il n’est pas le seul, on ne s’embarrasse pas de masques, ça ralentirait le travail. Et les grands groupes concessionnaires autoroutiers n’ont pas le temps d’attendre car chaque jour gagné est un jour de recette des péages de plus qui vient gonfler l’escarcelle des actionnaires.

Que voulez-vous qu’un petit ouvrier immigré Portugais puisse faire contre un système qui broie les hommes comme la moulinette des steaks hachés.

Le rapport médical est clair, Francisco a été emporté par inhalation prolongée de gaz mortels, son combat posthume est la seule preuve qu’il n’est pas tout à fait mort.

Il y en a une qui doit au moins être contente en ce moment , la caisse de retraite qui n’a plus personne à indemniser. En augmentant l’âge légal de départ à la retraite pour tout le monde de 60 à 63 voir 65 ans , on est sûr de se débarrasser pour toujours, des étaleurs de mort noire.

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