LES ELECTIONS OU L’ANTI-DEMOCRATIE

Posté par provola le 11 avril 2010

La démocratie ne peut pas fonctionner sans élections, mais les élections empêchent la démocratie de vivre. Au soir de la victoire de la soi-disant gauche aux dernières élections régionales, le mot d’ordre était: et dans deux ans, les élections présidentielles. Comme s’il n’y avait rien entre les deux scrutins, rien qu’un désert de démocratie. Car dans un pays à majorité de gauche, la droite a devant elle une longue période pour ne pas réformer dans le sens d’une meilleure justice sociale.

Comme la bataille du CO2 occulte toutes les autres luttes relatives à la défense de l’environnement, les élections effacent de la mémoire collective toutes les luttes sociales ayant forcé le pouvoir économique et politique à améliorer le sort des citoyens. Après le déferlement médiatique, le calme plat du lavage de cerveaux, de l’essorage politique. Effacer toute velleïté populaire réformatrice, voilà le mot d’ordre.  

On ne touchera pas au bouclier fiscal, on n’augmentera pas les impôts des hauts revenus, ce n’est pas dans l’ADN de la droite et surtout elle n’est pas là pour grever les comptes des couches favorisées, plutôt que de réclamer la solidarité aux riches, mieux vaut permettre aux pauvres de s’endetter pour continuer à consommer ce que produisent les riches.

Les périodes d’inter-élections sont l’anti-démocratie, si l’on croit que le parti élu l’aura  été pour le bien commun, on se noie dans un verre d’eau car ni la droite ni la gauche n’ont intérêt à changer, car la droite a des intérêts à sauvegarder, car la gauche a des acquis à sauvegarder.

La droite représente  la classe possédante, la gauche représente la classe moyenne, dite petite bourgeoisie qui n’a qu’une peur , retomber du coté des précaires, qui n’a qu’une idée fixe, que ses enfants votent à droite. Les deux grands partis de pouvoir sont en fait des partis conservateurs, qui réduiront l’Etat à la portion congrue ( voir la vague de privatisations, de réduction du périmètre de l’Etat et des effectifs fonctionnaires), de manière à ce que la richesse commune soit répartie et dilapidée au profit des grands groupes nationaux et des petits porteurs d’actions tribales, autrement dit la grande et la petite bourgeoisie.    

En période inter-élections, il faut amuser la galerie , le bluff de la burqa participe de ce tour de force qui veut qu’on meuble avec de l’IKEA, du jetable, du facilement consommable. Une pointe de sécurité, une caméra par ci, un renvoi de clandestins médiatisé, l’arrestation spectaculaire d’un forcené qui retient son fils, 500 nouveaux radars, des nouveaux flash-balls pour la police. On rassure le bon peuple, le peuple qui a un pavillon du coté de la banlieue, la banlieue pas trop craignos. 

La grande bourgeoisie, elle, est en week-end, les quartiers des centres villes sont bien gardés, la concentration des forces de sécurité y est maximum.  

Les socialistes nous promettent un nouveau virage à gauche, tout au plus nous referont-ils le retour au réalisme de 1983.

Les écolos ne voudront que planter des arbres le long des pistes de skis, convertir le parc automobile au tout électrique.

Pour la révolution des consciences, on repassera, avec une gauche comme celle-là les possédants n’ont pas de soucis à se faire, les exclus du libéralisme peuvent se réfugier sous les jupes de l’extrème-droite.  

Alors on attend, on attend les prochaines échéances qui augmenteront les bataillons des abstentionnistes, qui réduiront la démocratie à la portion congrue, laissant les seules classes aisées se répartir les joies de la consommation. 

A-t-on oublié la manifestation du 14 juillet 1935, cet immense soulèvement populaire qui appela la victoire de la gauche et des avancées sociales de 1936, a-t-on oublié les soulèvements des classes ouvrières aux Etats-Unis qui acculèrent l’administration Roosevelt à lancer son New Deal (la nouvelle donne) destiné à soutenir les couches les plus pauvres de la société, à réformer les marchés financiers ? Rien n’est jamais accordé aux pauvres qui ne soit arraché au son des semelles sur le pavé, des vitrines brisées et des encerclement tactiques des attermoiements de la démocratie.

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