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LA FONTE DES DIEUX

Posté par provola le 6 décembre 2009

Nous avons une certaine intimité depuis que vous me suivez sur ces lignes espiègles et tristes, tellement qu’il m’est apparu salutaire de vous emmener aujourd’hui aux confins du royaume des Dieux, au pays ou’ les montagnes font de l’ombre aux nuages de carbone et ou’ les pistes d’atterrissage sont des descentes en rappel.  Je vous demande face à cette beauté sans équivalent dans l’univers tout entier d’ ôter votre esprit et vos bottes de sept lieues, il suffit ici d’éliminer toute trace de sentiment pour plonger dans l’insondable. Oooohhhmmmmmmmmmmmm !!!!!!   

A la veille de la conférence de Copenhague, les principaux intéressés aux débordements climatiques se sont installés au devant de la salle des pas tordus en attente d’un hypothétique accouchement et s’il fallait accorder une prime de risques aux victimes des désastres programmés nul doute que la chaîne de l’ Himalaya disputerait les premiers rôles.

Le Népal est une cathédrale à la beauté éternelle sauf que l’éternité est en train de fondre, le Népal est un rêve à ciel ouvert, sauf que le ciel est un objet de scandale. Le Népal a produit un peuple qui fait de la courtoisie un Art de vivre, le Népal a fait don d’un exemple d’ humanité. Tant de pureté semblait n’avoir cure des écrans de fumée, des voilages odorants des courants d’ouest.  

Ce pays haut perché a pourtant vu débouler depuis trois générations des baroudeurs pastiches, des fiers à bras qui venaient chercher ici l’illusion du courage et l’épuisement des ressources de l’orgueil.

Il était vite apparu impossible de persuader les envahisseurs sapés de scaphandres et de crampes de cerveau que vouloir chatouiller les Dieux n’est qu’une poudreuse des yeux. Les indigènes ont alors flairé l’occasion de gagner l’estime et la reconnaissance des gens d’en bas. Ce que n’avaient pas compris les Tamang, les Sherpas et autres Chetris, les peuplades des flancs et des cimes, c’est que cette course effrénée vers l’inutile gloire était le signe d’un dérèglement philosophique avant qu’il ne devienne climatique.

Les alpinistes et leur accoutrement étaient les porteurs du désastre météo, leur devise était toujours plus haut plus vite , jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à découvrir à glaner que le risque du néant. Les ordures du camp de base de l’Everest comme une métaphore des gabegies, ont petit à petit transformé le paysage , souillé le drap des déesses blanches d’un sang contaminé au cyanure. L’abominable homme sans gêne a dévasté l’avenir.  

A trop vouloir égratigner l’absolu déposé sur terre, les Maîtres d’en haut se sont émus et des larmes ont petit à petit parsemé les langues immaculées, des lacs ont remplacé la glace, le cristal s’est troublé.  

Je demande à mes amis Népalais, à Chessang,  Bihm, Akhal, Bakhta, à Padam, de ne pas pardonner ma civilisation de tarés qui chaque jour transforme la cathédrale en vide-ordures, rend à l’inspiration du Bouddha un air irrespirable.  

Les larmes coulent désormais à jet continu, provoquant des tsunamis d’altitude, les glaciers recouverts de détritus sont des marées noires qui concentrent la chaleur infra-rouge du soleil à vif et la colère du paradis perdu.

Le Népal que j’ai connu n’est plus, je vous parle d’un temps que vous auriez pu connaître.

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